Zoëlho, vers un mode de vie conscient.

Agriculture et aliments biologiques

 

Dernière mise à jour : 2021.11.19

 

 

Organic agriculture (uk).

 

Les éléments qui constituent l'organisme et qui maintiennent l'énergie vitale viennent des aliments qu'on consomme, ils sont essentiels à la santé. C'est eux que l'on devrait appeler les "produits de santé" et non les médicaments qui sont destinés aux malades.

 

La vie occidentale moderne nous éloigne de nos racines, alors que la qualité nutritionnelle se dégrade sous l'effet d'une agriculture productiviste et d'une industrialisation des procédés de raffinage, de préparation et de conservation (voir: "La dénaturation alimentaire" et "L'horreur alimentaire"). En fait, une abondance alimentaire apparente cache de profonds déséquilibres dans la couverture des besoins structurels et fonctionnels des cellules soumises à des stress actifs ou passifs liés aux modes de vie.

 

Voulons nous chaque jour un festin, ou uniquement les jours fériés?

 

Pourquoi produire toujours plus? Pourquoi ne pas continuer avec moins, mais de meilleure qualité?

 

Sommaire :

Un nouveau mouvement alimentaire

 

ECO

 

BIO

 

FAIR

 

Cultiver BIO soi-même

 

La biodiversité

 

Produire toujours plus?

 

Bientôt la famine?

 

Côté pratique

Contenu :

Un nouveau mouvement alimentaire :      Top

 

L'alimentation reste toujours d'actualité : elle est impliquée dans des questions politiques, sociales, émotionnelles, psychologiques, écologiques et économiques. L'agriculture urbaine est le dernier mouvement : le jardin d'ornement redevient jardin potager. Un intérêt nouveau pour ce qu'on mange et comment. Ca date de la dernière guère mondiale que les gens cultivaient encore eux-mêmes leurs légumes. Qu'est-ce qui se passe? Voici la brève réponse : on est de nouveau en guerre.

 

Le mouvement alimentaire nouveau est un acte populaire contre un système à peine moins nocif pour le corps et l'esprit qu'un conflit militaire. Parce que l'alimentation est trop importante pour laisser exclusivement dans les mains des gros trusts. On doit redevenir maître de nos aliments afin de les utiliser d'une façon positive et collective pour contribuer à un monde meilleur. Dans la remise en question de notre façon de vivre, l'alimentation est d'une importance vitale. La plupart des dilemmes actuels (comment réconcilier la ville et la campagne, l'homme et la nature, la prospérité et le développement durable, ...) peuvent être abordés par l'alimentation. L'alimentation est le plus grand commun diviseur : le maillon le plus important de notre préexistence.

 

La ferme agricole hautement industrialisée ne représente pas la seule et unique façon pour alimenter le monde. Il en résulte que les fermiers seront obligés à utiliser uniquement des graines vendues par des grosses sociétés telles que Monsanto au lieu de semer leurs propres variétés en cours de développement constant. En effet, ces variétés locales sont mieux adaptées au sol et au microclimat locaux. En outre, des études comparatives d'approches alternatives ont tendance de mettre uniquement en valeur les indicateurs de prestation à court terme, comme le rendement de la récolte. Parce que le nombre de tonnes par hectare par an  se laisse plus facilement mesurer que le bien-être et la santé des gens ét de la nature. Si on veut vivre bien, la place accordée à l'aliment doit se trouver au centre.

 

Reste la question des modes alimentaires : bien que le végétalisme soit souvent présenté étant l'alternatif écologiquement le moins lourd, il exclut le rôle essentiel des animaux dans la chaîne alimentaire de l'homme. On n'élève pas depuis Mathusalem des porcs et des pouls pour rien. Ce sont des omnivores comme nous, ils partagent nos habitations, mangent nos déchets alimentaires et sont mangés à leur tour, formant ainsi un maillon dans le cycle alimentaire chez l'homme. Notre intestin grêle relativement long, notre gros intestin relativement court, nos mâchoires, nos dents et molaires, l'absorption efficace du fer héminique et nos besoins en vitamine B12 prouvent que nous sommes aussi des vraies omnivores.

