Zoëlho, vers un mode de vie conscient.

L'horreur alimentaire

 

Dernière mise à jour : 2021.11.19

 

 

Les 3 premières années de notre existence sont d'une importance cruciale. De la conception à la fin de la phase bébé, l'embryon, le foetus ou l'enfant s'adaptent continuellement aux conditions changeantes de leur environnement. Eux en particulier sont exposés aux influences nuisibles. Des circonstances néfastes (le stress, le tabagisme passif, la faim, une nourriture non adaptée, maladie, ...) ont souvent des conséquences bien plus tard sous forme d'affections chroniques (cardiaques, diabète, hypertension artérielle, ...). L'interaction entre des facteurs externes comme l'environnement, l'alimentation ou la santé et nos gènes relève du domaine de l'épigénétique (ne modifiant pas les gènes mais en agissant sur (= epi) les gènes) . Cette science donne plus de poids à une des préoccupations quotidiennes : Que mangeons-nous? Que donnons-nous à manger par exemple à nos bébés "facilement perméables"?

 

On doit s'interroger sur la qualité de notre alimentation actuelle, et surtout sur sa façon de traitement et de manipulation, sur le fastfood et les aliments industriels fonctionnels présentés comme une alimentation sûre, scientifique et complète. Il n'est même plus possible de la sentir ou toucher, tout aliment est pré-emballé pour des raisons d'hygiène. Des aliments ready-to-cook, ready-to-heat et ready-to-eat!

 

Le critère "fraîcheur" de notre alimentation a été remplacé par deux nouvelles conditions : la rapidité de préparation et la longue conservation.

 

 

Sommaire :

La transformation de l'aliment original

 

La dénaturation de l'aliment

 

La mondialisation des aliments

 

Les pièges

 

Bien manger, serait-il devenu un privilège des riches?

 

      

Contenu :

La transformation de l'aliment original :     

 

Il y a 50 ans, les vaches étaient nourries à l'herbe et aux trèfles, riches en acides gras oméga3 : ces acides gras se retrouvaient ensuite dans la viande de boeuf, mais aussi dans le lait, le fromage. Aujourd'hui, le bétail est gavé de maïs et de soja, qui ne contiennent pas d'oméga3, mais beaucoup d'oméga6. Ce qui accentue le déséquilibre de notre alimentation. En outre, ces céréales augmentent chez l'animal l'acidité gastrique, favorisant le développement bactérien tels que E. coli. Il faut réhabiliter un élevage plus traditionnel (sur une plus petite échelle) et réintroduire dans la nourriture du bétail la graine de lin, très riche en oméga3.

 

Les poissons d'élevage ne reçoivent plus ou peu de phytoplancton à manger (mais plutôt des céréales!) et contiennent donc moins d'acides gras oméga3 que les poissons gras sauvages.

 

Cultiver des organismes génétiquement manipulés/modifiés (OGM) est depuis des années autorisé aux E.U. et depuis peu en Europe. La manipulation génétique permet d'ajouter un ou plusieurs gènes d'origine bactérienne ou virale au génome d'une plante, dans le but de lui incorporer l'effet d'un pesticide ou un autre caractéristique de croissance. Pour la première fois dans l'histoire de la nature, nous combinons des espèces d'origines animale et végétale, en créant des organismes génétiquement manipulés au lieu des plantes génétiquement manipulées.

 

Aux E.U., les cultures génétiquement modifiées (400 millions d'hectares) représentent 87% des surfaces de soja, 79% de celles de coton et 52% de celles de maïs. Les variétés transformées sont tolérantes aux herbicides (p. ex. Roundup (glyphosate)-ready), résistantes aux insectes ou les deux à la fois. En absence de preuve scientifique démontrant un éventuel danger pour la santé ou l’environnement, l'OMC (Organisation Mondiale de Commerce - WTO) a condamné en septembre 2006  le moratoire européen sur les OGM. L’OMC a rappelé que les interdictions évoquées par l'Europe "n'étaient pas fondées sur des évaluations des risques au sens de l'accord international sur les mesures sanitaires et phytosanitaires".

 

    • Selon l'OMC, des experts ont conclu/jugé (sans aucune preuve) que ces produits sont tout aussi sains  (Generally Recognized as Safe (GRAS)) et présentent des qualités nutritives équivalentes aux produits issus d’animaux ayant été nourris à partir de cultures conventionnelles. Le niveau de sécurité sanitaire de ces aliments est également jugé tout à fait similaire. De même, aucune différence biologique significative n’a été relevée dans aucune étude entre les produits issus d’animaux nourris à partir de cultures OGM et ceux qui ne l’ont pas été. En outre, le choix d'un approvisionnement non-OGM va devenir de plus en plus complexe et coûteux pour les filières agro-alimentaires. Qui plus est, dans l'avenir la Commission Européenne (CE) veut obliger l'agriculture et l'horticulture à utiliser exclusivement des semences standardisées .

