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La restriction calorique (le jeûne)

 

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Le jeûne est un événement très fréquent dans le monde animal, mais comme il n'est pas volontaire, on lui donne d'autres dénominations comme "hibernation". Des animaux nous montrent que le jeûne est pour eux une attitude correspondant à un besoin physiologique, attitude qu'ils adoptent par instinct.

 

L'Homme n'agit pas par instinct, mais vit dans un consensus social où l'alimentation a une part primordiale. Mais un excès quotidien de nourriture se transforme en déchets : notre organisme est plus sollicité pour éliminer ses déchets que pour gérer une physiologie de santé.

 

Dans la lutte contre le vieillissement (= l'affaiblissement lent de l'organisme par accumulation de détériorations moléculaires et cellulaires), il a été prouvé incontestablement l'importance d'une alimentation hypocalorique mais équilibrée.

 

Des études chez l'animal ont montré qu'un régime adapté n'allonge pas seulement leur durée de vie mais maintient également leur état de santé & .

 

D'autre part, une des grandes causes de carence en micro-nutriments reste la restriction calorique. Celle-ci se trouve non seulement imposée par la mode-minceur mais surtout par la diminution dramatique de notre activité physique qui nous oblige à restreindre les calories (30% de moins en un siècle) et donc nos apports en micro-nutriments.

 

Toutes les calories ne sont pas les mêmes, leur source est plus importante : dans le métabolisme des hydrates de carbones, les hormones insuline et leptine sont impliquées, dans le métabolisme des graisses et protéines, l'insuline n'est pas si importante. Même les hydrates de carbone entre eux diffèrent : bien que le fructose et le glucose soient isocaloriques, ils ne sont pas isométaboliques! Si nous prenons du poids, c'est parce que nous ne mangeons pas la bonne source de calories!

 

Paradoxalement, c'est précisément dans une société d'abondance que le modèle esthétique prôné est celui du manque et de la privation. C'est à la base de ce paradoxe qu'il faut tenter de comprendre les origines historiques de ce phénomène...

Sommaire :

Les origines historiques d'une restriction calorique

 

Le mode d'action

 

Les effets d'une restriction calorique

 

Des états de carence en glucose

 

Le jeûne

 

Le jeûne volontaire vs la dénutrition maladive

 

Côté pratique

Contenu :

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Les origines historiques d'une restriction calorique :

 

Doté naturellement de 2x plus de masse grasse que les hommes à partir de l'adolescence, le corps des femmes se développe en vue de la reproduction (un régime trop drastique peut provoquer chez elles un arrêt de règles, entravant le cycle de reproduction). La quête d'un corps mince vient ainsi à l'encontre de cette image du corps de la femme voué à la reproduction de l'espèce.

 

1. Le régime Paléolitique (ou préhistorique : avec l'apparition de l'homme, il y a 3 à 5 million d'années) était basé sur la consommation de végétaux (plus d'un kilo par jour de légumes, fruits, baies, feuilles, fleurs, champignons, oléagineux, tubercules sauf pomme de terre) avec peu de viande, poisson, mollusques et insectes. La nourriture était rare. On partait tôt le matin à la chasse, faisant place à de longues heures de jeûne nocturne.

 

2. Le jeûne est une des traditions les plus répandues et les plus curatives dans l'histoire de l'Homme :

 

Hippocrate (460-370 av JC) : "To eat when you are sick, is to feed your illness"

Plutarque (45-120 ap JC) : "Instead of using medicine, better fast today"

Paracelcus (1493-1541) : "Fasten is the greatest remedy : the physician within"

Benjamin Franklin (1706-1790) : "The best of all medicines is resting en fasting"

...

 

3. Jusqu'à la Renaissance, le gras était positivement connoté : être gros (= contenir en soi un stock nécessaire à sa survie) était alors le signe d'un privilège social. A partir du 20ème siècle par contre, grâce à l'industrialisation et le progrès technologique, le problème du manque a disparu pour laisser la place à la surconsommation. Et lorsque la nourriture est accessible à tous, il n'y a plus de sens à se distinguer par son embonpoint. C'est désormais la minceur qui prône, afin de se démarquer du corps gras devenu "vulgaire". Etre gros, c'est se "laisser aller", se "négliger". La minceur devient le symbole de l'élégance, de contrôle, de dynamisme... La femme devient un sujet actif, plus producteur que reproducteur.

 

La pression exercée sur les hommes est nettement moins forte : beaucoup de dérogations excusent à l'homme ses écarts alimentaires.

