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L'hypertension

 

Dernière mise à jour : 2022.6.7

 

 

La circulation du sang est pulsée par le coeur : à chaque pulsation du coeur, le sang est expédié dans l'organisme, ce qui exerce une pression contre les parois des vaisseaux et des artères.

 

Cette pression est capitale puisqu'elle assure une bonne irrigation des différents organes : un apport en oxygène et en nutriments, ainsi qu'une élimination du gaz carbonique et des toxines.

 

La tension artérielle est la force exercée par le sang contre les parois intérieures des artères. Elle s'exprime par deux chiffres, p. ex.  130/90, parce que la pression exercée par le sang varie.

 

    • la pression la plus élevée est atteinte lorsque le coeur se contracte et expédie le sang dans la circulation : cette première période de contraction du coeur et des artères s'appelle systole et la pression maximale exercée sur les vaisseaux porte le nom de pression systolique (PAS) (au moins 120mm Hg).

 

    • la pression la plus basse est atteinte lorsque le coeur se détend juste avant de se contracter et de se remplir à nouveau de sang. Cette pression minimale est appelée diastolique (PAD) (au moins 70mm Hg).

 

Les chiffres normaux mesurant la pression systolique doivent se situer entre 140 et 100 mm de mercure (ou mm Hg (en latin Hydrargyrus)), et ne doivent pas dépasser 9 cm (90mm) pour la pression minimale ou diastolique (lorsque le coeur est au repos). Avec une petite tolérance jusqu'à 150mm Hg pour la pression systolique chez les personnes de 60 ans en bonne santé sans facteurs de risque et jusqu'à 160mm Hg chez les personnes âgées de plus de 80 ans .

 

Au delà, c'est l'hypertension artérielle (HTA).

 

 

 

  1. Selon The American Heart Association (AHA), toute pression artérielle égale ou supérieure à 130/80 doit désormais faire poser le diagnostic d'HTA (AHA 2017). L'hypertension de phase 1 (précédemment "préhypertension") est définie pour des valeurs tensionnelles situées entre 130 et 139 mm (hypertension systolique) et entre 80 à 89 mm (hypertension diastolique). Et l'hypertension de phase 2 pour des valeurs tensionnelles situées entre 140/90 Hg ou supérieures (définition ancienne de l'hypertension).

 

 

La directive révisée de l'ACC/AHA sur l'hypertension ne fournit pas d'arguments suffisants pour modifier déjà maintenant la prise en charge de l'hypertension. 

 

 

Sommaire :

 

La définition

 

La régulation de la tension

 

L'origine de l'hypertension artérielle (HTA)

 

Les symptômes

 

Les risques

 

La prévention

 

Le traitement

 

Côté pratique

 

Contenu :

La définition :             

 

La tension artérielle est un processus dynamique sous influence hormonale et géré par des systèmes biochimiques de contrôle (hémostasie). En effet, les cellules endothéliales libèrent l'oxyde nitrique (NO), une substance volatile à action très courte, qui règle la résistance et le tonus vasculaire, en collaboration avec les muscles lisses dans la paroi artérielle.

 

La pression artérielle est une valeur qui ne cesse d'osciller mais qui reste habituellement dans une certaine moyenne. Elle varie tout au long de la journée avec le niveau le plus bas vers 2h du matin et un pic en début d'après-midi (voir aussi : "Biorythmes").

 

Cette situation dépend évidemment de nombreux facteurs susceptibles de l'altérer : une éventuelle crise n'est jamais à exclure, mais elle aura généralement pour origine une situation bien précise (stress, émotion forte...) et restera momentanée.

 

En revanche, si la tension est constamment supérieure aux valeurs moyennes, l'hypertension est acquise. Cette limite est estimée à 140/90 dans la plupart des cas (à 130/80 ou plus basse chez les diabétiques). Le deuxième chiffre est très important : il ne doit pas dépasser 100mg de Hg.

 

    • l'hypertension légère : systole entre 140-159mm Hg ; diastole entre 90 et 99mm Hg, sans dommages d'organe (Grade 1).

    • l'hypertension "Border line" est celle donc les valeurs sont comprises entre 140/90 en 149/94 ou dans laquelle la diastole n'est qu'occasionnellement  supérieure à 90mm Hg.

    • l'hypertension modérée : systole entre 160-179mm Hg ; diastole entre 100 et 109mm Hg (Grade 2).

    • l'hypertension sévère : systole > 180mm Hg ; diastole supérieure à 110mm Hg (Grade 3).

 

Le rapprochement des 2 valeurs (systolique et diastolique) est encore plus dangereux, puisqu'il témoigne d'un problème sérieux : ce phénomène indique que le coeur ne parvient pas à pomper correctement le sang et qu'une affection sous-jacente est impliquée. Dans le domaine de l'hypertension, le cas est surtout préoccupant lorsque la valeur maximale se trouve à un niveau beaucoup plus élevé que la normale.

 

Note :

      • Dans les pays industrialisés, elle touche 15 à 20% de la population ; chez la personne âgée, ces valeurs peuvent être dépassées car la pression sanguine augmente avec l'âge. A l'inverse, chez l'enfant, ces chiffres sont inférieurs.

 

En Belgique, elle atteint quelque 13% de la population de plus de 15 ans et, au sein de la population active, va même jusqu'à attaquer 33% d'hommes et 25% de femmes. Loin d'être anecdotique, l'hypertension causerait chaque année dans notre pays pas moins de 15.000 décès, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité après le tabagisme Le pharmacien, Roularta Medica, 14 05 2010, Journée mondiale de l'hypertension .

 

      • Il n'existe pas d'hypertension lorsque le chiffre de la pression minimale est inférieur à 8.5 : les hypertensions purement systoliques sont surtout émotives (adrénaline/noradrénaline). La PA diastolique ne doit pas descendre au-dessous du seuil de 80 mm Hg, au risque d'avoir un impact négatif sur la morbi-mortalité cardiovasculaire.

 

      • Le risque de survenue d'ACV, de mortalité cardio-vasculaire et de mortalité toutes causes confondues est nettement abaissé, pour autant que la pression artérielle ne dépasse plus les 150/80 mmHg, ou que la réduction de la pression artérielle soit supérieure à 25/10 mmHg. Abaisser la PA systolique sous 140 n'a montré un effet bénéfique léger que sur le risque d'AVC et d'insuffisance cardiaque, mais pas sur la mortalité . Des suppléments d'acide folique (vit B9) pourraient réduire de façon significative le risque d’un premier AVC par rapport à un antihypertenseur seul .

 

 

La régulation de la tension :             

 

La tension artérielle (TA) dépend principalement du contenu artériel (le volume sanguin), du contenant (l’élasticité des parois vasculaires plus ou moins importante) et du débit cardiaque.