 

    • Toutefois, l'évaluation des risques chroniques de l'alimentation OGM est très déficiente. En gros, les risques sont de deux types. Le premier est constitué de transferts de gènes depuis l'aliment OGM vers des bactéries ou des organismes plus évolués (humains, animaux...). Le deuxième est lié aux effets dus à l'imprécision de l'insertion (effets pléiotropiques). Ajoutons que l'on a montré que des pommes de terre génétiquement modifiées avec un gène dérivé de pathogène humain pouvaient induire une réponse immunitaire. Cela prouve bien qu'un gène introduit dans une pomme de terre, même s'il n'exprime pas une protéine toxique, engendre une réponse, bref, est reconnu par le système immunitaire. Il est donc indiscutable que si un aliment transgénique peut avoir un effet positif (selon ses promoteurs), pourquoi ne pourrait-il pas être négatif, fût-ce pour un autre OGM ?

     

    • En mars 2015, the International Agency for Research on Cancer (IARC), la division de recherche de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a classé le glyphosate (Roundup) comme "cancérigène probable chez l'Homme" (Classe 2A) . Mais, il ne sert à rien de se fixer que sur l'action cancérigène ou non du glyphosate. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) sont bien d'accord sur l'action délétère du glyphosate sur notre santé : risque d'affections oculaires sévères, toxique pour les mammifères, pour les oiseaux qui se nourrissent avec des insectes, pour toute vie aquatique, réduction de la diversité biologique. Assez d'éléments qui montrent que l'interdiction du plyphosate serait justifiée Bart Staes, Parlement Européen Groen (Belgique), De Standaard 15 07 2017 .

 

Toutefois, Monsanto / BASF a déjà un successeur : le Dicamba. Et il existe déjà des cultures OGM Dicamba-ready...

 

    • Autres dangers :

 

      • les OGM sont cultivés en plein champ et les pollens peuvent se disperser sur la terre entière. Les éventuelles conséquences sont inconnues... On n'est pas suffisamment attentif à ce point! Il s'agit pourtant d'un processus irréversible!!

       

      • de toutes les récoltes de soja, de mais et de colza, resp. 20, 15 et 40% arrivent dans notre alimentation. Trois quarts des récoltes de soja servent en effet comme fourrage. Elles aident en rien à éradier la pauvreté extrême et la faim. Parce que ce sont ces monocultures qui sont la cause de la sous-alimentation dans le tiers monde : ces gens mangent mal parce qu'ils sont pauvres et parce que l'agriculture traditionnelle et diversifiée a été remplacée par des monocultures. Et pas l'inverse!

       

      • par les OGM, une hypothèque est mise sur la pollinisation ouverte (abeilles!) et sur la vraie biodiversité : en effet, les plantes modernes ne possèdent plus qu'un spectre génétique rétréci par la technique d'hybridisation utilisée lors de la sélection, par rapport aux sélections faites par des producteurs qui possèdent un large spectre de qualités et de possibilités laissant aux plantes la capacité de s'adapter.

 

      • une "mauvaise herbe" qui récupérerait un gène de résistance à un herbicide issu d'un OGM forcerait à employer des herbicides plus toxiques encore. Cela créerait des super mauvaises herbes.

 

P. ex., aux E.U., le colza résistant aux désherbants est largement répandu (souvent loin des terres agricoles) et apparaît à l'état sauvage. Ce qui est étonnant, c'est l'échelle à laquelle cela se produit. Si des végétaux génétiquement modifiés comme le colza se répandent dans la nature et transmettent leurs caractéristiques à de mauvaises herbes apparentées, il faudra recommencer à asperger plus souvent à l'aide de différents herbicides Source : University of Arkansas, USA dans Eos 10/2010 p17  .

 

      • une plante OGM qui émet un insecticide le fait toute l'année. Cette surexposition à cet insecticide engendrera des résistances chez les insectes. Et donc à terme forcera à utiliser des insecticides plus polluants.

 

      • l'échange des gènes entre des espèces très différentes (méthode transgénétique, p. ex. un gène de bactérie inséré dans une plante) augmente le risque de réactions négatives imprévisibles sur la santé publique.

 

      • outre les aspects santé et environnement, il y a une question économique et éthique liée aux brevets. OGM et herbicides sont vendus par des semenciers dont le cultivateurs dépend.

 

Dans tous les cas, la culture de plantes génétiquement manipulées pollue davantage que celle de l'agriculture paysanne. Elle ne contribue donc pas à un développement durable de notre planète.