 

Comprendre l'influence des aliments et son utilisation positive et collective doit être le fil conducteur de nos actes. Les façons sont diverses : p. ex. préparer soi-même les repas des enfants, manger moins de viande produite d'une façon industrielle, acheter des produits régionaux, participer à des projets agricoles communs (p. ex. "Growing home"), composter les déchets alimentaires, refuser l'achat de poissons en danger ou se joindre à des mouvements tels que "Slowfood" et "Transition Towns" ("Villes en transition").

 

 

 

 

Le Fastfood semble bon marché, mais coûte en réalité très cher :

 

Slowfood, c'est l'opposé du Fastfood. Le mouvement du Slowfood lutte contre le principe d'accélération continue, cette obsession du monde moderne d'aller de plus en plus vite, de tout techniciser et de tout transformer (les gens, la culture, les idées...) en produits consommables et jetables. Si Slowfood se veut un mouvement conviviale valorisant la dimension humaine et culturelle, c'est aussi un groupe de pression auprès des décideurs politiques. Il s'inscrit a contrario de la logique de la grande industrie agro-alimentaire (et de sa malbouffe) et de la mondialisation qui uniformisent pratiques et goûts alimentaires. L'association internationale se bat pour la sauvegarde de la biodiversité, la protection des saveurs et des métiers de bouche traditionnels; pour la qualité des produits consommés et pour des modes de production et de distribution équitables (voir aussi plus loin). Retour vers la cuisine authentique avec des produits du terroir (cuisine du marché)! Avec l'application "Slow Food Planet", vous trouvez à Bruxelles des dizaine de restaurants, cafés et marchés qui cadrent dans la philosohie de Slow Food.

 

N'importe l'engagement pris, il ne s'agit pas uniquement de l'alimentation : ce qui compte, c'est décidé ensemble le type de monde dans lequel on veut vivre, en utilisant l'alimentation pour arriver à ce but . Nous devons faire un choix entre la quantité ou la qualité, entre des étables spacieuses ou serrées, entre manger plus ou moins de viande, entre avoir plus ou moins de bénéfices. Utiliser la récolte pour se nourrir au lieu de l'utiliser comme fourrage, permettrait déjà de libérer pas mal de terres.

 

Note :

L'intention d'allégement habite la plupart d'entre nous : manger moins mais mieux. Mais aussi avoir moins d'activités, mais agir mieux, à la limite, avoir moins d'amis, afin de mieux les connaître... Parce que "moins et mieux" va avec "plus lentement". C'est seulement quand on prend le temps qu'on peut jouir des différentes activités de la vie. Pourquoi pas avec du Slow sex...

 

ECO :      Top

 

L'agriculture conventionnelle  considère la nature souvent comme son ennemie. Et cette nature doit être contrôlée avec des produits chimiques, des systèmes d'irrigation, des OGM (Organismes Génétiquement Manipulés: voir "L'horreur alimentaire"), des engrais... . Toutefois ces actions, en association avec la surexploitation et la pollution, ont dégradé massivement nos systèmes écologiques : en effet, 60% de ces écosystèmes ne peuvent plus se maintenir eux-mêmes sans une intervention humaine.

 

L'agriculture biologique est une réponse à la crise environnementale, dans son volet agricole et alimentaire. Ce terme réfère à un système de culture agricole spécifique qui exclut l'usage d'engrais et de pesticides de synthèse et d'organismes génétiquement modifiés/manipulés (OGM).

 

Il est correct que l'Europe est devenue depuis la fin des années 1990 une zone de refus massif des biotechnologies quand elles font appel à la transgénèse. En réalité, seule la mise en culture est concernée par cette exclusion, puisque l'Europe continue d'importer massivement des produits agricoles issus de plantes génétiquement modifiées depuis les Amériques.

 

En outre, le bio contient aussi des composants chimiques! Il y aurait autant de métaux lourds et de PCB dans les produits conventionnels que dans ceux issus de l'agricole biologique. En réalité, ces substances sont géochimiques : elles sont présentes dans les sols et les eaux. Elles peuvent donc contaminer les aliments, quel que soit leur mode de production.

