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L'asthme

 

Dernière mise à jour : 2021.11.19

 

 

L'asthme est une affection allergique (ou IgE dépendant) chronique fréquente (80%) des voies respiratoires qui pèse fortement sur la vie des asthmatiques. Elle touche plus d'enfants que d'adultes. Les patients souffrent d'essoufflement, d'une respiration sifflante et de quintes de toux, dus au fait que leurs voies respiratoires sont hypersensibles à des stimuli comme les acariens.

 

L'asthme est une réaction allergique, caractérisée par une inflammation des voies respiratoires, contribuant à une hyperactivité bronchique. Ceci peut avoir des effets sur la structure des voies respiratoires, conduisant à un rétrécissement important mais réversible du diamètre des bronches. Ce qui entrave la circulation de l'air et nuit à la fonction respiratoire (wheezing ou sifflement respiratoire avec des difficultés d'inspiration et d'expiration, essoufflement, toux sèche la nuit).

 

L'asthme semble aussi être une réaction d'adaptation bien connue dans la médecine évolutive. L'"hypothèse de l'hygiène" semble expliquer la plus grande susceptibilité des sociétés modernes à l'asthme, aux allergies et maladies auto-immunes. Ces sociétés sont beaucoup plus vulnérables que des sociétés peu développées qui, vivant dans de mauvaises conditions d'hygiène, "sont plus exposées aux parasites et aux infections microbiennes", et se constituent ainsi une résistance. Cette hypothèse de l'hygiène pourrait même expliquer pourquoi les femmes souffraient de ces maux davantage que les hommes. Les filles sont incitées à rester propres, quitte à passer moins de temps à l'extérieur ou à ne pas s'éloigner de la présence parentale. De ce fait, la quantité de germes auxquels elles sont exposées s'avère nettement moindre que leurs camarades masculins.   

 

En Belgique, 10 à 13% des enfants seraient touchés par cette affection alors que la fourchette se situe entre 6 à 8% pour les adultes. Ce pourcentage varie entre les pays et sa gravité dépend de divers facteurs tels que l'urbanisation et la pollution. Toutefois, 1 adulte sur 3 diagnostiqués asthmatiques ne l'est pas....

 

Par contre, 4 bébés belges sur 10 consomment des médicaments contre l’asthme, souvent sous forme d’inhalateur ou d’aérosol. Par rapport aux autres pays en Europe, on prescrit en Belgique beaucoup trop de médicaments aux petits enfants qui souffrent de simples infections des voies respiratoires Pneumologue pédiatrique Kris De Boeck (UZ Leuven) dans "Le Vif express" du 19 mars 2013..

 

Note :

En cas de MPOC (Maladies Pulmonaires Obstructives Chroniques), le rétrécissement débute rarement avant l'âge de 45 ans, il est progressif et pas entièrement réversible. En outre, contrairement à l'asthme, le stress oxydatif (par le tabagisme p. ex.) joue un rôle dans la pathogenèse de la MPOC. L'allergie n'est donc pas impliquée.

 

Sommaire :

 

L'hypothèse hygiéniste

 

Les facteurs de risque

 

Les symptômes

 

Le traitement classique

 

Côté pratique

 

Contenu :

L'hypothèse hygiéniste :             

 

Cette hypothèse explique l'augmentation de l'incidence de l'asthme lors de meilleures conditions d'hygiène, l'usage plus fréquent d'antibiotiques et de vaccinations à un jeune âge. Les bébés à qui ont été administrés des antibiotiques dans les premiers 6 mois sont 50% davantage susceptibles de développer plus tard asthme et allergie Yale university, Link between astma and antibiotic treatment in babys, American Journal of Epidemology, 7 01 2011  .

 

Les enfants grandissent dans un environnement de plus en plus aseptisé, ils sont moins en contact avec des substances étrangères, de sorte que leur système immunitaire est moins développé .

 

Les enfants vivant en zone rurale, ou allant à la crèche, sont plus exposés aux infections et ils ont moins de risque de développer plus tard des réactions allergiques telles que l'asthme. En effet, l'exposition à toutes sortes de microbes dans la première année de vie influence l'équilibre entre les lymphocytes Th1 et Th2.