 

Ces différents facteurs sont régulés par plusieurs systèmes dont :

 

    • Le système nerveux autonome qui est composé des réseaux sympathique (excitateur) et parasympathique (relaxant).
    • Le système rénine-angiotensine-aldo­stérone (SRRA) : quand la tension chute, le SRAA est activé, du sodium et de l’eau sont réabsorbés au niveau rénal, le volume sanguin augmente et la tension remonte. Quand la tension monte trop, on observe le phénomène inverse (de même pour les autres mécanismes ci-dessous).
    • La sécrétion ou non d’hormone antidiurétique (ADH ou vasopressine) : des tensorécepteurs situés dans les parois des vaisseaux sont sensibles à la quantité de sang circulant. Lorsque ce volume diminue, l’hormone antidiurétique est secrétée ce qui a pour effet de faire monter la tension.
    • La filtration capillaire : quand la tension chute, il se produit un mouvement d’eau depuis le liquide dans lequel baignent les tissus vers la lumière des vaisseaux sanguins et la tension remonte.
    • La filtration glomérulaire (au niveau des unités fonctionnelles du rein) : quand la tension diminue, le rein excrète moins de sodium et d’eau, ce qui facilite la récupération d’un volume sanguin circulant satisfaisant et provoque le retour de la tension à une valeur normale.
    • La lumière solaire : la lumière solaire favorise la production du monoxyde d'azote (NO), très important dans le maintien de la pression artérielle, dans la prévention de l'athérosclérose et dans la modulation de la fonction du système immunitaire. Synthétisé à partir de l'aide aminé L-arginine,  le nitrate non-actif est converti en nitrite actif sous l'influence de la lumière solaire. En relaxant les muscles lisses dans la paroi vasculaire, le NO améliore la circulation sanguine en contribue à garder ces parois exempt de plaques.
    • La température ambiante : plus la température est élevée, plus la diminution de la tension artérielle est importante .

 

 

 

L'origine de l'hypertension artérielle (HTA)            

 

* Les sucres représentent la cause principale, en particulier le sucre blanc de table, mais également toutes les céréales, même les complètes, ...

 

Ils peuvent élever les taux d'insuline, entraîner à terme une résistance à l'insuline augmentant le risque de maladies telles que hypertension > surpoids > diabète > troubles cardiaques ... Idem pour le fructose : des taux élevés d'acide urique entraînent à terme une hypertension ( l'acide urique augmente la tension artérielle en inhibant le NO (monoxyde d’azote) dans les vaisseaux, causant une perte de l'élasticité de la paroi endothéliale). En outre, le fructose assure la rétention de sodium au niveau des reins (une carence en sel pourrait donc stimuler la consommation de fructose...) .

 

Attention :

L'insuline retient également le sodium : plus la production d'insuline est élevée, plus les reins retiennent l'eau et le sodium. Une hyperinsulinémie contribuera donc à terme au développement de l'hypertension.

 

D’après une revue de littérature, la consommation de boissons sucrées augmenterait le risque d’hypertension, même chez les jeunes . Inversement, en adoptant une alimentation à index et à charge glycémique bas, on peut faire baisser sa pression artérielle .

 

 

* Excès de sodium par rapport aux taux des autres minéraux Mg, K et Ca :

 

Les membranes de nos cellules contiennent des canaux au travers desquels les nutriments vont pouvoir passer. Toutefois, pour que toutes ces molécules puissent pénétrer, il faut qu'elles fassent appel à un "taxi" , le sodium, qui facilite leur entrée : chaque fois qu'un nutriment pénètre dans une cellule 2 atomes de Na l'accompagnent.

 

Pour lutter contre l'accumulation de sodium, la cellule utilise des pompes Na/K, qui sont chargées de faire sortir le sodium des cellules et de le remplacer par du potassium : trois ions sodium sortent contre deux ions potassium qui entrent.

 

La cellule, en faisant sortir le sodium, voit son volume se réduire. Mais pour fonctionner correctement, il faut que les cellules aient à leur disposition suffisamment de potassium dans le sang, ce qui est normalement fourni par l'alimentation. Toutefois si on avale trop de sodium (sel) et peu de potassium, les pompes Na/K ne vont pas pouvoir fonctionner correctement, et le sodium va s'accumuler dans la cellule, qui va attirer de l'eau et gonfler. Comme elle renferme déjà beaucoup de sodium, il lui est difficile d'en faire entrer d'avantage. Par conséquence, elle cesse de faire entrer de nouveaux nutriments et elle s'arrête de fonctionner.

 

Les cellules musculaires des artères sont en contact direct avec le sang, souvent trop riche en sodium. En gonflant,

    • elles compriment le sang

    • elles empêchent la dilatation des artères.

    • elles cessent leur activité et baissent leur réactivité

 

Les artères se durcissent et offrent une plus grande résistance au flux sanguin, ce qui provoque une élévation de la tension artérielle. En même temps, étant donné que le sodium attire l'eau, le volume sanguin augmente également, conduisant également à une augmentation de la pression dans les artères.  

 

En outre, quand les cellules sont gonflées par suite d'un excès de sodium intracellulaire et d'un manque de potassium, les propriétés mécaniques des membranes sont modifiées : elles sont sous tension et de ce fait se trouvent rigidifiées. Le cholestérol, substance indispensable pour la souplesse de la membrane cellulaire, n'a plus de place suffisante pour s'intercaler entre les phospholipides : il va donc retourner dans la circulation sanguine, s'oxyder et favoriser la formation de plaques d'athérome. Une faible consommation de potassium est donc associée à une rigidité vasculaire plus importante .

 

La sensibilité de la pression artérielle (PA) au chlorure de sodium dépend de l’apport des deux, du chlorure et du sodium, et la consommation de sels de sodium non chlorés, comme le bicarbonate, a non seulement un effet moindre que le chlorure de sodium sur la variation de la PA, mais protège contre son élévation .

 

 

* Un déficit en potassium, magnésium et calcium :

 

Le calcium et le magnésium qui accompagnent le sodium dans l’alimentation sont des facteurs qui interagissent et modulent la réponse pressive du sodium par de multiples mécanismes d’action non complètement clarifiés.

 

Un déficit marginal des éléments K, Mg et Ca rend un sujet plus sensible au sodium. Ces minéraux sont indispensables pour empêcher l'élévation outre mesure des taux de sodium dans l'organisme.

 

    • Le potassium (en particulier dans les légumes et les fruits) exerce une influence stimulante sur la musculature entière et régule donc également la pression sanguine. La contribution de tous ces groupes de muscles est en effet dirigée par le potassium. De préférence, en association avec un régime pauvre en sel pour corriger le bilan sodique perturbé. Parce que nous ingérons trop de sodium par rapport au potassium (doit être au moins 5/1).