 

4. Au-delà de la privation, il y a le jeûne pur et simple. Se priver purifie et élève. La plupart des cultures semblent partager cette représentation selon laquelle le jeûne extrait en somme le jeûner de la contingence en l'installant au-dessus de l'humaine condition. Que se soit dans l'Islam, le judaïsme et même le catholicisme, la privation volontaire de nourriture s'accompagne d'actions positives, telles que le partage, l'aide aux moins bien lotis...

 

5. Il y a aussi les prohibitions des religions monothéistes : les suivre, c'est marquer son obéissance à la parole de Dieu. Actuellement moins connu que le Ramadan, le Carême chez les chrétiens, est une période de 6 semaines et demie de jeûne, qui s'achève le dimanche de Pâques. La différence avec le Ramadan est que le jeûne dure toute la période du Carême, sauf les dimanches, alors que le Ramadan est paradoxalement une période de forte augmentation de la consommation alimentaire, due aux fêtes rituelles qui ont lieu chaque soir après le coucher du soleil.

 

Pourquoi le Carême dure-t-il six semaines et demie, soit 46 jours ? Parce que, pour se préparer à Pâques, fête de la résurrection de Jésus, les chrétiens commémorent les 40 jours que Jésus passa au désert, sans boire ni manger (y compris la nuit). Or, les dimanches du Carême ne sont pas jeûnés. On retire donc 6 dimanches de cette période de 46 jours et on obtient 40 jours...

 

Le Ramadan est un mois de recueillement, instauré pour commémorer le mois pendant lequel la révélation du Coran a commencé. Il correspond au 9e mois du calendrier lunaire musulman (12 mois de 29 ou 30 jours). Le mois de ramadan débute dès l’apparition du premier croissant lunaire de la nouvelle lune et se termine dès l’avènement du premier croissant du mois suivant. Il se termine par la fête de l’aid el fitr. Le début du mois de ramadan recule chaque année de 11 jours, car le calendrier lunaire compte 11 à 12 jours de moins que le calendrier solaire. Il passe donc d’une saison à l’autre. En été, les journées de jeûne sont plus longues, tandis que les fortes chaleurs majorent le risque de déshydratation. En effet, pendant le ramadan, tout musulman pubère s’abstient de manger, de boire et d’avoir des relations sexuelles, du lever au coucher du soleil.

 

6. C'est au XIXe siècle que des médecins, aux Etats-Unis, se sont penchés pour la première fois sur les vertus thérapeutiques du jeûne, hors de tout contexte religieux.

 

7. Cependant, le jeûne a été petit à petit délaissé pour devenir dans la médecine moderne une pratique douteuse exercée par des illuminés ou des charlatans. Il fallait se tourner vers des scientifiques en URSS : une pénurie de moyens (le système de santé y est gratuit) et de compétences obligeaient de chercher des solutions plus efficaces et moins chères.

 

8. Avec la Perestroïka, c'est la fin du système de soins gratuits. Les cures deviennent payantes, les hôpitaux se doivent d'être rentables, il faut vendre des médicaments.

 

9. Toutefois, face aux réticences de la communauté médicale, le changement viendra par la base, lorsque les patients réclameront massivement de bénéficier des plus récentes avancées de la médecine, surtout lorsque celles-ci sont naturelles.

 

10. La graisse, c'est l'excès de nourriture stocké, une réserve en cas de pénurie ultérieure. Comme de l'argent placé à long terme sur un compte ou dans un coffre bancaire. Bloqué.

 

Pour un usage immédiat ou à court terme, la nourriture est stockée comme réserve de glycogène. Comme de l'argent sur un compte à vue. En cas de besoin d'argent, il suffit de le retirer du mur... Jusqu'il soit épuisé. Si vous avez faim, il suffit de faire appel à vos réserves de glycogène. Jusqu'elles soient épuisées.

 

C'est alors que le sentiment de faim apparaît. Vous voulez manger, malgré la réserve de graisse.

 

Comment toucher le plus facilement à cette réserve de graisse?

 

Par le jeûne!

 

 

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Le mode d'action :

 

Les cellules utilisent le glucose alimentaire pour produire de l'ATP :

 

Aliments

 

---> hydrates de carbone

 

---> glycolyse ---> cycle de l'acide citrique ---> chaîne respiratoire --->  transfert d'électrons (phosphorylation oxydative) ---> ATP.

 

Ou d'une façon simplifiée :

 

Glucose  + O2  (poumons) ---> AcCoA ---> ATP + CO2 (---> poumons)  +  H2O

 

Le transfert des électrons dans les mitochondries d'un composant à l'autre termine par l'acceptation des électrons par l'oxygène ; l'expulsion des ions H+ (protons) entraîne un flux d'ions dans le complexe enzymatique de l'ATP synthase entraînant la synthèse d'ATP à partir d'ADP.