 

 

Note :

Une compilation récente d'une vingtaine d'études scientifiques sur les cultures de maïs et de soja génétiquement modifiés conclue que ces cultures ne permettent pas d'augmenter les rendements comme l'assurent les entreprises de biotechnologies. Les hausses de rendement des OGM, faibles, seraient plutôt attribuables à de meilleures pratiques agronomiques .

 

Note :

En 2012, un professeur de biologie a publié une étude selon laquelle un maïs génétiquement modifié (OGM) et l'insecticide auquel il résiste sont cancérigènes. Une controverse a fait rage reprochant à l'étude de présenter des lacunes. Toute étude comprend des lacunes. C'est là un faux débat. Le vrai problème est ailleurs : on ne connaît pas la vérité. Il serait donc sans doute sage de limiter, voire de suspendre l'usage de ces OGM tant qu'on ne sait pas plus. D'autres études seront nécessaires. Ca c'est à l'ordre du jour!

 

Il faut exiger un rapport bénéfices/risques des OGM, comme pour l'évaluation de médicaments. Avec des études indépendantes afin de déterminer l'innocuité et de montrer quels sont les avantages des ces plantes.

 

Note :

Dans l'avenir, des nouvelles techniques pourraient permettre de créer des OGM incapables de se disperser dans la nature. En manipulant l'ADN, de tels OGM pourraient uniquement survivre en présence d'un acide aminé artificiel synthétisé et apporté par l'Homme. Cet acide aminé synthétique devrait être incorporé dans une protéine sur une position-clé, empêchant ainsi son déplacement lors d'une mutation de l'ADN.

 

La liste complète de nouvelles techniques (donc le genome editing avec le système CRISPR-Cas9) est accessible sur le site de la Commission européenne.

 

Note :

Parfois une étiquette sur les fruits et les légumes contient de l'information codée sous forme de chiffres :

 

 

La dénaturation de l'aliment :     

 

Pour rogner sur le coût des matières premières, l'industrie alimentaire rivalise d'inventivité : le beurre est remplacé par des graisses végétales hydrogénées, le sucre (glucose+fructose) par le fructose, ou la crème fraîche partiellement par un amalgame d'additifs (protéines de lait, amidon, maltodextrine de blé, gélatine de porc, sel, ...). Pour masquer la dénaturation, on ajoute des arômes : de boeuf, de potiron, de basilic, ... pour retrouver le goût originel. Ou des colorants pour retrouver l'aspect naturel (certaines causeraient une aggravation de l'hyperactivité chez l'enfant). En outre, dans les aliments raffinés (fastfood, biscuits, margarines), l'acide linoléique (LA, oméga6) est utilisé comme ingrédient principal ou comme agent de sapidité.

 

L'alimentation devient moins bon pour la santé, dès qu'on essaye de "l'améliorer". Plus la liste des ingrédients est longue, plus il faut se méfier.

 

Voir aussi : "La dénaturation alimentaire" et "Additifs alimentaires".

 

 

Mais la transformation industrielle des aliments a créée un iceberg :

 

    • La partie la plus connue, la partie émergée, représente la guerre du bio : nous sommes conscients du fait que la nourriture contient des pesticides et d'autres matières polluantes (voir le site français : "Pesticides, non merci!") et qu'il faut essayer de manger bio. Grâce aux suppléments alimentaires, on peut combler le manque de fibres, de vitamines et d'oligoéléments dans la nourriture.

 

    • Mais il y a aussi la partie submergée : le fait de raffiner un aliment change son rapport à la digestion et aux organes qui le digèrent, comme le foie et le pancréas. En effet, la structure moléculaire d'un aliment change. Bizarrement, cette transformation des aliments n'a pas changé grand-chose à la digestion. Ceci a masqué le problème. L'apport excessif d'aliments raffinés entraîne une réponse insulinique déréglée engendrant une crise hypoglycémique.

     

    1. Mais quand l'organisme est en hypoglycémie, il entre dans un "emergency mode". Ce fonctionnement a 2 propriétés : il va modérer la sécrétion des neurotransmetteurs sérotonine et dopamine ; et il va favoriser l'adrénaline et par contrecoup le cortisol. Pour quelle raison? Parce qu'autrefois, dès que nos ancêtres manquaient du sucre dans le sang, ils devaient partir à la recherche de la nourriture ou aller à la chasse. Mais pour chasser, il faut être agressif. Voilà pourquoi les hormones de la récompense et de la bonne humeur sont mises en sommeil et l'adrénaline est réveillée brusquement.