 

BIO :       Top

 

L'agriculture biologique peut être considérée comme une des approches de l'agriculture durable, et le terme "biologique" ou son abréviation "Bio", souvent légalement protégé, implique une certification attribuée à des normes et à des cahiers des charges. Plusieurs labels indépendants internationaux de reconnaissance de ce type d'agriculture ont été définis : Bioforum Wallonie (be), AB, Ecocert et Nature et Progrès (fr), ICEA et Soil Association (uk), BDIH, demeter (de), ...

 

 

Uniquement les produits portant un label Bio peuvent utiliser le terme "biologique" dans leurs caractéristiques. Les cahiers des charges du label portent sur le respect de l'environnement et sur un pourcentage défini d'ingrédients d'agriculture biologique contrôlée, sans engrais chimiques et pesticides de synthèse dans le cadre d'une agriculture durable. Ce qui ne veut pas dire qu'ils sont exempt de traitements ou d'apports. Mais ces derniers doivent être "naturels", c'est-à-dire d'origine animale, végétale ou minérale. Le produit bio doit aussi respecter un cahier de charges strict au niveau de sa transformation et de sa commercialisation. Devenir producteur bio ne se fait pas en un mois car il y a des techniques d'élevage, de séchage, de production bien spécifiques à apprendre et à respecter. En Belgique, seuls les produits alimentaires portant le logo "Biogarantie" sont certifiés bio.

 

  

 

En outre, dès le 1er juillet 2010, un nouveau logo biologique européen ("eurofeuille" : les étoiles de l'EU réparties en forme de feuille sur un fond vert) devra obligatoirement figurer sur les produits alimentaires préemballés produits dans l'UE et répondant aux normes requises.

 

 

 

 

Parfois une étiquette sur les fruits et les légumes contient de l'information codée sous forme de chiffres :

 

 

Les produits non alimentaires bio doivent quant à eux être estampillés du label "Ecogarantie".

 

 

 

L'agriculture biologique est en pleine expansion et comprend tout un éventail de techniques allant de l'agriculture biologique intense à des agricoles basées sur une vision de la nature qui prend en compte le cycle des saisons, le cycle lunaire et des planètes de façon très précise afin d'augmenter le rendement des cultures et de permettre leur développement de manière naturelle et plus efficace . Le système favorise également la biodiversité, les activités biologiques des sols et les cycles biologiques. La culture du produit et sa récolte ne peuvent pas contribuer au changement climatique, elles doivent compenser l'expulsion de CO2 lors de la production p. ex. par la plantation d'arbres et/ou en utilisant de l'énergie verte (énergie éolienne p. ex.). L'agriculture biologique ne prétend donc pas uniquement la culture d'aliments "sains", mais également l'utilisation de techniques "écologiques", en respectant la nature et les écosystèmes.

 

Sur le plan de la valeur nutritionnelle, on ne trouve pas toujours des différences significatives entre la composition des matières premières issues d'agriculture biologique et celles issues d'agriculture conventionnelle. Certaines études démontrent cependant que les aliments bio ont une valeur nutritionnelle nettement supérieure (antioxydants!) à celle des produits du conventionnel . En effet, les plantes issues de l'agriculture biologiques activent leurs propres défenses naturelles pour lutter contre les différents stress ce qui augmente leur niveau d'antioxydants (et leur goût!). Plus la plante souffre plus elle produit d'antioxydants. Elles sont plus intéressantes pour la santé en raison de cette diversité et bien supérieures à des compléments alimentaires qui ne contiennent qu'une partie des antioxydants intéressants (comme les polyphénols dans la tomate) . D'où l'importance des suppléments "Whole food", voir : "Conseiller des nutriments". D'après une évaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments bio cultivés en pleine terre, menée par l'Anses (Fr) en 2003, il résulte que les fruits et légumes bio contiennent 10 à 20% de matière sèche de plus que leurs homologues issus de l'agriculture conventionnelle, donc moins d'eau et plus de nutriments tels que le magnésium, le fer et le zinc. La viande bio, le lait bio et les oeufs bio serainet également plus riches en acides gras oméga3 (jusqu'à 70%) .