 

Lors de ce processus, des radicaux libres réactifs sont produits. Ils peuvent détériorer les cellules, accélérer le processus de vieillissement (voir aussi "Cycle cellulaire") et ils sont impliqués dans le développement de maladies dégénératives comme le cancer.

 

 

En cas de restriction calorique (intermittente/temporaire avec 500-800kcal/jour) :

 

 

      • entraînant une diminution de la production de radicaux libres et donc aussi une moindre détérioration.

      • suite à la diminution des taux sanguins glucosiques : risque plus faible de développer le diabète et chance plus élevée (10 à 20%) de pouvoir régresser un diabète type 2 récemment diagnostiqué .

 

La réserve d'ATP doit évidemment être suffisante pour couvrir les besoins cellulaires!

 

 

Attention : le glycogène musculaire ne peut pas être mis à disposition de l'organisme puisque le muscle ne dispose pas de la glucose-6-phosphatase ; néanmoins, via la glycolyse, le muscle peut produire de l'acide pyruvique transformé en acide lactique qui passe dans la circulation, pour être ensuite capté par le foie et utilisé pour la gluconéogenèse hépatique (lire aussi :  "Cycle de Cori").

 

 

Note : Le sport oblige l'organisme à passer plus vite à la combustion de graisses. Le régime "Warrior" d'Ori Hofmekler est un régime pauvre en glucides et riche en graisses basé sur le jeûne intermittent, et utilisé dans des milieux sportifs (e.a. par l'équipe national de rugby de la Nouvelle Zélande, vainqueur de la coupe mondiale du rugby en 2015). Voir aussi : "Le régime cétogène".

 

 

En cas de jeûne (0 kcal par jour) à l'eau pure :

 

  1.  

 

      • après 24 heures de jeûne, le glycogène hépatique est pratiquement épuisé.

 

      • après 48 heures de jeûne, la gluconéogenèse atteint progressivement ses capacités maximales :

        • par augmentation de la disponibilité de substrats : lactate (qui contribue bientôt pour 50% à la gluconéogenèse), glycérol et acides aminés,

        • par augmentation de la synthèse et/ou de l'activité des enzymes clés de la gluconéogenèse,

        • par augmentation de la gluconéogenèse rénale à partir des acides aminés libérés par protéolyse musculaire (qui devient à peu près égale en intensité à la gluconéogenèse hépatique).

 

 

 

Toutefois, cette phase de transition est inévitable dans la conversion d'une combustion de sucres vers une combustion d'acides gras! (et nécessite la reconnaissance de tous les sucres cachés!). Voir aussi : "Le régime cétogène".

 

 

Avoir faim nous rend plus alerte, nos muscles et notre cerveau agissent mieux. Un animal sauvage est plus fort quand il a faim, quand il doit attraper une proie. Nous aussi : quand nous avons faim, corps et cerveau travaillent en synergie. 

 

  1.  

    1. ---> En opposition du jeûne, la restriction calorique ne permet la conversion de brûler des graisses au lieu des sucres.

  2.  

     

     

 

Conséquences :

 

En cas de restriction calorique :

 

 

 

 

 

En cas de jeûne :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous savions déjà que le résultat d'une étude chez des diabétiques en surpoids soumis à un régime alimentaire particulier (très restrictif 600kcal/j) durant 8 semaines était surprenant : glycémie normale à jeun et après un repas, production insulinique normale du pancréas... 3 Mois après avoir repris un régime alimentaire normal, 64% des participants ne présentaient toujours aucun symptôme de la maladie & . Votre avis sur la puissance que peuvent avoir des solutions naturelles?

 

 

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Les effets d'une restriction calorique (500-800 kcal par jour):

 

Les effets suivants ont été observés chez des rongeurs et des singes après un jeûne prolongé :

 

Effets qui suggèrent des modifications au niveau de la croissance, le développement et le métabolisme :

 

      • une température corporelle plus basse

      • une maturation sexuelle retardée

      • une maturation squelettique retardée

 

Effets qui suggèrent une amélioration de l'état de santé :

 

      • perte de poids corporel

      • perte de la masse adipeuse abdominale

 

Effets qui suggèrent une diminution du risque d'affections liées à l'âge :

(diabète, affections cardiovasculaires, athérosclérose, cancer...)