 

      • Mais si on ne va pas à la chasse, cette élévation d'adrénaline rend agressif, moins convivial et plus angoissé. Et comme en vit déjà stressé, on est en mode cortisol-adrénaline tout le temps, et ce mécanisme ne vient qu'en rajouter. Et en plus, adrénaline et cortisol sont hypoglycémiants, ce qui améliore pas du tout les choses.

 

      • Et la sérotonine ? Ce neurotransmetteur agit au niveau de l'hypothalamus sur le centre de la satiété, où elle assure la coordination. Si elle est mise en sommeil, le centre de la satiété va se retrouver en appel de nourriture et il va envoyer des signaux de faux faims. Même si on a mangé un demi-heure auparavant, on a faim mentalement. C'est ce qui explique la folie des grignotages et des snacks, menant directement au surpoids.

 

    • Beaucoup de produits alimentaires industriels contiennent des quantités importantes de substances chimiques (voir étiquette) capables de stimuler excessivement les récepteurs gustatifs situés dans les intestins. La plupart de ces récepteurs gustatifs font partie intégrante du système nerveux vagal (la dixième paire de nerfs sortant du crâne), un des plus importants nerfs du système nerveux parasympathique qui transmet l'information sensorielle des différents organes (dont les intestins) vers et du système nerveux central (y compris le cerveau).

 

Une stimulation excessive chronique du nerf vagal (ou vague) entraîne donc des troubles sensoriels pouvant avoir des conséquences au niveau du traitement auditif, du rythme cardiaque, de l'homéostasie énergétique, de la régulation thermique, de la coordination équilibre/activité musculaire, et au niveau de la perception de la lumière, du son et des sensations.

 

 

La mondialisation des aliments :     

 

Au marché, on trouve des aliments qui viennent des 4 coins du monde : fraises et tomates de Chine, haricots verts de Kenya, cerises de Chili, crevettes de Thaïlande, ... : on imagine la facture énergétique, l'impact sur l'environnement (pollution, climat, ...). Si on ajoutait dans le prix de ces produits ce qu'ils coûtent à la collectivité en termes de pollution (du transport, pesticides, engrais, inhibiteurs de croissance, ...), le modèle bio et les petits producteurs seraient moins chers!

 

Pire encore : la Commission Européenne veut obliger les agriculteurs d'utiliser uniquement des semences enregistrées de fruits et légumes. On craint que les variétés anciennes et rares n'obtiendront jamais une autorisation européenne. C'est la privatisation de la nature qui appartient à tout le monde et la fin de la biodiversité. En effet, les semences non enregistrées ne rapportent rien  aux multinationales .

 

L'Europe dérive de plus en plus vers un modèle comparable à l'ancien modèle Russe. Un régime totalitaire qui dicte notre façon de manger, de s'exprimer, de cultiver et de produire. C'est exactement ce totalitarisme contre lequel James Orwell lance un avertissement dans "1984", un livre visionnaire sorti en 1949.

 

Nous sommes prisonniers du modèle "agriculture intensive à haut rendement". C'est là que vont les subventions! En outre, depuis 20 ans, notre assiette est devenue un terrain de jeu pour ingénieurs chimistes. Le développement d'une agriculture intensive biberonnée aux produits phytosanitaires et la technicité croissante des procédés de transformation ont progressivement coupé le lien avec le produit de l'origine. C'est vrai, grâce au progrès des traitements alimentaires et hygiéniques, des maladies graves telles que choléra et botulisme, ont quasi disparu dans les pays développés. Mais d'autres nouvelles menaces ont pris leur place, parce qu'on importe beaucoup plus d'aliments, parce que la production d'aliments a explosé et parce que de plus en plus de gens ne cuisinent plus eux-mêmes.

 

Les menaces sont :

 

    • qu'on importe des produits qui dépendent du niveau local d'hygiène, de qualité d'eau et de sol, du savoir-faire. D'après l'étude Veg-i-trade, il résulte que, malgré les mesures prises dans la chaîne alimentaire, certains virus passent quand-même entre les mailles du filet. Il s'agit en particulier de norovirus capables de provoquer différentes infections bactériennes du tube gastro-intestinal. La transmission des norovirus se fait par l'intermédiaire de l'eau dans laquelle des crustacés vivent, mais également par de la nourriture (arrosage et lavage de fruits et légumes avec de l'eau souillée). Ensuite, c'est l'homme qui devient le porteur principal du virus.