 

Une excellente source d'information scientifique validée sur les produits biologiques : The Organic Center (une organisation à but non lucratif).

 

En outre, dans l'évaluation des divers risques sanitaires (pesticides, nitrates, phosphates, métaux lourds, dioxines, parasites, farines animales), de tels aliments bénéficient d'un cahier des charges qui les rend globalement plus sûrs que les produits de l'agriculture conventionnelle .

 

Le bio est avant tout une façon de penser le monde, illustrée par le concept de développement durable, dont les 3 piliers sont : respect de l'environnement, responsabilité sociale et viabilité économique. Parce que le bio crée aussi des emplois qu'il faut bien rémunérer... L’idéal est de le vendre à proximité pour éviter les nombreux intermédiaires qui prennent leur pourcentage au passage.

 

En France : Bleu-Blanc-Coeur, Label Rouge

 

Note :

D'ici 2030, l'Europe veut plus d'agriculture biologique. Toutefois, pour produire la même quantité d'aliments, l'agriculture biologique nécessite plus de surfaces à cultiver (de 7.5% aujourd'hui à 25% en 2030, Stratégie De la ferme à la table). Afin de pouvoir réaliser cet objectif, des scientifiques plaident dans "Trends in Plant Science" pour autoriser dans l'agriculture biologique la technique récente de l'édition génomique "CRISP/Cas9" comme outil d'amélioration végétale .

 

 

FAIR :       Top

 

Le commerce équitable est un partenariat commercial et un mouvement social qui vise à l'amélioration du droit et des conditions de commerce des travailleurs marginalisés, en particulier dans le cadre des échanges internationaux Nord-Sud. Il concerne tout particulièrement la paysannerie dans son ensemble (production vivrière, matières premières, artisanat).

 

La démarche de commerce équitable consiste en une action collective d'organisation de nouveaux chemins de production et de distribution pour le marché international, basés sur des normes sociales, économiques et environnementales propres, ne nécessitant pas l'intermédiaire des États et la modification des législations nationales : Trade, not aid! (le commerce, pas l'aide).

 

Les tenants du commerce équitable font la promotion de la démocratie, de la transparence et du respect des droits de l’homme, autour d’objectifs définis par les producteurs, dont des prix de production déterminés non seulement par les coûts économiques, mais en prenant aussi en compte les coûts de production humains, sociaux et environnementaux .

 

Les produits issus du commerce équitable sont contrôlés par des systèmes de garantie indépendants et crédibles (FLO-cert) et vendus par des importateurs certifiés.

 

Le mouvement vert n'est plus une mode, mais un mode de vie. Le label Bio garantit la confiance du consommateur.

 

Découvrez FAIREBEL, les produits belges délicieusement équitables.

 

Cultiver BIO soi-même :       Top

 

La culture biologique se résume à 4 principes élémentaires :

 

 

 

 

 

Jadis, la monoculture était une bonne idée mais elle manquait de prévoyance. En effet, elle entraîne une perte de biodiversité, un épuisement du sol et des combustibles fossiles, et un changement du climat. Nous avons "modernisé" l'agriculture sans tenir compte de la relation étroite entre végétaux, arbres et animaux. Nous avons développé des monocultures, en déboisant pour faire de la place aux cultures et en enfermant les animaux dans des fermes d'élevage spécialisée. C'est en particulier cette séparation entre animaux et cultures qui a été notre plus grande erreur. Elle est la cause de nos besoins énormes en engrais et en herbicides, entraînant des problèmes environnementaux. La spécialisation n'est plus à l'ordre du jour, nous devons retourner vers des fermes agricoles mixtes qui cultivent des terres et élèvent du bétail.

 

Des grandes fermes et des plantations hautement mécanisées resteront nécessaires pour livrer des végétaux et de la viande (via l'industrie) à des régions lointaines qui n'arrivent pas à produire suffisamment pour couvrir leurs propres besoins. Mais l'agricole à courte chaîne, qui vend ses productions directement au consommateur, doit devenir notre objectif premier. Ceux qui nous gouvernent doivent protéger et faciliter le petit agriculteur en lui octroyer des crédits spéciaux et en mettant sur pieds des programmes adaptés de vente.