 

      • des taux sanguins plus faibles du facteur IGF1 (insulin-like growth factor 1), facteur de croissance (ce qu’il reflète bien le fait que les ressources de l’organisme ne sont plus tournées vers la croissance, mais la maintenance des fonctions vitales)

      • une sensibilité accrue à l'insuline, production énergétique mitichondriale plus efficace

      • des taux sanguins plus faibles d'insuline après une période de jeûne

      • des taux sanguins plus faibles de la glycémie après une période de jeûne

      • des taux sanguins plus faibles de cholestérol et de triglycérides

      • des taux sanguins plus élevés du "bon" HDL-cholestérol

      • une production plus faible de radicaux libres : entraînant une diminution des dégâts oxydatifs aux protéines cellulaires, aux lipides (cholestérol!) et aux acides nucléiques (impliqués dans le vieillissement et le développement de maladies)

      • une meilleure résistance au stress : la restriction calorique induit une réponse cellulaire au stress (similaire à celle induite par l'exercice physique) qui assure une meilleure expression génétique augmentant la capacité de faire face au stress et aux maladies

      • une diminution plus lente de la concentration de l'hormone DHEAS

 

Effets constatés chez les rongeurs mais pas chez les singes :

 

      • retardement de la manifestation d'affections liées à l'âge (dont le cancer)

      • une augmentation des cas d'apoptose, ce qui peut prévenir des croissances tumorales

      • un prolongement de la durée de vie moyenne

      • un prolongement de l'espérance de vie maximale (---> signe d'un vieillissement retardé)

 

Une étude chez 3000 personnes adultes (qui s'appellent des CRONies (Calorie Restriction with Optimal Nutrition) de la CR society) indique que seul un menu composé de légumes apportant peu de protéines, garantit une vie plus longue en bonne santé. En effet, les végétaliens absorbant seulement 10% de leur apport calorique total sous forme de protéines, présentaient des taux plus faibles d'IGF-1 et de cholestérol, ainsi qu'une tension artérielle plus basse. Leur conclusion : si on veut vivre longtemps en bonne santé, mieux diminuer la consommation de viande, d'oeufs et de produits laitiers .

 

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Des états de carence en glucose :

 

En cas de jeûne : le cerveau doit constamment être alimenté en glucose. Afin d'assurer cet apport de glucose en cas de jeûne, l'organisme fait appel à la gluconéogenèse, en recyclant en glucose ou glycogène de l'acide lactique formé durant la glycolyse en anaérobiose (foie), en transformant des acides aminés "glycogéniques" (tels que : alanine, cystéine, glycine, sérine, thréonine et tryptophane issus de l'hydrolyse des protéines (musculaires). En cas de jeûne, une petite partie est également produite dans le foie à partir du glycérol (issus de l'hydrolyse des triglycérides, libérant des acides gras libres et du glycérol).  Voir aussi : "La restriction calorique" et "Le régime cétogène".

 

En cas de grossesse et en cas d'infection/inflammation : la situation devient plus compliquée lorsque d'autres processus nécessitent un apport en glucose plus élevé : p. ex. la croissance foetale durant la grossesse et le système immunitaire en cas d'infection/inflammation. Puisque le foetus occupe une place élevée dans la hiérarchie évolutionnaire et en cas d'infection, une réaction adéquate du système immunitaire est cruciale afin d'assurer la survie directe. En fait, il est peu connu qu'un système immunitaire non-activé utilise déjà autant de ressources que notre cerveau (23% du métabolisme basal : 47% à partir du glucose et 22 % à partir d'un acide aminé glycogénique, la glutamine). Il est évident qu'un système immunitaire activé consomme nettement plus d'énergie : l'activation du système immunitaire nécessite en effet un surplus énergétique correspondant à 9-30% du métabolisme basal.

 

Le remède pour faire face à un état de carence aigu en glucose pour le cerveau, le foetus (grossesse) et le système immunitaire (infection/inflammation) est la résistance à l'insuline. En effet, elle induit une incapacité pour les cellules hépatiques, musculaires et des tissus périphériques d'absorber le glucose sanguin. Par contre, la résistance à l'insuline assure l'apport de glucose aux organes consommant exclusivement du glucose, tandis que les autres organes sont obligés à délaisser le glucose comme source d'énergie et de préférer la combustion d'(importantes) réserves lipidiques. L'insulinorésistance pousse donc le foie à produire du glucose et des lipides ainsi que leur distribution (triglycérides-VLDL). Elle pousse aussi le tissu adipeux à produire des acides gras libres et du glycérol, comme dans un état de jeûne.

 

La carence en glucose provoque donc une ré-allocation des substrats énergétiques: du glucose vers le cerveau, le foetus et le système immunitaire, et des graisses vers les organes insulinorésistants.