 

    • que les substances qui servent à forcer continuellement le rendement, telles que herbicides, pesticides, insecticides, antibiotiques, hormones de croissance (rBGH, ocytocine (et oui : l'hormone de l'amour!), ...), conservateurs, inhibiteurs de croissance, régulateurs/accélérateurs de la croissance végétale (tels que forchlorfenuron),  ... , des substances qu'on ne voit pas, qu'on ne sent pas, et qui nous rendent malades :

 

II existe un"transfert direct des résistances" entre l'animal et l'homme : les antibiotiques utilisées chez les animaux de rente engendrent aussi des problèmes de résidus dans les produits alimentaires issus de ceux-ci, comme les oeufs, le lait, la viande, le miel, ... et contribuent à faire naître des problèmes de résistance chez l'homme. La persistance de ces pratiques contribue au final à la multiplication des infections nosocomiales, dues aux bactéries devenues résistantes à tous les traitements (E.coli (25%), Staphylococcus aureus (19%) et Pseudomonas aeruginosa (10%)).  Dans 85% des cas d’infection par Staphylococcus aureus, les patients se contaminaient eux-mêmes par le nez ...

 

    • que les antibiotiques utilisés massivement pour éradiquer des maladies tels que typhus, choléra, botulisme et trichinose ont permis le développement d'autres souches dangereuses telles que Campylobacter jejuni, Salmonella enteritis, E. coli O157:H7 et O104:H4 (STEC), Shigella, et Listeria monocytogenes. Elles sont capables de survivre aux traitements antibactériens traditionnels de prévention par stérilisation, pasteurisation ou par le froid. Maintenant, l'oeuf peut être infecté avant que la coquille soit formée... Oublier les oeufs sur le plat, à la coque ou brouillés, les bavarois, la sauce hollandaise, ... : ils sont devenus "des plats à risque" ; dans des cuisines professionnelles, l'incorporation d'oeufs crus (ou dérivés) est interdite dans la préparation de plats insuffisamment chauffés tels que bavarois et tiramisu.

 

Alors que les médias clouent généralement au pilori la viande crue, les légumes ou les graines germées, ce sont les antibiotiques qu’il faudrait traîner dans le box des accusés ! Peu importe, en effet, l’origine et les vecteurs des bactéries abusivement qualifiées de "tueuses" : le vrai et le seul danger réel, c’est leur virulence accrue artificiellement par le phénomène de multirésistance.

 

La collecte des données épidémiologiques a permis aux chercheurs de l'Institut Pasteur à Paris de suivre en temps réel la chronologie de la spectaculaire explosion de la Salmonella Kentucky qui aurait pour principal vecteur la volaille. Cette bactérie représente une des premières causes d'infections alimentaires chez l'homme.

 

Plusieurs résistances semblent s’être cumulées sur la même souche de Salmonella Kentucky. Au début des années 1990 en effet, un fragment d’ADN s’est intégré dans le chromosome de Salmonella Kentucky. Quelques années plus tard, la résistance aux quinolones est apparue par mutation, puis, au début des années 2000, celle aux fluoroquinolones (qui constituent l'un des traitements-clés des salmonelloses  sévères). C’est le cumul de toutes les résistances sur la même souche qui serait ainsi à l’origine de l’épidémie actuelle, estiment les experts. L’explosion récente du nombre de cas, quant à elle, serait liée à la propagation de la bactérie en Afrique dans la filière volaille, grande consommatrice d'antibiotiques Source : Institut Pasteur, InVS, INRA, 3 août 2011  .

 

Le milieu intestinal des ruminants, habitués à une alimentation à base d'herbe et de foin mais depuis les années '80 à base de céréales quasi exclusivement, a changé tellement, que des formes agressives rares d'E. coli p. ex. prennent le dessus. Après son évacuation, cette bactérie survit quelques semaines dans son milieu externe, suffisamment longtemps pour contaminer des aliments et ensuite des consommateurs.

 

    • que des antibiotiques offrent uniquement une solution à court terme : trop d'animaux sur une trop petite surface provoque à terme des nouvelles maladies qui migrent aussi vers le monde extérieur. Il existe assez d'exemples :  la Q et la fièvre Q chez des chèvres, les poux du saumon des normands, les bactéries Staphylocoque doré MRSA et MPA chez les porcs, la peste aviaire chez les volailles etc.

 

Selon un rapport de GRAIN (Canada) établi en 2006, il apparaît que l'industrie avicole mondiale est à l'origine de la grippe aviaire. L'expansion de la production avicole industrielle et des réseaux commerciaux ont créé les conditions idéales à l'apparition et à la transmission de virus mortels comme la souche H5N1 de la grippe aviaire. Une fois qu'ils ont pénétré dans les élevages industriels surpeuplés, les virus peuvent rapidement devenir mortels et se développer. L'air vicié par la charge virale est transporté sur des kilomètres à partir des fermes infectées, pendant que les réseaux d'échanges commerciaux intégrés répandent la maladie par les nombreux transports d'oiseaux vivants, de poussins d'un jour, de viande, de plumes, d'oeufs à couver, d'oeufs, de fumier de volaille et d'alimentation animale (Devlin Kuyek, chercheur du GRAIN).