 

Pas de panique, il n'y a pas de carence alimentaire. En effet, nous produisons déjà le double de nos besoins. Mais une grande partie est gaspillée (1.3 milliards des 2.4 milliards de tonnes d'aliments produits n'arrivent pas sur des assiettes) ou utilisée comme fourrage (soja, maïs). Notre planète peut supporter une consommation de 35kg de viande par personne par an. Un Belge consomme déjà 75kg de viande par an : elle augmente le risque de maladies cardiovasculaires et doit donc être limitée!

 

La biodiversité :       Top

 

L'équilibre et les interactions entre toutes les différentes sortes de vie et les autres éléments rendent la nature viable. Cette diversité représente sa richesse, mais en même temps sa plus grande fragilité. Comme l'homéostasie renvoie à l'état d'équilibre de notre organisme, la biodiversité détermine l'état de santé de notre milieu.

 

La biodiversité désigne la co-existence harmonieuse entre des innombrables sortes de vie dans les divers systèmes écologiques (marin, rural, forestier, urbain, montagnard, ...). La biodiversité dépend du milieu, de la protection de ce milieu, et des risques exposés. Une mosaïque de ressources naturelles essentielles pour permettre l'équilibre de la vie quotidienne de l'homme puisque la biodiversité fournit tout en même temps : nourriture, bois de chauffage, énergie, absorption de CO2 et libération d'O2 ... Mais, aujourd'hui, cette diversité est en danger. Une augmentation de la population de rongeurs provoquée par une perte de biodiversité entraîne une augmentation du nombre de bactéries et virus à l'origine de maladies humaines.

 

Des petits agriculteurs ont moins de problèmes avec des parasites que les cultivateurs des gros plantages, grâce à la biodiversité de leurs champs. Les petits cultivent plusieurs variétés sur le même champ, à côté d'une large éventail d'autres végétaux. Comme dans la nature, toutes les plantes mélangées. Cette approche empêche la prolifération des parasites tels que les mycoses. Lorsqu'une variété a difficile à se maintenir, les autres résisteront. Toutefois, en cas de monocultures de petites plantes identiques, semées l'une à côté de l'autre dans un sol stérile, les circonstances seront bénéfiques au développement de parasites. Qui plus est, la biodiversité anime la vie végétale et animale dans un milieu naturel, et ce stress positif contribue à leur saveur et leur goût!

 

Se battre contre la nature nécessite beaucoup d'investissements, en particulier pour les petits agriculteurs assez pauvres. Ils ont tout avantage à collaborer avec la nature. Bien que c'est plus rentable, cette approche ne cadre pas dans la philosophie des grandes sociétés qui considèrent la nature comme leur plus grand ennemie. Toutefois, on peut gagner aujourd'hui, c'est vrai, mais perdre demain, c'est certain. On ne bat pas la nature, même en faisant appel à la manipulation génétique. Les fungi seront toujours plus rapides que les plantes.

 

Dans nos propres écosystèmes, ces explosions de maladies chez l'homme (Lyme, Choléra, Salmonella, Candida...), mais également dans le monde animal (SRAS, peste porcine...) et végétal (infections fongiques des arbres...) sont des exemples typiques de maladies écologiques, causées par un déséquilibre entre l'Homme et son milieu. Parce que les parasites, qui devraient assurer l'équilibre, ont été détruits, avec des pesticides, des additifs chimiques, des antibiotiques... (voir aussi : "L'horreur alimentaire") et par la disparition de leurs prédateurs naturels. Leur absence permet le développement de maladies dans les espaces de vie réduits, chez l'Homme dans les bidonvilles, chez les plantes dans les énormes monocultures et chez l'animal dans les endroits d'élevage intensif. L'effet régulateur des parasites sur l'espace de vie et sur l'immunité est primordial pour gérer une concentration de gens ou d'animaux.