 

Les lymphocytes T contrôlent les réactions immunologiques dans le sens où les Th1 inhibent la production d'anticorps, tandis que les Th2 la stimulent : cette interaction va déterminer la nature de la réaction (voir aussi : "La réaction allergique"). Des expositions répétées à des substances étrangères en début de vie feront pencher la balance du côté des lymphocytes Th1 : elle réprimera la production d'anticorps, ce qui réduira le risque de réactions allergiques.

 

Jadis, la plupart des gens étaient porteur de parasites (vers). L'administration de vermifuges les a éradiqué. Avant la deuxième guerre mondiale, 95% des Belges étaient infectés par la bactérie de la tuberculose (Mycobacterium tuberculosis). Actuellement ce pourcentage s'élève à 2%. Pourtant, la présence chronique de parasites et de bactéries activait constamment notre système immunitaire (en stimulant la production de cellules T régulatoires (voir "La réponse immunitaire")), tandis que l'absence actuelle d'adversaires rend ce système inexpérimenté. Ainsi l'asthme est quasi inexistant chez des souris porteurs de vers parasites! Qui plus est, dans des pays présentant une forte prévalence de la tuberculose, les allergies sont quais inexistantes.

 

Des études confirment les observations que le risque d'asthme chez des enfants vivant à la ferme est inférieur de 30 à 50% au risque couru par des enfants vivant en zone rurale. Le contact normal à la ferme avec la basse-cour, porteuse de bactéries et de mycoses, forme le système immunitaire humain à éviter une réaction excessive sur des substances exogènes N Engl J Med 2010;364;701-709,769-770 .

 

Il est probable que certains composants de la poussière d'étable neutralisent la production par les cellules épithéliales pulmonaires de molécules de signalisation pro-inflammatoire, comme l'IL-5 ou l'IL-13, lorsqu'elles rentrent en contact avec des acariens p. ex.. Qui plus est, une fois exposé à la poussière de ferme, le corps produit davantage d'enzyme A20. Cette protéine A20 constitue une protéine en "doigt de zinc" qui bloque des réactions inflammatoires en interférant avec la chaîne de réaction NF-kappa B (NF-kB). Celle-ci est à l'origine des réactions chimiques permettant au corps de se protéger contre les blessures, les infections et les substances nocives. Mais lorsque la NF-kB n'est pas maîtrisée, les maladies auto-immunes, ainsi que l'allergie et l'asthme, peuvent se développer...

 

Qui plus est, les résultats d'une étude suggèrent le rôle important des champignons dans le développement des allergies, et qu'ils pourraient constituer le facteur initial du développement de toutes les formes d'allergies. D'ailleurs des traitements antifongiques semblent atténuer leur symptomatologie respiratoire... .

 

Un déficit en vitamine D, une vitamine modulatrice du système immunitaire, pourrait aussi jouer un rôle : une déficience en vitamine D a été liée à une augmentation de 50% du risque de crises sévères d'asthme chez l'enfant Journal of Allergy and Clinical Immunology June 8, 2010 . Qui plus est, des suppléments de vit D diminue le risque de crises sévères d'asthme . En outre, beaucoup de mamans présentent déjà des taux trop faibles de vitamine D (ce sont les réserves de la maman en vitamine D qui vont permettre en fin de grossesse de constituer celles du bébé), ce qui contribue au développement d'asthme chez le petit enfant (vers l'âge de 3 - 5 ans) . Ce sont donc les mères ét leurs jeunes enfants qui doivent être contrôlés. La vitamine D semble intervenir dans l'activation d'un gène spécifique, impliqué dans la production d'environ 200 peptides anti-microbiennes (AMP : Anti Microbial Peptide), dont certaines agissent comme un antibiotique à large spectre. En effet, les résultats d'études démontrent que les taux d'AMP dans les sécrétions nasales des patients asthmatiques allergiques sont plus faibles que chez les sujets témoins en bonne santé. Ces taux pathologiques d'AMP peuvent être normalisés dans certains cas au moyen d'une supplémentation en vitamine D Thijs W et al. ERS 2011 abstract 4888. .

 

Par rapport aux enfants vivant en ville, les enfants vivant à la campagne passent une plus grande partie de la journée à l'extérieur, en contact avec la lumière du jour...

 

 

Les facteurs de risque :             

 

La progression de l'asthme ne peut pas être attribuée à des modifications ou des mutations génétiques : cette progression a eu lieu au cours d'une période trop courte.