 

 

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Le jeûne (0 kcal par jour) :

 

Du point de vue évolutionaire, notre habitude de manger 3x par jour est plutôt une invention de nos temps modernes. En effet, chez nos ancêtres, l'apport alimentaire journalier n'était pas ou peu assuré. Ils connaissaient donc bien le jeûne.

 

En général, le régime de l'homme primitif était fort saisonnier : des baies et des oeufs au printemps, et des noix, des fruits et des graines en automne. Avec du petit gibier, beaucoup de poissons, des algues et des crustacés toute l'année : un régime à base d'aliments non traités, sans sel ou acides gras trans, pauvre en sucres, hydrates de carbone et de graisses hydrogénées. Aussi un régime sans céréales et sans produits laitiers, puisque que l'agriculture locale et l'élevage n'étaient pas encore introduits.

 

N'oublions pas que l'homme primitif était toute la journée dehors dans la nature, en constant mouvement, qu'il subissait des périodes de carences et de jeûne, qu'il s'exposait suffisamment au soleil et qu'il n'était pas confronté à toutes ces toxines qu'on retrouve actuellement dans notre milieu et dans les graisses animales (viande, poisson).

 

Toutefois, l'homme primitif n'était pas petit ou sous-alimenté : des squelettes de femme de 1.8m ont été trouvés, ce qui montre un niveau alimentaire élevé. Depuis l'homme primitif jusqu'au haut Moyen Age, la taille (hauteur) des gens a régressé suite à l'introduction de l'agriculture locale (introduction de céréales et de produits laitiers dans l'alimentation). Ensuite, la première révolution industrielle du 19ième siècle n'est pas venu de nulle part. En effet, c'était l'apogée d'une longue période de croissance économique, débutant déjà au bas Moyen Age. La population Européenne à cette époque, des petits gens bien ronds, connaissait un niveau de vie assez élevé et pouvait se permettre une alimentation variée à base de viande, céréales et produits laitiers. Depuis la première révolution industrielle, la taille (hauteur) grimpait à nouveau, preuve de meilleures circonstances de vie. Cependant, la taille (largeur) augmentait aussi : du bien rond à l'obésité.

 

Pratiqué depuis longtemps dans toutes les religions, le jeûne a pour objectif la purification corporelle et spirituelle. Aujourd'hui beaucoup de gens renouent avec cette pratique thérapeutique, à condition qu'elle soit bien encadrée, sous surveillance médicale.

 

Le jeûne consiste à s'abstenir de tout aliment, à l'exception d'eau. Certes, on s'arrête de manger, mais le jeûne n'est pas synonyme d'un manque de nourriture pour le corps. Il s'agit plutôt d'une reconversion de ses réserves.

 

 

Au cours des premières heures, l'organisme doit s'adapter et changer de régime. Il puise dans ses réserves, le taux de glycémie baisse, le foie accélère son travail de détoxication. L'organisme sait mettre en place ce type de réaction en l'absence d'aliments, comme quand on dort. Les crises d'hypoglycémie sévères sont donc rares. Et puis, très vite, on oublie la sensation de faim.

 

 

En mangeant toutes les 3 à 4 heures, on assure bien constamment ses réserves en glycogène. Par contre, on ne stimule pas son organisme à brûler ses réserves de graisses! En échange, il est préférable de sauter un repas et d'aller faire du gym à jeun sur un estomac vide.

 

Il faut trouver la méthode de jeûne qui vous convient. Le jeûne intermittent consiste à répéter très régulièrement des séances de jeûne court. Ainsi, le jeûne intermittent peut être pratiqué en permanence, tout au long de l'année, sans perturber la vie quotidienne.

 

  1. Le jeûne 5/2 : jeûner 2 jours (non consécutifs) par semaine, manger max. 2 repas de moins de 250kcal (accompagnés d'eau, de thé ou de café), manger 5 jours normalement.

  2. Le jeûne 16/8 : jeûner 16 heures (consécutives) par jour (0 kcal, limitez vous à boire de l'eau, du thé ou du café); dans la plage de 8 heures restantes, caler 2 ou 3 repas normaux. Si vos repas sont pauvres en sucres, le jeûne 16/8 sera facile à respecter...

  3. Le jeûne complet 5/2 : jeûner complètement (0 kcal, limitez vous à boire de l'eau, du thé ou du café), pendant 24 heures, 1 à 2 x par semaine.

  4. Le jeûne complet 1/2 : jeûner complètement (0 kcal, limitez vous à boire de l'eau, du thé ou du café), pendant 24 heures, 1 jour sur 2.

 

 

En effet, la combinaison du jeûne intermittent et des exercices (courts et intensifs) vont obliger l'organisme à brûler les graisses (et un partie du glycogène), en préservant la masse musculaire.