 

Au "Sommet de la terre" de Rio (1992), tous les pays ont décidé de faire une priorité de la protection et restauration de la diversité du vivant, considérée comme une des ressources vitales du développement durable. Le déclin de la biodiversité menace le fonctionnement de la planète, des économies et sociétés humaines. Ce déclin s'est encore accru de 2005 à 2008 selon le rapport de mi-étape et, sans actions fortes, la perte associée de services écosystémiques s’accélérera. Le milieu devient malade, parce que l'homme lui-même est malade.

 

L'ONU a proclamé 2010, Année internationale de la biodiversité. Pour tenter d'enrayer sa destruction. En effet, la biodiversité est essentielle à nos besoins journaliers : la biodiversité nous offre des aliments, des sources d'énergie, des médicaments, la purification d'eau et d'air. Qui plus est, elle assure l'amélioration de nos terres, la régulation des modifications climatiques et la pollinisation des fleurs et des fruits. La biodiversité assure l'équilibre dans notre milieu de vie (la nature et ses habitants) sur le plan qualitatif et quantitatif.

 

L'homme fait partie de cette diversité et doit absolument prendre sa responsabilité envers son milieu. En limitant son impact sur l'environnement : le fait de trier ses déchets, de diminuer sa consommation énergétique, d'éviter l'usage de pesticides, ... ou d'offrir un refuge à différentes espèces végétales et animales, permet à l'homme de participer à la préservation de son milieu unique de vie.

 

La lutte contre le changement climatique n'est donc pas vraiment une discussion sur d'importantes réductions de CO2, mais une mise en question de style de vie conscient ...

 

Les services du système écologique font partis d'un nouveau concept qui va plus loin que l'idée que la protection de la nature n'est qu'une affaire d'écologistes. Toutefois, contrairement au concept de la biodiversité, l'homme est au centre des services du système écologique... Pour les gens, en attribuant une valeur réelle et correcte à ces services, le concept devient compréhensible. La perte continuelle de la nature rend les gens plus conscients de son importance. en effet, les systèmes écologiques contribuent à l'économie : l'agriculture a besoin de la nature pour fonctionner (sol, eau, pollinisations...).

 

Qu'allons-nous laisser à nos petits-enfants?

 

Produire toujours plus?       Top

 

Il ne suffit pas de produire plus pour nourrir la planète.

 

Depuis 2006, 15 à 20 millions d'hectares de terres agricoles ont été achetés ou loués dans les états en développement  par des gouvernements ou des investisseurs privés des pays riches. Cette ruée vers les terres agricoles des états en développement est inquiétante. La concentration foncière aux mains de grands propriétaires ou de firmes commanditées par des états plus riches pose effectivement un problème de vie et de mort pour les petits paysans, qui représentent environ la moitié du milliard de personnes sous-alimentées de façon chronique dans le monde.

 

Ce qu'il faut absolument éviter, c'est la création de nouvelles dépendances à long terme et, surtout, épuisement des sols acquis par ces firmes qui pratiquent une agriculture intensive non durable. Et surtout, il faut préserver le droit à l'alimentation des populations locales .  

 

Les variations brutales et l'augmentation vertigineuse des cours des céréales et du riz, par exemple, n'ont souvent rien à voir avec l'état des récoltes. La chaîne de distribution des produits alimentaires importe au moins autant que le volume de production. Croire qu'il suffit de produire plus pour nourrir la planète est un non-sens. C'est la question d'accès aux denrées alimentaires qui est essentielle. Un milliard de personnes dans le monde ont faim parce qu'elles sont trop pauvres, pas parce qu'on ne produit pas de quoi les nourrir en quantité suffisante. Et cette situation ne disparaît pas lorsque survient une baisse des cours.

 

Qui plus est, les besoins en céréales dépendent non seulement de la croissance démographique (actuellement 6,7 milliards d'habitants, 9 milliards en 2050) et de l'urbanisation mais également d'un appétit nouveau pour la viande dans les  pays en développement. Sachant qu'un kilo de viande nécessite 9 kg de céréales, la meilleure manière d'assurer une disponibilité suffisante de céréales n'est pas nécessairement par l'augmentation de sa production mais par une consommation plus faible de viande.