 

    • qu'on achète de plus en plus des aliments pré-emballés (des légumes lavés, épluchés, coupés...: avec quelle eau, dans quelles conditions d'hygiène?) et qu'on mange de plus en plus à l'extérieur, qu'on laisse préparer des plats pour emporter ou livrer  : plus un certain nombre de gens participent à la préparation d'un repas, plus le risque d'erreurs au niveau des temps de cuisson ou d'infection croisée avec d'autres produits dangereux augmente.

 

A chacun de se comporter en consommateur avisé : mieux lire les étiquettes, favoriser les achats de proximité et les produits des saison, cuisiner soi-même. Et oublier les courgettes marocaines en hiver : moins de transport, c'est moins de produits chimiques (conservateurs, inhibiteurs de croissance ou/et de maturation, ...).

 

Qui plus est, la mondialisation a permis chez nous de contenir l'inflation, ce qui a contribué à justifier le maintien des bas salaires. C'est un système délétère, fondé sur la frustration et l'envie : le plaisir de plus en plus fugace de consommer ce qu'on a vu chez le voisin.

 

Un protectionnisme défensif (augmentation des droits de douane et limitations des importations) serait absurde et suivi de représailles. Un protectionnisme par normes environnementales et sociales aurait plus de sens. Les ONG et les citoyens peuvent jouer un rôle : on assiste d'ailleurs petit à petit à un mouvement de relocalisation. De toute façon, lorsqu'il y aura une pénurie de pétrole, ça n'aura plus aucun sens d'importer des haricots chinois.  

 

Les pièges :     

 

On ne peut nier l'impact de notre environnement et de la pollution chimique sur la santé. Comment on peut expliquer

 

    • un taux anormalement élevé de maladie de Parkinson et certains types de cancer chez les agriculteurs, au contact direct des pesticides ?

 

    • la recrudescence du cancer chez l'enfant, +1% par an depuis 30 ans?

 

    • le cancer du sein : les 20% de femmes qui ont le taux le plus élevé d'acides gras "trans" ont un risque quasiment doublé de développer un cancer du sein. Faute de réglementation en Europe, les fabricants ne sont pas tenus d'en mentionner la présence (pour les détecter, regardez s'il est mentionné de la "graisse végétale hydrogénée", c'est un indice infaillible (mais les fabricants peuvent encore se contenter d'indiquer sur l'étiquette un très flou : "graisses végétales").

 

    • l'épidémie de personnes hypertendues : 90% du sel se trouve dans les aliments transformés. On les trouve dans des produits auxquels on ne pense pas, comme le chocolat. C'est une surconsommation imposée! Pourquoi tant de sel? C'est un exhausteur de goût, un cache-misère... Les industries alimentaires utilisent des grandes quantités de sel sans en mentionner les effets sur la santé. Exposer quelqu'un à son insu à un risque avéré relève du délit de tromperie aggravée. Suivant leur fédération belge Fevia, l'industrie alimentaire veut bien diminuer le sel, mais ça prend du temps. En 2009, elle s'est engagée de diminuer en 2012 de 10% la consommation du sel par la population belge Slecht dieet treft ons recht in het hart. S Smedts dans le journal "De Morgen", 24 11 2011, pg 6. L'European Heart Network par contre agit pour que le gouvernement instaure des règles. Dans les années 80, le gouvernement finlandais a mis en place une politique de nutrition santé. Depuis le nombre d'affections cardiovasculaires y a chuté de 80% !

 

    • la résistance croissante aux antibiotiques humains : depuis que les fermiers ont compris que les antibiotiques pouvaient stimuler la croissance de leur bétail, ces derniers sont utilisés massivement. Les antibiotiques sont même autorisés en traitement préventif, comme p. ex. lors des transports. Toutefois, cette pratique devient un danger: chez l'homme, de plus en plus de souches bactériennes deviennent résistantes aux traitements antibiotiques humains.

 

    • l'aspartame qui est plus que controversé : il est omniprésent, au point que l'ingestion de fortes doses n'est pas impossible. Dans le "Manuel Merck", une référence pour des bonnes pratiques médicales, l'aspartame à fortes doses augmenterait les risques de malformation foetale.

 

    • ...

 

Il est recommandé de manger bio, en particulier à la femme enceinte et aux enfants de 0 à 3 ans. Si on ne peut pas manger bio, il faut au moins toujours laver et éplucher fruits et légumes. Cuire plutôt à la vapeur qu'à l'eau. Et pour les aliments comme laitue ou chou, toujours retirer les feuilles externes et le trognon.

 

Bien manger, serait-il devenu un privilège des riches?     