 

D'après des études, il résulte que bouger à jeun peut aider dans la prévention d'une prise de poids et d'une résistance à l'insuline (caractéristiques à la plupart des affections chroniques). Probablement parce que les processus impliqués dans la combustion des graisses sont contrôlés par les système nerveux sympathique (SNS) et activés par des exercices et le jeûne. Bouger et jeûner pourraient augmenter l'impact des facteurs et catalyseurs cellulaires (tels que l'AMPc et l'AMP-kinase), renforçant ainsi la glycolyse et la lipolyse (voir aussi : "Bouger").

 

Lorsqu'on prend le dernier repas du jour le soir à 19h, qu'on saute le petit-déjeuner, qu'on fait du sport durant 1 heure dans la matinée et qu'on prend le premier repas du jour à midi vers13h, la période du jeûne continu s'étend entre 20h et 13h, ce qui correspond à 17 heures de jeûne. Ensuite, un déjeuner protéiné est à recommander. Eviter les hydrates de carbone, il n'est pas nécessaire de "recharger" ses réserves de glucides après des exercices courts et intensifs (voir : "La gestion énergétique"). Remplacer les glucides par des bonnes graisses présentes dans : beurre, oeufs, avocat, huile de noix de coco, huile d'olive, noix... Un repas de type méditerranéen à midi, sans petit-déjeuner, favoriserait une bonne sécrétion d’insuline chez des patients souffrant de diabète de type 2 .

 

Qui plus est, le jeûne intermittent aide à normaliser la sensibilité à l'insuline (impliquée dans le développement de la majorité des maladies de civilisation) et de la ghréline (hormone de la faim), à augmenter la production d'hGH (hormone de croissance), à réduire la concentration sanguine des triglycérides , et à limiter les états inflammatoires et les dégâts provoqués par les radicaux libres . En outre, le jeûne et l'exercice contribuent à un vie plus longue et, chez la femme, à un taux oestrogénique plus faible (en modulant la composition corporelle).

 

Pour jeûner correctement prenez 1 repas chaque jour : le repas du soir. En effet, manger le soir respecte les rythmes circadiens (voir : "Les biorythmes") : durant la journée, le système nerveux sympathique (SNS) assure un mode actif et énergétique, tandis que le système nerveux parasympathique (SNPS) domine la nuit et offre un mode relaxant, favorisant le sommeil et la régénération énergétique (voir : "Le système de régulation autonome"). Durant la journée, le jeûne et l'exercice physique stimulent le SNS afin de rester vigilant et actif et de pouvoir faire face aux sentiments de stress et de faim. Le SNPS par contre, stimulé par le repas du soir, nous relaxe et favorise le sommeil, la digestion et la récupération. Le jeûne et l'exercice peuvent ainsi aider à perdre des graisses et à gagner de la masse musculaire (vu durant le ramadan ).

 

Un seul repas par jour pris durant la journée par contre peut perturber l'équilibre entre les systèmes nerveux sympathique et parasympathique : le SNS risque d'être inhibé et le SNPS d'être stimulé, entraînant un état de somnolence et de fatigue pendant la journée au lieu d'un état vigilant et actif. Plutôt que de consommer de l'énergie et de brûler des graisses, nous allons les stocker.

 

Afin d'éviter des troubles d'endormissement et du sommeil, respecter un intervalle d'au moins 2 heures entre la fin du repas du soir et l'heure habituelle d'aller au lit. Ce qui laisse le temps à l'estomac d'effectuer le plus gros de son boulot et aux neurotransmetteurs nécessaires au sommeil (sérotonine et la mélatonine) de se mettre en place.

 

        • elles nécessitent la disponibilité de l'acide aminé, le tryptophane (viandes, les coquillages, les œufs, le lait et les produits laitiers : fromages frais et fermentés, yaourt...).

          • le tryptophane ne peut s'activer efficacement qu'en compagnie de glucides : du pain, des pâtes, du riz (complet de préférence car il a l'avantage de contenir un peu de tryptophane), ou d'autres céréales comme le quinoa ou des légumes secs qui, eux aussi, sont en même temps bien fournis en tryptophane.

        • toutefois, les viandes sont aussi riches en un autre acide aminé, la tyrosine, nécessaire à la fabrication de la dopamine, un autre neurotransmetteur indispensable à l'activité motrice. Donc pas favorable du tout à un bon sommeil...

 

Note : Le régime "Warrior" d'Ori Hofmekler est un régime pauvre en glucides et riche en graisses basé sur le jeûne intermittent, et utilisé dans des milieux sportifs (e.a. par l'équipe national de rugby de la Nouvelle Zélande, vainqueur de la coupe mondiale du rugby en 2015).