 

Contrairement à "le rapport" et "l'aspect" comme objectif dans l'agriculture conventionnelle, c'est "la qualité" qui occupe la première place dans l'agriculture biologique. Grâce à un meilleur fumage par libération retardée des nutriments, la plante développe en pleine terre des racines plus robustes (vis-à-vis sa culture hors sol p. ex. ) et apporte un ensemble plus équilibré de micronutriments (une telle plante doit se défendre en produisant plus de phytonutriments). En effet, les aliments forment une matière vivante, d'origine végétale ou animale. Pour se défendre et se maintenir dans la nature, les plantes et les animaux sont arrivés à former un mélange équilibré de composants qui agissent en synergie. On estime que les fruits, les légumes et les céréales contiennent plus de 5000 différents phytonutriments. Une grande partie est encore inconnue. Cette matrice alimentaire, cet environnement complet de nutriments actifs et de micronutriments accompagnants, forme aussi la base de notre équilibre, de notre santé. La qualité avant tout!

 

Bientôt la famine?       Top

 

Un enfant de moins de 10 ans meurt de faim toutes les 5 secondes dans le monde. Pourtant, d'après la FAO (Food and Agriculture Organisation) des Nations-Unies (NU), l'agriculture mondiale, dans l'état actuel de son développement, pourrait nourrir sans problème 12 milliards d'être humaines, même sans utiliser des pesticides (voir le rapport  des NU 01 2017). Nous sommes 6.7 milliard..., un enfant qui meurt de faim est donc assassiné!

 

Au printemps 2008, le prix des matières premières agricoles (riz, blé, maïs, soja, ...) a brutalement augmenté de 52%. Le premier coupable de cette hausse sont les agrocarburants : 5% du blé, 10% du maïs et du soja, et 20% du sucres produits dans le monde servent à fabriquer de l'essence. Ces cultures détournent 100 millions de tonnes de céréales de consommation humaine et sont responsables de 30% de l'augmentation des prix .

 

L'autre coupable, c'est la viande (voir plus haut). Car le maïs et le soja servent toujours plus à nourrir les animaux pour répondre à la demande de consommation de produits carnés, en forte augmentation.

 

Au plus fort de la crise, une quinzaine de pays exportateurs de matières premières alimentaires (dont l'Argentine, l'Ethiopie, L'Inde, La Russie et le Vietnam) ont imposé des restrictions à leurs exportations pour assurer leur propre sécurité alimentaire. Conséquence pour les pays qui dépendent des importations : insécurité alimentaire.

 

Bientôt la famine?

 

Attention : la crise bancaire n'est pas du tout terminée, le prix de l'or noir remonte déjà (et continuera à monter étant donné son épuisement éminent), le climat devient de plus en plus aberrant : une inondation ou une sécheresse dans 2 ou 3 des 5 pays producteurs (EU, Brésil, Europe, Australie, Ukraine) suffit pour que les stocks mondiaux ne puissent se regarnir. Une panique générée par la spéculation et des accapareurs, et les pauvres se révoltent.

 

La seule réaction pour anticiper les paniques et le chaos serait de mettre en route un processus d'une réforme agraire. Maintenant. Cependant, il est tout sauf certain que les Etats habitués à la gestion à court terme oseront prendre ce genre de mesures avant le déclenchement d'une famine sérieuse. Dommage que l'immense majorité de ceux qui produisaient la nourriture chez nous sont partis sans avoir pu transmettre la connaissance du travail à un successeur.

 

Si rien ne change, nous aurons faim bientôt. Très faim.

 

Face à une pénurie mondiale de nourriture, la seule réaction adaptative connue est la famine. Sauf si on choisit maintenant pour la réduction et non l'adaptation. Parce que la crise actuelle nous offre une occasion d'en finir avec l'obsession des achats. Le lien de l'hyperconsommation avec la crise économique actuelle est évident. Dans une culture où l'envie impérieuse de consommer domine la psychologie des citoyens, les gens sont prêts à tout pour se donner les moyens d'acheter. Ils multiplient les crédits pour acheter des biens de consommation (maison, voiture, vacances, articles ménagers, ...) au-dessus de leurs moyens. L'hyperconsommation a donc aussi joué un rôle dans le désastre économique. Le manque d'argent sera la famine moderne. Qui plus est, il existe un lien invisible entre le manque d'argent et l'obésité...: le stress pour l'avenir pousse l'organisme à accaparer.