 

Manger bien, manger sain, manger malin! Modifier son équilibre alimentaire actuel, c'est possible et pas si compliqué! Manger sain ne coûte pas plus cher, au contraire. A condition de faire quelques ajustements.

 

Prenez la viande, elle ne devrait être qu'un accompagnement qui vient donner du goût : c'est l'usage qu'on en faisait jadis, par économie. Pourquoi ne pas préparer un couscous plein de légumes, mais sans les merguez, ou un pot-au-feu avec très peu de viande, seulement pour le goût, pour aromatiser le bouillon... User et abuser des herbes et condiments, comme le curcuma, aux vertus anti-inflammatoires. Et évidemment se gorger de fruits et légumes : les crucifères (choux, brocolis aux vertus anticancer), les alliacés (ail, échalote, oignon, ciboulette, poireau) et les fruits rouges (framboises, myrtilles, ...). A lire également : "Le style de vie type".

 

Quand on a moins d'argent, on a tendance à acheter le meilleur rapport calories/prix, ce qui amène une surconsommation de produits trop gras et trop sucrés. Et on se détourne de certains produits comme les conserves de poisson et de légumes, pas chers et bons. Une alimentation bon marché est une illusion, le vrai prix des aliments est payé cash : sur le compte du milieu, sous forme de subsides et surtout à charge de notre santé.

 

C'est dommage, mais les fruits et les légumes ont une mauvaise image nutritionnelle. Seulement une fiscalité incitative, comme la baisse de la TVA ou des subventions sur les fruits et légumes (compensées par des taxes sur les "mauvais" aliments bourrés de sucres et de graisses) accompagnée d'un coaching dès la naissance ou même plutôt (voir : "Prévenir, les moyens").

 

A lire également, le rapport d'Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation dans lequel il appelle à taxer la malbouffe (résume - rapport complet 03/2012) : Nos systèmes alimentaires rendent les gens malades!

 

Olivier De Schutter a identifié 5 actions prioritaires pour mettre la nutrition au centre des systèmes alimentaires du monde développé et en développement :

      • taxer les produits préjudiciables à la santé

      • réglementer les aliments riches en graisses saturées, en sel et en sucre

      • mettre un frein à la publicité pour la malbouffe

      • réviser les subventions agricoles peu judicieuses qui rendent certains ingrédients moins chers que d’autres et

      • soutenir la production alimentaire locale pour que les consommateurs aient accès à des aliments sains, frais et nutritifs.

 

Les grandes surfaces ont aussi un rôle à jouer : ce n'est pas parce que les rayons abondent en légumes, fruits et autres produits sains que le consommateur connaît leur composition, leur valeur nutritive ou la manière de les accommoder. Il faut donc un étiquetage clair et détaillé. Eventuellement un site internet avec des idées de recettes, de conseils et de promos.

 

En outre, tant que les snacks vendus aux caisses génèrent un beau chiffre d'affaire, c'est inutile.

 

Côté pratique     

 

Ce ne sont pas les fermiers mais des ingénieurs et de chimistes qui transforment nos aliments : rien n'est encore vrai, tout est faux! Nos producteurs alimentaires achètent des produits à des bourses telles que "Food Ingredients Europe" sans comprendre exactement leur action. Mais ils se rendent bien compte p. ex. des avantages offerts par un poulet précuit et injecté d'eau, à imbiber avec toute une série de mélanges d'ingrédients afin de donner à la chair de poule le goût de la cuisine chinoise, thai, marocaine tandoori, mexicaine, italienne ou créole...

 

Nous-mêmes ne s'arrêtent plus à ces pratiques. Nous cherchons aussi la facilité. Un mélange de salades vertes. Un sachet de différentes salades mélangées qui restent "fraîches" pendant une semaine. Naturellement???

 

Méfiez vous : les ingrédients peuvent venir de n'importe où : ne croyez pas que les escargots viennent de Bourgogne, la moutarde de Dijon, le camembert et le brie de France (mais probablement d'Australie)... En Europe, c'est parfaitement légal : ce n'est pas l'origine, mais la recette qui compte!

 

Certainement pour les repas prêt-à-l'emploi : vérifiez vos aliments Serge Piters, diëtist en voedingsdeskundig van de Union Professionnelle des diplômés en diététique de langue Française (UPDLF) in Bodytalk 07-08 2013 pg 42-44 et ne vous laissez pas impressionner par les images sur l'emballage!