 

    • Le magnésium (en particulier dans les légumes et les fruits) inhibe la libération des ions calcium à travers le réticulum sarcoplasmique et l'entrée du calcium dans les cellules provoquée par l'adrénaline ; le Mg est donc un antagoniste physiologique du calcium (chute du tonus basique des cellules musculaires lisses entraînant une vasodilatation : diminution de la postcharge et de la tension artérielle) = relaxation!

 

L'insuline est nécessaire pour stocker le magnésium dans les cellules. Toutefois, lorsque les récepteurs cellulaire à l'insuline deviennent résistants à l'insuline, les cellules ne sont plus aptes à stocker le magnésium qui sera éliminé par voie urinaire. Etant donné que lé magnésium relaxe les muscles, un faible état magnésique entraînera plutôt une constriction et donc une élévation de la tension artérielle.

 

    • Le calcium jouerait un rôle significatif dans l'hypertension gravidique et chez les enfants carencés en calcium. Toutefois, comme source de potassium, de magnésium, de phosphore et de vit D, le lait peut contribuer à une diminution de la tension artérielle... Un apport suffisant de calcium est bien important dans la prévention d'hypertension, à condition que les taux de vitamine D ne sont pas déficients (> 50 nmol/l) .

 

Les minéraux dans l'organisme sont tous en équilibre entre eux, et l'excès d'un minéral bien précis influencera les taux des autres (voir : Les minéraux, en général : La roue des interactions entre minéraux").

 

 

* Autres causes :

  1.  

    • une vie de plus en plus sédentaire.

    • un âge avancé : après 65 ans, l'hypertension artérielle est d'environ 70% chez les femmes et 65% chez les hommes ; l'hypertension chez la personne (très) âgée (> 80a) pourrait être un mécanisme compensatoire, protège ces personnes contre la démence et ne doit donc pas être traitée .

    • une déshydratation chronique : la consommation excessive d'alcool est responsable d'environ 10% des HTA ; la consommation excessive de cola, café et thé aggrave cette déshydratation.

    • une consommation importante de glucides (aliments sucrés, boissons sucrées) Chen L et coll. : Reducing Consumption of Sugar-Sweetened Beverages Is Associated With Reduced Blood Pressure. A Prospective Study Among United States Adults. Circulation 2010; 121:2398-2406.
       
      et/ou de protéines animales , consommation journalière de jus de fruits : acidifient l'organisme, ce qui favorise l'hypertension .

    • le stress oxydant dû à un excès de radicaux libres (ROS) qui sont impliquées dans la réduction de la sensibilité du baroréflexe (le baroréflexe est le système dans le corps qui régule la pression artérielle). D'où l'importance d'un apport suffisant d'antioxydants...

    • une parodontite modérée à sévère (gingivite)

    • le stress, une situation conflictuelle, une nervosité, des troubles d' endormissement , une colère, un chagrin chronique (émotions)... ont tendance à faire monter la tension artérielle.

    • l'impatience (time urgency).

    • une hyperventilation chronique . Il est possible de réduire la tension artérielle avec des exercices respiratoires .

    • une carence en acides gras oméga3 (en particulier le DHA) : ces acides gras essentiels assurent la souplesse de la membrane cellulaire et de la paroi vasculaire, ainsi que leur état inflammatoire.

    • un déficit en vitamine D :

    •  

      • plus grande est la distance avec l'équateur, plus élevé est le risque d'hypertension. La vitamine D déprime le gène qui code pour la rénine, et sans vitamine D, les taux de rénine s'élèvent, et ensuite ceux de l'angiotensine, de l'aldostérone et finalement la tension artérielle . Prudence toutefois : les personnes de peau foncée produisent naturellement moins de vit D et sont donc exposées plus souvent à un risque accru d'hypertension lorsqu'elles vivent dans des endroits moins ensoleillés que les sujets à peau blanche.

      • la vit D est indispensable dans la formation de plaquettes sanguines : la vitamine D protège aussi contre la raideur endothéliale (fréquente chez la personne âgée et cause d'hypertension), en réduisant l'état inflammatoire et en renforçant les muscles autour les vaisseaux Annual Conference of American College of Cardiology: ACC 2011, 2 - 5 april 2011 .

    • un manque de lumière solaire :

    •  

      • les rayons solaires interviennent dans la synthèse de la vit D, qui contribue à réguler la concentration en minéraux dans le sang et donc à normaliser la pression sanguine.

      • le soleil augmente la production de NO (monoxyde d'azote) qui a un effet vasodilatateur faisant baisser la tension artérielle.

    • la mise à terre : la mise à terre (le contact direct des pieds nus avec le surface de la terre) permet le transfert d'électrons négatifs libres de la terre vers notre corps. En marchant pieds nus sur la plage p. ex. (mise à terre), l'organisme peut accepter des électrons, entraînant une meilleure perfusion sanguine ascendante (contre la pesanteur) et moins d'inflammations.

 

 

 

Toutefois, l'ambition, les sentiments dépressifs et l'anxiété n'influencent pas négativement la tension artérielle.

 

Une visite médicale peut non seulement augmenter votre tension artérielle (l'effet "blouse blanche") mais aussi votre taux sanguin de sucre (glycémie) : en effet, en cas de stress, les surrénales libèrent du cortisol qui a son tour stimule la libération de glucose. Et cette glycémie est le critère pris en considération dans le diagnostic du diabète. Il est donc recommandé de mesurer/contrôler sa tension artérielle et sa glycémie à l'aise dans votre milieu habituel.

 

Les symptômes de l'hypertension             

 

L'hypertension doit son surnom de "tueur silencieux" à l'absence de symptômes clairs. L'hypertension est traîtresse, elle permet souvent à l'organisme de fonctionner longtemps comme si de rien n'était. Elle peut sommeiller pendant plusieurs années avant que des complications soudaines, voire même fatales, ne surviennent. Environ 50% des personnes affectées ignorent leur problème.

 

Lorsque l'hypertension se manifeste, on est déjà passé d'un stade léger à un stade plus grave.

 

Les symptômes suivants peuvent être liés à une hypertension :

 

    • le pression et douleurs au niveau de la nuque, vertiges, sommeil agité, individu surmené et hypertendu.

    • des troubles de la vision, maux de tête, essoufflements.

    • une alopécie androgénétique (perte de cheveux) chez la femme Arias-santiago S et coll. Hypertension and aldosterone levels in women with early-onset androgenetic alopecia. Br J Dermatol 2010;162:786-9 .