 

"Change the system, not the climat" (Naomi Klein).

 

Notre économie moderne qui ne peut survivre que si les gens consomment toujours plus et donc produisent et travaillent toujours plus doit être remplacée par autre chose. Nous avons besoins d'une culture qui célèbre l'épanouissement de l'être humain autrement qu'à travers des achats. Une société qui résisterait au consumérisme au profit d'autres principes organisateurs pourrait réduire la menace d'une crise économique, l'utilisation de ressources naturelles et donc également les effets nocifs sur l'environnement.

 

Toujours consommer plus pour être heureux? Un festin tous les jours ou uniquement les jours de fêtes? Il faut repenser d'urgence notre définition du bien-être.

 

La récente crise a par ailleurs engendré des modifications d'achats significatives : recul de l'hyperconsommation, retour des produits bruts et de la cuisine, place aux aliments plaisir responsables et à la convivialité. C'est vraisemblablement la fin d'une certaine consommation de masse et l'essor de la consommation de produits labellisés, un phénomène qui touche aussi la Belgique : les produits locaux, bio ou équitables progressent désormais à vive allure.

 

La tendance est amorcée et le frein est mis sur la mondialisation de l'alimentation. Le scénario le plus probable semble la protection du cadre de vie avant tout et le rejet d'une alimentation «standardisée» .

 

Voir également : "Slow food", Slow money", "Frugalista", "Downshifters", ...

 

Côté pratique       Top

 

10 Bonnes raisons pour choisir des produits bio :

 

    1. La fraise goûte la fraise, la tomate goûte la tomate : les fruits et légumes poussent à leur rythme dans un milieu naturel (en pleine terre!) en respectant les saisons.

    2. La viande 100% naturelle : les promoteurs de croissance, les tranquillisants, l'antibiothérapie préventive sont interdits en élevage biologique. On ne retrouve donc aucun résidu de ces substances dans la viande (et le lait) bio.

    3. Pas d'additifs à outrance : lors de la transformation de produits bio, seul un nombre limité d'additifs peut être utilisé.

    4. Des animaux bien traités : dans l'élevage bio, l'accent est mis sur le bien-être animal, sur les soins apportés aux animaux (dans le but de prévenir des maladies) et sur une alimentation essentiellement végétale et biologique. Des espaces intérieur et extérieur minimums sont disponibles pour permettre aux animaux de courir en liberté.

    5. Plus de champs propres : les agriculteurs bio n'utilisent ni pesticides, ni engrais chimique de synthèse.

    6. Avec et pas contre la nature : les agriculteurs bio travaillent autant que possible en harmonie avec la nature.

    7. Le petit plus santé : on trouve souvent plus de vitamines, minéraux et antioxydants dans les fruits et les légumes bio.

    8. Un prix juste : le bio trop cher? Pour le plaisir du bon goût naturel... Sans oublier le prix que coûte la pollution de la terre et l'eau...

    9. Pas d'OGM, plus de biodiversité : le but bio, c'est conserver la fertilité des sols, de l'environnement et de la biodiversité sans OGM (cependant, l'Europe vient d'autoriser une teneur minimale d'OGM dans les produits bio...!).

    10. Un avenir bio? : choisir le bio, c'est contribuer à la protection de l'environnement tout en consommant des aliments sains.

 

Le bio, quelles garanties? De la culture à la distribution en passant par la transformation et le contrôle : le cahier de charges bio. Les techniques agricoles autorisées sont scrupuleusement définies et privilégient les méthodes douces : fertilisation naturelle, rotation des cultures, désherbage thermique ou mécanique, choix d'espèces cultivées naturellement résistantes, gestion écologique des nuisibles et des maladies, ...

 

Dans l'impossibilité d'acheter tout du bio? Soyez sélectif dans votre choix : ces fruits et légumes sont

 

 

Source : Environmental Working Group’s Pesticides in Produce

 

 

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