 

    • Le faux fromage : dans les pizzas p. ex., le fromage est analogue, plus vrai que nature. Cargill, fabricant américain de produits pour l'industrie agro-alimentaire, produit 2 versions de fromage analogue : une version est composée de 15 % de protéines laitières, d’huile de palme (l'huile saturée la moins chère) et d’exhausteurs de goût. L'autre version dite le Lygomme° ACH Optimum, destinée au Marché Européen, est composée de trois amidons, d’un galactomannane (E 410,412, 417), d’un carraghénane (E 407), tous deux gélifiants, et d’arômes. Pas une trace de produit laitier. Ca ressemble au fromage, ça a le goût du fromage mais ce n'est pas du fromage!

 

Et il est consommé dans nombre de pizzas, lasagnes, burgers et autres plats industriels contenant du fromage genre gouda, mozzarella, emmental (macaronis, pâtes au fromage...).

 

La CEE a autorisé l’emploi de ce " fromage analogue " à condition que les ingrédients qui le composent soient indiqués sur l’étiquette....  Qui va déchiffrer que le galactomannane et le carraghénane, c’est le fromage ?

 

    • Le bouillon :

      • le bouillon de poulet ne contient que 2% de graisses de poulet et 0.2% de viande de poulet, le reste est majoritairement du sel

      • le bouillon du viande ne contient pas plus de 3% d'extraits de viande, le reste c'est surtout du sel

      • le bouillon de légumes : p. ex. pas plus de 4.7% de légumes, mais plus de 37% de sel marin

      • ...

 

    • La colle à viande : est utilisée dans la préparation de viande "composée", liant des morceaux de viande de moins bonne qualité en formant un seul morceau, tels qu'un rôti de veau ou un jambon. L'industrie alimentaire utilise comme colle une poudre d'enzymes (transglutaminase, thrombine avec fibrinogène) capables de créer des liaisons covalentes en protéines différentes. La direction des fibres alimentaires dans ce nouveau morceau de viande peut être introuvable.

      • la colle à viande est également utilisée dans la fabrication de certains produits laitiers et de yaourt, des croquettes au poisson et du surimi (faux crabe, parce que le surimi ne contient pas de crabe mais de chair de poisson associée à une mixture d'additifs, d'arômes artificiels de crabes, de crevettes... et de colorants (extrait de paprika))... A éviter!

      • Mention obligatoire en Europe : "Composé de morceaux de viande".

 

    • Les nitrates sont encore autorisés en petites quantités pour ajouter de la couleur aux viandes. Les nitrates sont sans danger mais leurs dérives, les nitrites, le sont pas. En effet, les nitrites réagissent avec les protéines contenues dans la viande (myoglobines) et sont converties en nitrosomyoglobines (rouge vif).Toutefois, dans certaines conditions (p. ex. en milieu acide dans l’estomac), ces nitrites peuvent réagir avec des acides aminés et former des substances cancérigènes, les N-nitrosamines.

 

    • Le chocolat blanc : contient (peut-être) du beurre de cacao et d'autres ingrédients tels que sucre, lait en poudre, lécithine et de la vanille, mais pas de trace de chocolat. L'utilisation du beurre de cacao est même pas obligatoire en Europe et peut être remplacée par d'autres graisses... Comparons le chocolat blanc au chocolat noir : le chocolat blanc contient :

      • des traces de minéraux tels que Mg, K, Mn, Fe, Zn ou I mais est plus riche en calcium

      • plus de vit A, Bêta-carotène, vit E et vit B2 mais moins de vitamines B1, B3, B6, B9 et B12

      • plus de sucres (55 à 60%) et 30% de graisses ; le chocolat pure par contre contient 25 à 28% de sucres et 70% de cacao (qui contient 40% de graisses).

 

    • Le potage rapide : contient vraiment trop peu de légumes et beaucoup trop de sel, et ne représente donc pas une alternative valable au potage de Grand-mère!

      • lisez la liste des ingrédients du potage au cerfeuil p. ex. : amidon de maïs modifié, graisse végétale, sel, pommes de terre, farine de blé, exhausteurs de goût (E621), cerfeuil (3.2%), poireaux, oignons, épinards (1.1%) : donc au total 4.3% de légumes!

      • soupe de poireaux? : 3.2% de poireaux...

      • un seul conseil : préparez vous-même vos potages!

 

Réfléchissez et soyez toujours critiques quand vous consommez : la qualité de vie n’a pas de prix...

 

Soyez malin :

 

    • préparez vous-même la pâte à pizza et garnissez avec des vrais légumes et du fromage

    • achetez du fromage dans un fromagerie et râpez le vous-même (gratin)

    • achetez un beau morceau de viande chez votre boucher et hachez le vous-même

    • vérifiez chez votre boucher que le moreau de viande commandé n'est pas un morceau de viande composé

    • envie de crabe? Evitez le surimi!

    • préparez le potage vous-même : c'est vraiment facile... et un potage fait maison compte dans le nombre de portions de légumes par jour.

 

 

 

 

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