 

Les risques de l'hypertension             

 

Une hypertension artérielle seule peut, dépendant du degré et de la durée de l'hypertension, provoquer des détériorations particulièrement au niveau des sites les plus sensibles :

 

    • le cerveau, en provoquant une ischémie et ensuite une hémorragie locale (un accident cérébrovasculaire, ACV) ; l'hypertension artérielle pourrait même être associée à une légère diminution des capacités cognitives .

 

    • le coeur, par une surcharge de la fonction de pompe et des coronaires, entraînant une insuffisance cardiaque ou un infarctus du myocarde ;

 

    • les yeux : le danger se trouve au niveau de la rétine ; des vaisseaux obstrués ou rompus à cet endroit peuvent provoquer la perte de la vision ;

 

    • les reins : pour compenser l'hypertension, ils doivent travailler plus, ce qui risque d'accélérer l'usure des néphrons ; une chute considérable ou un arrêt complet de la production urinaire indique une insuffisance rénale resp. chronique ou aiguë!

 

    • le pénis : pouvant entraîner une diminution de la capacité érectile ;

 

    • les artères : elle rend rugueux le revêtement interne des artères, qui est habituellement lisse comme un miroir ; les graisses et le cholestérol peuvent alors s'incruster plus facilement et finir par boucher les artères.

 

 

Une hypertension artérielle devient plus dangereuse en présence d'autres facteurs de risque tels que :

 

    • la graisse abdominale : un sujet hypertendu et ventripotent court de plus gros risques sur le plan des maladies cardiaques ;

 

 

    • l'obésité : un surpoids est synonyme d'une tension élevée ;

 

    • le diabète : les brusques variations du taux de glucose dans le sang peuvent occasionner des dégâts au niveau de la paroi vasculaire. En outre, 90% des diabétiques de type 2 sont obèses ;

 

 

    • la vie sédentaire : l'organisme d'un individu qui fait peu d'exercices finit par produire beaucoup d'insuline pour compenser certains déséquilibres ; l'excès hormonal pousse le système nerveux à ordonner une contraction des vaisseaux sanguins ;

 

    • le tabagisme : certaines substances contenues dans les cigarettes entraînent une vasoconstriction des vaisseaux. En outre, elles agressent l'endothélium, le revêtement interne des vaisseaux sanguins ;

 

    • la consommation d'alcool : la prise régulière et importante d'alcool intensifie la présence des hormones de stress (cortisol/adrénaline/noradrénaline), lesquelles entraînent une vasoconstriction ;

 

    • la consommation de drogues : risque accru de crise hypertensive ;

 

    • l'hérédité : l'historique familial concernant l'hypertension ;

 

    • le sexe : les jeunes femmes bénéficient de la protection des hormones oestrogéniques jusqu'à la ménopause. Ensuite, la situation s'inverse, et les femmes courent proportionnellement un risque plus important.

 

La prévention de l'hypertension             

 

Les états d'hypertension et de pré-hypertenson peuvent trouver leur origine dans une dysbiose intestinale, avec prolifération de bactéries moins favorables telles que Prevotella et Klebsiella.... Il est possible de prévenir l’hypertension et ainsi diminuer le risque cardiovasculaire en agissant sur le microbiote intestinal soit en améliorant l’alimentation et le mode de vie, soit en se supplémentant en probiotiques.

 

L'alimentation joue un rôle important dans la prévention d'hypertension et le contrôle de la tension : un régime alimentaire bien pensé et bien suivi, allié à des exercices physiques, régulera la pression artérielle.

 

Quels aliments sont à proscrire :

 

Il s'agit en particulier de préparations alimentaires riches en sel ajouté et/ou riches en graisses saturées.

 

Le sel, un des ingrédients les plus dangereux pour l'hypertension, est employé pour relever le goût des autres ingrédients, parfois pour "casser" une saveur trop sucrée, pour stimuler les papilles gustatives ou pour favoriser la conservation du produit. Le nom chimique du sel est le chlorure de sodium. Toutefois, certains emballages mentionnent la teneur en sel sous la dénomination "sodium". Pour connaître la quantité de sel correspondant, il faut effectuer un petit calcul en multipliant la teneur en sodium par 2.54.

 

1g de Na = 2.54g de sel NaCl

(100mmol de Na = 6g de sel NaCl)

 

    • les produits alimentaires industrialisés

    • tout additif utilisé pour rehausser la saveur (le glutamate...)

    • bouillons concentrés, en poudres ou en cubes

    • extraits de viande, de volaille ou de bacon

    • extraits de tomate ou les sauces toutes prêtes

    • ketchup

    • moutarde

    • mayonnaise

    • vinaigrettes et autres assaisonnements tout prêts

    • viande traitée de manière industrielle (fast-food...)

    • charcuterie industrielle

    • poissons industriels

    • fromages salés tout prêts, type mozzarella

    • pâtes industriels

    • édulcorants type saccharine

    • beurre et margarine salés

    • les conserves en boîte en général

    • pizzas et pâtes précuites

    • ...

 

En outre, certains aliments sont très riches en sel, en mg/100g :

 

    • olives vertes : 2400

    • jambon blanc : 1516

    • cornichons : 1280

    • bacon : 1000

    • frites industrielles : 660

    • pain : 580

    • pain complet : 527

    • viande bovine : 430

    • volaille : 378

    • riz cuit : 245

    • viande de porc : 69.4

    • glace vanille : 89

    • pain au son : 57

    • ...

 

Le bouillon de shoyu, très employé dans la cuisine japonaise, contient beaucoup de sel (sodium) et est susceptible de faire monter brusquement la tension en un instant. A éviter chez les personnes souffrant d'une sérieuse hypertension.

 

Le 1er décembre 2006, l’Académie de médecine française a rendu un rapport sur la place de l’eau minérale dans l’alimentation. Le rapport met  en garde contre les eaux à forte teneur en sodium, telles Saint-Yorre, Vichy-Célestins ou Arvie, déconseillées en cas d’hypertension artérielle, d’insuffisance cardiaque ou rénale.

 

Sauf que dans ces marques, le sodium est majoritairement lié au bicarbonate et non aux ions chlorures. Et que dans ce cas de figure, le sodium est très mal absorbé et n’a d’influence ni sur le cœur, ni sur les reins, ni sur la pression artérielle. Les études montrent plutôt des effets bénéfiques Santos A, Martins MJ, Guimarães JT, Severo M, Azevedo I. Sodium-rich carbonated natural mineral water ingestion and blood pressure. Rev Port Cardiol. 2010 Feb;29(2):159-72 . En effet, les eaux bicarbonatées sodées semblent réduire certains facteurs du risque cardiovasculaire : cholestérol et glycémie ; en plus, elles apportent une charge alcaline nette à l’organisme, qui est bénéfique au maintien de la masse osseuse et de la masse musculaire. Il ne faut donc pas commettre l’erreur de confondre "sodium" et "chlorure de sodium"...