 

 

Une hypothèse :

      • face à la privation de nourriture, les cellules normales possèdent de remarquables mécanismes d'adaptation, une sorte de réflexe hérité des années d'évolution, afin de permettre aux animaux et aux hommes de survivre en cas de disette.

      • l'énergie disponible étant moins importante, les cellules ralentissent leur métabolisme pour limiter leur activité à l'essentiel et se préserver (situation comparable à l'hivernation chez l'animal).

      • toutefois, une cellule cancéreuse, ayant muté, ne possède plus cette mémoire ; pour croître et se multiplier sans contrôle, elle a un besoin avide d'énergie : elle consomme 18x plus de glucose qu'une cellule normale!

      • ainsi, la restriction calorique la place dans une situation de stress intense qui la rend plus vulnérable, p. ex. à la chimiothérapie.

 

D'autres hypothèses :

      • la mise au repos de nos intestins, qui abrite 80% de notre système immunitaire, pourrait augmenter nos défenses.

      • le jeûne modifie aussi l'expression de certains gènes qui régulent les récepteurs d'hormones, ce qui baisse notamment le taux de facteurs de croissance IGF-1, impliqués dans le développement des cancers.

 

Chez la souris, deux cycles de jeûne retardaient la croissance de certaines cellules cancéreuses (sein, mélanome, gliome) aussi efficacement que la chimiothérapie. En outre, de multiples cycles de jeûne (nombre de cycles non précisé dans l’étude) augmentaient la sensibilité des cellules cancéreuses aux traitements de chimiothérapie. Qui plus est, le jeûne protège les cellules saines contre les effets délétères d'une chimiothérapie .

 

Dans un essai international incluant douze centres hospitaliers (dont le service du Dr. Zelek, département oncologie à l'Hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis-Paris)), on a essayé de soumettre certains patients (un groupe atteint d'un cancer débutant, un autre plus avancé) à une grosse restriction calorique et de comparer avec des malades se nourrissant normalement. Mais, en absence de financement suffisant, l'essai a dû être abandonné...

 

De toute façon, on ne décide pas de jeûner sans préparer son esprit et son corps. Il faut plutôt réduire progressivement sa ration alimentaire en commençant par le café, l'alcool et la viande, en privilégiant les aliments frais.

 

Il faut ensuite procéder à un nettoyage de l’intestin. Le plus simple, c’est une soupe de légumes ou une bouillie cellulosique avec des blettes, des endives, des poireaux, du fenouil, du céleri, des haricots verts, de la salade cuite. Bien cuites et assaisonnées avec des aromates, ces fibres et celluloses vont nettoyer doucement l’intestin. De cette façon, il n’y aura pas de putréfactions.

 

Pendant le jeûne, il est nécessaire de boire entre 1.5 et 2 litres d'eau ou de tisane par jour, complété avec un 1/4 de litre de jus de fruits ou de bouillon de légumes, en y ajoutant éventuellement 2 à 3 c. à. café par jour de miel (interdit durant un régime cétogène).

 

Pendant cette période d'une à trois semaines, il faut des phases équilibrées de calme, de repos et d'activité physique. Il est également conseillé de s'habiller chaudement, et de boire chaud, car la chaleur dégagée par la digestion n'est plus produite.

 

Quelques effets secondaires peuvent accompagner le jeûne : mal de tête, insomnie, nausées, étourdissements, irritation cutanée, douleurs musculaires..., mais ces signes sont momentanés.

 

Des suppléments de L-carnitine peuvent aider à réduire ces effets du jeûne : réduction du sentiment de faim et de fatigue.

 

Un suivi hebdomadaire est conseillé de : lipides sériques, glucose, cétones, insuline, protéines.

 

La réalimentation après un jeûne est une phase extrêmement importante qui dure 3 à 4 jours : elle permet progressivement de remettre le tube digestif en route et de redistribuer la circulation sanguine. De même longueur que le jeûne, la récupération se fait graduellement et de façon planifiée pour permettre au corps de reprendre son rythme. Il faut commencer par introduire du végétal sous forme de fruits frais ou secs trempés et de légumes crus ou cuits. Puis des oléagineux, des graines germées et des céréales complètes. Le tout arrosé de bonnes huiles bio de première pression à froid type olive, colza ou noix. Introduire du poisson à partir du troisième jour. Et les autres protéines animales, si vous en consommez, en dernier. Il faudra éviter, durant cette reprise, les produits raffinés et les excitants, ainsi que les aliments fermentés tels que le pain et le fromage.