 

La relation entre consommation de sel et pression artérielle est d’autant plus positive que l’on dépasse un seuil. Il faudra désormais retenir qu’au-delà d’une consommation de 12,5g de sel (NaCl) par jour, chaque gramme de sel correspond à une élévation de 1 mmHg de la PA. Toutefois, selon l'étude (observationnelle) PURE, seulement 19% des hypertendus sont des consommateurs excessifs de sel (>12,5g) et les hommes 2x plus que les femmes. En outre, il ne serait pas si bénéfique que ça de diminuer sa consommation de sodium de façon trop importante. En effet, il existerait un seuil optimal en ce qui concerne le sodium, qui se situerait entre 4 et 6 grammes, soit 10 g de sel – une valeur bien plus élevée que celle actuellement recommandée par l’OMS . Qui plus est, l’étude PURE montre qu’il existe une relation épidémiologique entre l’excrétion de potassium urinaire (qui, sans être l’exact reflet de la consommation en potassium, lui est corrélé) et le critère primaire (mortalité et événements cardiovasculaires) .

 

Un régime pauvre en protéines entraîne contribue également à une tension artérielle plus élevée.

 

Des apports élevés en protéines (100g/jour) ont été associés à des pressions diastoliques et systoliques plus basses. Les protéines animales comme les protéines végétales diminuaient la pression sanguine et conduisaient à des réductions significatives du risque d'hypertension (resp. -32 et -49%). 100g de protéines correspond à 330g de poulet, 380g de truite ou 660g de noix. Un régime hperprotéiné qui en plus était riche en fibres permettait même de réduire de 59 % le risque d’hypertension  .

 

 

Le traitement de l'hypertension             

 

Il est clair que les cas sérieux et graves seront immédiatement traités médicalement suivant la cause établie : on débutera avec la prescription de diurétiques (qui augmentent l'élimination de sodium par les reins), éventuellement en association avec des bêtabloquants (qui diminuent les effets du système sympathique (adrénaline) sur le coeur et les vaisseaux).  Chez la personne âgée, un antagoniste calcique peut donner le meilleur résultat (dilatent les artères). Les IECA (qui dilatent les artères en empêchnat la synthèse d'une hormone, l'angiotensine, qui contracte les vaisseaux) ne sont pas toujours bien tolérés (toux), bien qu'ils soient très efficaces.

 

L'inconvénient d'une instauration d'un traitement par antihypertenseurs, c'est qu'on se sent parfois plus mal qu'avant. Mais, la nécessité d'obtenir des résultats demande de dépasser les phénomènes d'inconfort ressentis.

 

Toutefois, dans le syndrome métabolique, la prise en charge de l'hypertension est essentielle et demande souvent l'utilisation de médicaments antihypertenseurs tels que les IECA. En effet, les bêtabloquants sont ici contre-indiqués étant donné que la lipolyse est sous la dépendance de récepteurs adrénergiques, un processus qui peut être bloqué par les bêtabloquants. En outre, certains diurétiques sont capables d'élever la glycémie...

 

PRUDENCE : l'administration de bêtabloquants est également contre-indiquée en période péri-opératoire non-cardiaque .

 

En général, les patients devront suivre un traitement à vie! Envisager des traitements concomitants anticholestérol, par l'aspirine à faible dose (100mg/jour, uniquement lorsque la tension artérielle est suffisamment contrôlée par des antihypertenseurs).

 

La révolution pharmacologique dans l'hypertension n'a pas eu lieu. Aucune innovation thérapeutique majeure n'est survenue dans les 20 dernières années. 99% des antihypertenseurs que nous utilisons aujourd'hui sont dans le domaine public.

 

Toutefois, étant donné qu'on ne s'attaque pas directement à la première cause de l'hypertension qui est l'excès de sodium dans les cellules et le manque de potassium pour faire sortir ce sodium des cellules, la prise en charge médicale échoue et le problème continuera, pour toujours, à coûter cher à la Sécurité sociale. Pire encore : par rapport à une personne dont la tension est également à 14 mais qui ne souffre pas d'hypertension, la personne hypertensive à tension normalisée présente davantage de risque d'être victime d'un événement secondaire de type infarctus du myocarde. il présente donc un risque résiduel cardiovasculaire, alors même que ses chiffres tensionnels sont revenus à la normale Symposium de micronutrition PiLeJe – Cité des Sciences et de l’Industrie -, Paris, 23 mars 2013 - Interview du Pr Jacques Blacher, 15 avril 2013 – J Hum Hypertens. 2010 Jan;24(1):19-26. doi: 10.1038/jhh.2009.34 (The Prime Study) – OMS, avril 2013.

 

---> Des mesures diététiques et d'hygiène restent d'application, même en présence d'un traitement médicamenteux (voir : "Côté pratique").

 

Les preuves de l'efficacité du traitement de l'hypertension artérielle chez la personne âgée ne reposent actuellement que sur des études contrôlées versus placebo, qui montrent bien une amélioration chez les plus de 60 ans en bonne santé qui avaient une PA systolique égale ou supérieure à 160 mmHg. Mais pour le reste, on ne peut pas dire que beaucoup de preuves (evidence based medicine) soit disponible. Une revue de la littérature montre notamment que les médecins ne mesurent pas correctement la pression artérielle: ils ont tendance à négliger l'effet blouse blanche (mais aussi l'hypertension masquée, l'impact de l'orthostatisme, l'hypotension postprandiale, ou encore la pseudohypertension) . En effet, une mesure ambulatoire sur 24 heures (holter tensionnel) montre que 50% des seniors se sont avérées victimes de l'effet blouse blanche... (étude HYVET).

 

Un traitement médicamenteux par antihypertenseurs peut provoquer une diminution trop forte de la pression systolique (PAS). Chez la personne âgée, une PAS trop passe accélère un déclin cognitif existant . Reste la question quelle PAS ? 100 + l'âge?

 

Le régime DASH : si on veut, on peut

 

Pour les cas les plus légers, le programme alimentaire du DASH (Dietary Approach to Stop Hypertension ou Approche diététique pour arrêter l'hypertension) a été créé sur mesure pour aider à réduire la pression artérielle. Il insiste fortement sur les céréales, les fruits et les légumes (et donc riche en sucres) et sur les viandes et fromages très maigres (et donc pauvre en graisses). Ce régime riche en glucides, potassium, magnésium et calcium et pauvre en graisses saturées entraîne non seulement la plus grande diminution de la tension artérielle (comparable aux résultats obtenus avec des traitements médicamenteux), mais il augmente également de 50% la sensibilité à l'insuline, il augmente le HDL-cholestérol, entraîne une perte de poids corporel, réduit les triglycérides et diminue la glycémie plus rapidement.

 

Les résultats d'une méta-analyse publiée dans le Britisch Journal of Sports Medecine (BJSM) montrent qu'une combinaison d'exercices physiques d'effort et des sports d'endurance (jogging, cyclisme, natation) est aussi efficace contre l'hypertension que la prise d'antihypertenseurs .

 

 

Côté pratique             

 

L'automesure de la tension artérielle :

 

 

La mesure optimale de la tension artérielle doit se faire de manière standardisée :

 

    • toujours au même moment de la journée : les mesures se prennent de préférence avant ou au moins 3 heures après le repas. Une demi-heure avant la mesure, le patient ne peut fumer ni boire de boissons caféinées ;

    • dans un environnement calme et agréable ;

    • en position assise (en cas de risque d'hypotension orthostatique, une mesure en position assise versus une position debout est toujours nécessaire) ;

    • rester assis au calme durant quelques minutes ;

    • toujours au même bras (le bras gauche pour les droitiers, le bras droite pour les gauchers) ;

    • le bras dénudé, détendu et soutenu : il est important que la circulation sanguine ne soit pas gênée au niveau du bras ;

    • le coude plié, le brassard au niveau du coeur ;

    • le fait de parler, de rire, une sonnerie peut perturber la lecture ;

    • il est recommandé d'attendre 5 minutes entre 2 mesures ;

      • une différence de pressions artérielles entre les deux bras peut être la manifestation d'une pathologie vasculaire périphérique silencieuse et doit être considérée comme un facteur de risque cardiovasculaire Clark CE et coll. : The difference in blood pressure readings between arms and survival: primary care cohort study. BMJ 2012; 344:e1327 doi: 10.1136/bmj.e1327 .

 

Protocole de mesure :

 

    • la première mesure toujours avant la prise d'un médicament antihypertenseur ;

    • lors de la première mesure : mesurer simultanément la TA au bras droit et gauche : une différence de 10mm Hg ou plus constitue un facteur de risque de mortalité tant générale que cardiovasculaire Late-breaking clinical trials sessions, ESH 2011, Milan, 17-20 june 2011 ;

    • pratiquer l'automesure avant les repas, ou 3 heures après ceux-ci ;

    • débuter avec 2 mesures le matin et 2 mesures le soir à des moments prédéfinis pendant 7 jours :

      • la moyenne des mesures constitue la référence pour la période de suivi ;

      • pour réaliser la moyenne, il s'agit d'écarter les mesures du premier jour ;

    • ensuite, la tension sera évaluée sur base de la moyenne des mesures obtenues sur 2 semaines ;

    • si l'hypertension est sous contrôle, un contrôle journalier ou même hebdomadaire peut être recommandé. Ce contrôle s'effectue de préférence le matin tôt, parce que la pression artérielle est habituellement plus élevée en début de matinée et les événements cardiovasculaires surviennent plus fréquemment en matinée .

    • il est aujourd'hui possible de saisir ces données sur un support informatique et de les transmettre directement sur un serveur, lequel pourrait lui-même, dans un futur plus ou moins proche, les transcrire vers le dossier informatisé du patient.

 

 

Des mesures d'hygiène et de diététique peuvent parfois suffire pour retrouver des valeurs tensorielles normales :

 

 

Dans le traitement de l'hypertension, il convient

 

    • d'arrêter de fumer, en premier lieu ;

    • d'éviter les situations de stress ou d'apprendre à gérer le stress (relaxation...) ;

    • de limiter, si nécessaire, la consommation du sel et d'augmenter celle du potassium : un régime végétarien (plus de légumes, peu ou pas de viande) peut être utile dans la gestion de l'hypertension artérielle .

    • selon une étude, quand les gens ne se souciaient pas de la nourriture épicée, ils consommaient en moyenne 13,4 grammes de sel par jour. Mais quand ils consommaient des plats épicés, leur consommation moyenne de sel était seulement de 10,3 grammes par jour .

    • de bouger plus et d'une façon régulière :

      • on doit toujours être capable de parler pendant l’effort. L’essoufflement est en effet le signe du dépassement de la capacité respiratoire maximum. L'échauffement (stretching) avant et la récupération après une période d’effort peuvent y contribuer. Après 40 ans, des activités d'endurance sont les plus bénéfiques pour le système cardiovasculaire : marche rapide, vélo, natation, jogging, golf, ... De préférences des efforts modérés (équivalant à environ 40 à 60% de la FCM) mais réguliers, 1 à 4 x par semaine, durant au moins 30 minutes. Un avis médical s'avère nécessaire si on souhaite pratiquer une activité physique plus intense.

      • l'effet bénéfique de la natation Nualnim N et coll. : Effects of Swimming Training on Blood Pressure and Vascular Function in Adults >50 Years of Age. Am J Cardiol. 2012 Jan 11. et de la marche sur l'appareil cardiovasculaire a été prouvé et la baisse tensionnelle est de même ordre que celle obtenue avec un médicament antihypertenseur ;

    • de faire régime, afin de perdre du poids : ces informations concernant le poids et le niveau d'activités physiques, peuvent, elles aussi, faire l'objet de télétransmission réalisée à partir de balances et d'actimètres ou de "montres" connectés.

    • d'éviter toute forme de chaleur : bains chauds, soleil, hammam, sauna...

    • mais de s'exposer modérément au soleil : la lumière solaire modifie les niveaux de monoxyde d'azote (NO) présents dans la peau, favorisant ainsi une dilatation des vaisseaux sanguins qui diminue la pression artérielle. Ces données sont cohérentes avec les variations de tension artérielle et de risques cardiovasculaires observés selon les saisons et sous les latitudes tempérées.

 

 

En outre, d'après l'étude DASH, il résulte que pour diminuer la tension artérielle, il convient :

 

    • de limiter l'ingestion de sel (aussi le sel caché dans les préparations industrielles p.ex. )

      • attention : les fromages dits "jaunes" sont bourrés de sel (et de graisses saturées)

      • d'autre part, la tomme de montagne est pauvre en sel (et en graisses : 20%)

 

    • de limiter l'ingestion de graisses saturées à chaîne longue (fortement présentes dans les préparations industrielles)

      • seuls les produits laitiers maigres sont acceptables

      • ainsi que les viandes maigres

 

    • de limiter l'apport des calories (en réduisant les sucreries et les matières grasses à chaîne longue au maximum)

      • afin d'améliorer l'équilibre des lipides sanguines

      • et de diminuer le taux de LDL-c ("mauvais" cholestérol)

 

    • de limiter la consommation d'alcool : à petites doses, l'alcool peut contribuer à fluidifier le sang et à élever le taux de "bon" cholestérol (HDL)... En outre, le vin contient du potassium, oligo-élément bénéfique dans la gestion de la tension artérielle.