 

Les semaines et les mois suivant le jeûne, il faut être à l'écoute de son corps et réapprendre à entendre son sentiment de satiété.

 

 

Le jeûne est particulièrement indiqué en cas de :

 

 

Toutefois, il y a des contre-indications :

 

 

La sécurité sociale de l'Allemagne continue de rembourser les cures de jeûne thérapeutique pratiquées dans certains centres. Certaines mutuelles françaises prennent en charge les jeûnes effectués dans quelques cliniques allemandes.

 

 

 

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Le jeûne volontaire vs la dénutrition maladive :

 

Il existe une différence fondamentale entre le jeûne volontaire et la dénutrition maladive.

 

Dans le jeûne, l'organisme comme d'abord par consommer toutes ses réserves de glucides (limitées à 24 à 36 heures d'énergie) et de graisses, et puis continue la consommation des réserves graisseuses restantes. Très vite, le manque de sucres et une acidité des tissus provoquent un stress cellulaire qui permet, soit de mettre en place un système de protection (les protéines de stress) qui vont renforcer les capacités de résistance de ces cellules, soit au contraire, chez les cellules trop vieilles, surchargées ou malades, une apoptose (suicide cellulaire) : en quelque sorte un auto-nettoyage très sélectif de l'organisme, en dehors toute inflammation, toute souffrance.

 

Dans la dénutrition, c'est quasiment le contraire : pour des raisons extérieures (intoxications, infections virales chroniques, chimiothérapies...) ou intérieures (malnutrition, mauvais style de vie, âge avancé...), l'organisme subit un embrasement inflammatoires, générateur de substances très agressives (IL-1, TNF, prostaglandines, radicaux libres) qui vont attaquer tous les tissus et décimer à l'aveugle des millions de cellules non pas par apoptose, c'est à dire proprement sans traces, mais par un phénomène mortifère de nécrose, qui s'auto-entretient. D'où effectivement ces malades amaigris et sans appétit qui dépérissent en particulier à la suite de leur traitement. Voir aussi : "L'écart diététique".

 

Sur un plan purement théorique, la pratique du jeûne avant une chimio, est parfaitement logique : c'est une préparation naturelle à un stress intense, et l'organisme fait déjà le tri entre les cellules "condamnées" et celles qui doivent survivre. Voir aussi : "Le régime cétogène" et "Le cancer".

 

Note :

 

Les différences entre le jeûne et hivernation ou hibernation chez certains animaux :

 

 

 

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Côté pratique :

 

Dans un monde où nous sommes dans un état permanent de saturation alimentaire, ne pas manger pendant quelques jours permet de se "décrasser" un peu. Jeûner de temps en temps est plutôt bon pour la santé.

 

On reconnaît au jeûne, la faculté de purifier le corps de ses toxines (autolyse), de régénérer les cellules et les fonctions perturbées par la suralimentation ou la malnutrition, de stimuler les défenses immunitaires. En outre, le jeûne est un moyen efficace pour prévenir certaines maladies chroniques, inflammatoires ou métaboliques.

 

Inutile de jeûner quand on désire maigrir. Car, si le jeûne permet une perte, très réduite, de masse graisseuse, il est surtout à l'origine importante d'une baisse importante du métabolisme, et donc de besoins énergétiques! Mais il peut permettre une modification de son mode de vie et amener à des habitudes alimentaires plus saines.

 

Le jeûne et le régime détox sont actuellement à la mode. Toutefois, on oublie souvent que l'organisme supporte bien un régime de détoxication lorsqu'il arrive à bien éliminer, donc lorsqu'il est en bonne santé. Jeûner pour maigrir n'est pas le meilleur choix. En effet, le surpoids correspond au moins à l'expression d'un problème d'élimination. Lorsqu'on néglige à d'abord supplémenter les carences, le jeûne et le régime détox auront un effet bénéfique certain à court terme, mais risqueront d'aggraver les problèmes à moyen terme.

 

Quand on jeûne, on passe d'un métabolisme fondé sur la nourriture externe à un métabolisme interne lié au fait que l'organisme prélève la graisse (et les toxines qu'elle contient), la mobilise à partir des tissus adipeux pour la transformer et l'utiliser pour nourrir les cellules.

 

Ce grand nettoyage effectué par l'organisme doit être soutenu par d'autres mesures telles que boire abondamment (2.5L de l'eau ou du thé par jour pour drainer), soutenir la fonction hépatique, exercer une activité physique (pour maintenir la masse musculaire).

 

Note :

Les chercheurs espèrent trouver des médicaments, les RC mimétiques, qui imitent les effets physiologiques d'une restriction calorique, sans nous confronter avec une sensation de faim continuelle.

 

 

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