 

    • de limiter la consommation d'excitants à base de caféine, tels que le café (surtout l'espresso) : il contient de la caféine mais également des graisses. Mais prudence également avec les boissons énergétiques (contiennent souvent aussi beaucoup de sel), le thé, le guarana, le ma guang et le cola.

 

 

 

    • d'augmenter la consommation de poissons gras, tels que hareng, sardine, maquereau, bonite ou anchois ; le thon, l'espadon et le saumon peuvent également être assimilés, puisqu'ils sont riches en acides gras oméga3, des acides gras poly-insaturés très bénéfiques pour les artères.

 

    • d'augmenter la consommation de l''acide linoléique conjugué (CLA, oméga6), l'acide gamma linolénique (GLA) et en particulier l'alpha linolénique (ALA, oméga3) et ses dérivés : une consommation majorée diminue le risque d'une élévation de la tension artérielle (voir : "Acides gras essentiels").

     

 

    • d'augmenter la fraction protéique : un menu riche en protéines diminue la tension artérielle, parce les protéines remplacent dans le régime des hydrates de carbone et des graisses saturées et aussi par l'impact des peptides bioactifs sur la tension artérielle... : ils assurent non seulement un apport suffisant d'azote et d'acides aminés essentiels, mais peuvent également influencer certaines fonctions dans l'organisme après leur libération par hydrolyse au moment de la digestion.

 

Récemment, un peptide C-12, une protéine extraite de produits laitiers (petit-lait ou lactosérum), a prouvé son efficacité comme inhibiteur biologique de l'ECA. Une dose de 100mg/jour réduit la tension artérielle systolique et diastolique de resp. 10 et 6mm Hg. La même dose, administrée 2 x par jour, protège efficacement durant 12 heures. Aucune donnée n'est disponible actuellement en cas d'allergie au lait de vache (le petit-lait est surtout présent dans les produits laitiers fermentés, tels que les yaourts frais ou les fromages frais).

 

    • d'augmenter la consommation de fruits/légumes riches en potassium tels que : abricot, pruneau sec, avocat, banane, kiwi, cresson, betterave cuite, figue sèche, pommes de terre, produits laitiers maigres. En outre, des études ont montré que les nitrites dans le betterave rouge peuvent contribuer à une diminution de la pression artérielle par vasodilatation .

 

    • d'augmenter la consommation de légumes et de légumineuses : ils apportent peu de calories et ont un fort pouvoir antioxydant, ce qui participe au bon fonctionnement des artères. Consommer des fruits et des légumes diminue le risque relatif d'ACV de 13%, et même de 19% chez la personne exempte d'hypertension .

 

    • comme tous les légumes à feuilles vertes, p. ex. les épinards, sont riches en nitrates : ces derniers stimulent les taux de NO (monoxyde d’azote) dans l'organisme (le NO dilate les vaisseaux (vasodilatation), diminue la tension artérielle et améliore la circulation sanguine).

 

Par contre, une solution aqueuse de nitrate sodique n'exerce aucun effet sur la tension artérielle, ce qui suggère que d'autres substances présentes dans des légumes contribuent à l'effet positif des nitrates .

 

    • d'augmenter (ou d'instaurer) des exercices physiques : un exercice physique régulier et prolongé (30') peut réduire la tension artérielle de 5 à 7mm Hg.

 

D'après des études récentes, il résulte que le risque d'hypertension est de 22% plus faible chez les personnes présentant les taux sanguins les plus élevés de vit C (en particulier chez celles qui mangent beaucoup de fruits et de légumes) Phyo K. Myint, Robert N. Luben, Nicholas J. Wareham, Kay-Tee Khaw ; Association Between Plasma Vitamin C Concentrations and Blood Pressure in the European Prospective Investigation Into Cancer-Norfolk Population-Based Study. Hypertension. 2011 Jul 18. .

 

 Au fond, un bon régime alimentaire contre l'hypertension convient également à toute personne : il réduit le cholestérol et aide à maîtriser le poids corporel. Il diminue également et d'une façon significative le risque de diabète, de dyslipidémie et même de mortalité en cas d'arrêt du tabac.

 

 

Des suppléments peuvent également aider :

 

    • le potassium (K) : le potassium aide à mieux contrôler une pression artérielle trop élevée ; en effet, le potassium est l'adversaire du sodium : dès qu'il y a une forte quantité de K dans les cellules qui forment la paroi du vaisseau, le sodium (et l'eau) sont éliminés... (voir la fonction de la pompe Na/K).

 

    • le magnésium (orotate ou aspartate de Mg) (dans les légumes verts feuillus, le poisson, les céréales et le riz complet, les légumineuses et les noix), accompagné de ses fixateurs (vitamines du groupe B, taurine) : un lien de cause à effet a été établi entre l'ingestion élevée et au long cours de magnésium ou le taux élevé de ce sel minéral dans le sang et la baisse du risque d'hypertension artérielle et de maladies cardiaques : la consommation quotidienne de l'eau dure (à cause de sa concentration en sels minéraux comme le calcium et le magnésium) peut être douce pour la santé du coeur!

 

 Il existe un lien réciproque entre les cations intracellulaires les plus importants (K, Mg, P) :

 

        • chaque déficit de l'un favorise le déficit de l'autre! Il peut s'avérer utile d'administrer du Mg en cas d'hypokaliémie, non contrôlée par un traitement potassique unique!

 

    • la calcium : en particulier pour éviter une hypertension artérielle gravidique et chez l'enfant!

 

    • les acides gras oméga3/oméga6 (avec un rapport EPA/DHA de 7) : les acides gras essentiels ont une action régulatrice sur les troubles du rythme cardiaque, présentent une action vasodilatatrice et anti-inflammatoire modérée et de remarquables propriétés sur l'anxiété et les états dépressifs.

 

    • l'ail...: bien que l'ail fermenté présente une action hypotensive modérée, c'est son rôle dans la prévention de la formation des plaques de graisse dans les artères qui est le plus intéressant (diminution des taux d'oxycholestérol (cholestérol oxydé) et de la coagulabilité du sang).

 

    • l'extrait de cacao (chocolat) : inhibe l'enzyme de conversion d'angiotensine (ECA) et explique l'action cardioprotectrice du chocolat. Le chocolat noir contenant 200mg de flavanols pourrait contribuer à une meilleure circulation sanguine en augmentant l'élasticité de la paroi vasculaire Allégation de santé confirmée par l'EFSA (European Food Safety Authority) - Liste des allégations autorisées.

 

    • des antioxydants : le lycopène (tomate), le pycnogénol, et de préférence des formulations riches en sélénium, car cet élément est bénéfique pour le myocarde en cas d'insuffisance cardiaque.

 

    • des fèves de soja : un aliment avec des propriétés antihypertensives naturelles (diminution de la tension systolique de 10% et diastolique de 7% chez des femmes hypertensives), suivant un mécanisme inconnu!

 

    • le Q10 : l'ubiquinol (la forme réduite active de la co-enzyme Q10) réduit la tension artérielle :

      • en améliorant la fonction endothéliale des vaisseaux sanguins, entraînant une meilleure libération du NO (vasodilatation),

      • en améliorant l'activité du muscle cardiaque.

 

    • la combinaison vit B6 + vit C, en particulier en association avec un régime pauvre en sel, présente une action diurétique.

 

    • la L-arginine : cet acide aminé favorise la libération du NO (action vasodilatatrice) .

 

    • la L-carnitine : cet acide aminé soutien la fonction cardiaque et aide à combattre l'acidification du sang et donc également la perte qui y est associée des ions  Ca, Mg et K (voir : Equilibre acido-basique).

 

    • la L-glycine : la glycine est indispensable dans un nombre de processus métaboliques tels que la synthèse de protéines structurelles telles que le collagène et l'élastine, et une perturbation de ces protéines peut entraîner une plus faible formation d'élastine dans l'aorte, pouvant contribuer au développement d'une hypertension.

 

    • des peptides de caséine : des peptides de caséine (protéines du lait, également riche en glycine) ou du petit-lait présentant une action hypotensive naturelle : récemment, un peptide C-12, une protéine extraite de produits laitiers (petit-lait ou lactosérum), a prouvé son efficacité comme inhibiteur biologique de l'ECA. Une dose de 100mg/jour réduit la tension artérielle systolique et diastolique de resp. 10 et 6mm Hg. La même dose, administrée 2 x par jour, protège efficacement durant 12 heures. Aucune donnée n'est disponible actuellement en cas d'allergie au lait de vache (le petit-lait est surtout présent dans les produits laitiers fermentés, tels que les yaourts frais ou les fromages frais).

 

    • la lécithine : la choline/lécithine empêche la précipitation du cholestérol sur les parois vasculaires : elle rende le cholestérol liquide et augmente les taux de HDL-cholestérol. Elle améliore la fonction hépatique et présente une action relaxante sur le système nerveux.

 

 

En général, les recommandations suivantes sont d'application :

 

    • préparer soi même ses plats (est valable pour tout le monde) : la nourriture qu'on prépare à la maison est moins salée que dans un plat prêt à consommer ;

 

    • manger plus de salades accompagnées de viandes et de fromages maigres. Pour assaisonner, ajouter du jus de citron, avec un peu d'huile d'olive (+ l'huile de périlla) et de vinaigre...;

 

    • remplacer le sel par d'autres condiments tels que paprika, curry, noix de muscade, poivre, etc... ou d'herbes aromatiques...; malgré son taux élevé de sel, le gaspacho exerce un effet positif sur l'hypertension (probablement lié à l'effet synergique de substances bioactives, telles que les caroténoïdes, la vit C et les polyphénols) .

 

    • pour cuire les légumes, utilisez du bouillon de poulet plutôt que de l'huile ou du beurre...;

     

    • utiliser 1 ou 2 filets d'anchois à l'huile pour donner du goût à vos plats (sans sel, ni bouillon cube) ;

 

    • utiliser des poêles en téflon, idéales pour cuire des aliments sans graisse ni huile...;

 

    • plutôt que d'utiliser de la crème, recouvrir tartes et gâteaux avec du fromage blanc allégé parfumé à la vanille ;

 

    • vider les boîtes de conserves et rincer les aliments avant de les manger ;

 

    • éviter des plantes qui peuvent élever la tension artérielle : Réglisse (Glycyrrhiza glabra), Guarana (Paullinia cupana), Ephédra (Ephedra sinica), Ginseng (Panax ginseng), ...

 

    • d'autres plantes qui peuvent aider : Hibiscus, Olivier, feuille (Olea europaea) et la combinaison Ail (Allium sativum), Gui, Aubépine (Craetagus oxyacantha) sont d'application.

     

    • la consommation journalière de graines de lin (30g) aide à diminuer une hypertension (-15mmHg syst, -7mmHg diast) .

 

 

Thérapies complémentaires :

 

En raison des risques et des complications sérieuses que l'hypertension peut engendrer, le traitement médical, si nécessaire, prime, bien que rien ne s'oppose à ce qu'une thérapie complémentaire constitue une aide en marge du traitement classique.

 

      • la gestion des émotions et du stress : le yoga, le taï chi, le shiatsu, la réflexologie (pratiqués par un professionnel reconnu), le Mindfulness ;

 

      • la gestion de la respiration : la respiration a une profonde influence sur le système cardiovasculaire : au cours d'une crise, il est recommandé d'inspirer à fond et d'expirer lentement ; à répéter à chaque fois que la personne éprouve une sensation de surchauffe.

 

Mécanisme :

 

La respiration lente (< 10 respirations/minute), plus particulièrement avec expiration prolongée, semble réduire le flux du nerf sympathique, causant ainsi une dilatation artériolaire. Le processus semble commencer par des mécanorécepteurs pulmonaires, qui répondent au volume courant prolongé qui accompagne la respiration lente, et acte conjointement aux mécanorécepteurs cardiaques pour inhiber le débit sympathique.

 

Le débit du nerf sympathique du système nerveux central improprement élevé semble être une composante importante dans la pathophysiologie d’hypertension (HT) aiguë et chronique, qui stimule les augmentations du débit cardiaque et de la résistance périphérique. Une activité sympathique élevée est souvent associée à la désensibilisation de barorécepteurs cardio-pulmonaires, ce qui mène à une fluctuation de la tension artérielle (TA) et augmentations soutenues de la TA au repos.

 

RESPeRATE est un traitement non pharmacologique, reconnu comme traitement adjuvant par le FDA. Il s'agit d'un dispositif électronique portatif qui guide la personne par moyen de séances de respirations thérapeutiques interactives assez puissantes pour baisser votre tension artérielle. En se servant d’un senseur respiratoire, RESPeRATE analyse automatiquement le schéma respiratoire et crée une mélodie personnalisée composée de deux distincts tons de guidage pour l’inspiration et l’expiration. La personne n’a qu’à écouter la mélodie avec des écouteurs et synchroniser sa respiration aux tons. En prolongeant le ton d’expiration, RESPeRATE guide la personne à respirer plus lentement pour atteindre la « zone thérapeutique » de moins de 10 respirations par minute.

Le résultat physiologique ? Les muscles qui entourent les petits vaisseaux sanguins dans le corps se dilatent et se détendent. Le sang coule plus aisément, et la TA est considérablement baissée.

 

Voir aussi : RESPeRATE

 

 

          

 

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