 

Des facteurs environnementaux sont les premiers suspects à cette recrudescence : outre l'hypothèse hygiéniste, toutes les diverses modifications de l'environnement quotidien et du mode de vie peuvent être impliquées.

 

Nous vivons de plus en plus à l'intérieur, souvent avec un système de conditionnement d'air, qui facilite la dispersion des allergènes et des polluants.

 

D'autre part, le réchauffement général climatique favorise la croissance des végétaux aux pollens hyperallergisants, rendus encore plus agressifs par la pollution. Même la déforestation participe au phénomène en provoquant la prolifération des graminées sur les zones en friche. En outre, la diminution du nombre d'espèces végétales et animales perturbe nos systèmes de défenses qui deviennent moins tolérants.

 

Allergènes :

 

Sont connus comme allergènes :

 

    • les poussières domestiques

    • les mites

    • les squames des animaux de compagnie

    • les moisissures

    • le tabagisme (actif et passif) : pire encore, le tabagisme du père peut augmenter le risque d'asthme pour les bébés!

    • la pollution atmosphérique (industrielle, automobile, fines particules (diamètres < 2.5 microns), phtalates (dans des emballages plastiques, produits ménagers, sols en PVC, matériel médical...)) : ils seraient particulièrement néfastes au développement pulmonaire des foetus lors du second trimestre de la grossesse

    • les pollens : ces pollen sont des spermatozoïdes volants des plantes en quête "d’ovules" (le pistil)

      • attention : les grains de pollen d'abeille n'ont rien à voir avec le pollen de fleurs transporté par le vent!

 

En outre, le contexte ambiant pollens + pollution favorisent l'augmentation des rhinites allergiques ou saisonnières. Les rhinites négligées deviennent chroniques et peuvent provoquer de l'asthme. La co-morbidité asthmatique est particulièrement élevée et atteint 20 à 60% selon les études (voir aussi : "Les maladies allergiques").

 

Note :

1. Les bébés nés à la maison courent un risque plus faible d'asthme ou d'allergie par rapport aux bébés nés à l'hôpital (en raison d'une infection par la bactérie Clostridium difficile en milieu hospitalier) John Penders, Universiteit Maastricht (UM), dans MediQuality 02/11/2011 (étude KOALA). . D'autres études ont déjà montré que le risque d'asthme augmente en cas de césarienne .

 

2. Qui plus est, l'absence de certaines bactéries dans le microbiote intestinal de certains enfants (selon une étude : Faecalibacterium, Lachnospira, Rothia et Veillonella) pendant les premiers mois de vie, donc au moment de la formation du système immunitaire, pourrait expliquer la survenu ultérieure d'un asthme allergique. L'administration de probiotiques pourrait remédier à cette situation .

 

3. L'incapacité chez le nourrisson à digérer les protéines de lait de vache, de soja ou de riz (syndrome d'entérocolite induite par les protéines alimentaires (SEIPA)) provoque une inflammation et une perméabilité plus importante de la muqueuse intestinale. Les premiers symptômes apparaissent le plus fréquemment au cours du premier mois de vie. Les troubles digestifs (vomissement, diarrhées à répétition contenant du sang) constituent les principaux signes caractéristiques du SEIPA. Un état de léthargie et une déshydratation sont souvent repérés. Tous ces symptômes s’arrêtent lorsque l’allergisant est évincé de l’alimentation.

 

Dans la plupart des cas, cette allergie disparaît avant l’âge des 3 ans. Très peu de séquelles sont rapportées. Mais cette fragilité intestinale se traduit souvent par un système immunitaire fragile. Ainsi, en grandissant, l’enfant est exposé à un risque majeur de maladies atopiques comme l’asthme ou l’eczéma.

 

D'après des études, il en résulte que l'administration de paracétamol à des enfants âgés de moins d'un an augmente de 46% le risque d'asthme à l'âge de 6 - 7 ans. Le paracétamol serait à l'origine d'une réduction des niveaux de glutathion dans l'épithélium pulmonaire. Le glutathion est un antioxydant qui protège dans ce cas les voies respiratoires contre les polluants inhalés, notamment la fumée de tabac The Lancet 2008; 372:1039-1048 . Voir aussi les résultats d'autres études.

 

On a également constaté que des perturbations anormales des minéraux Se, Zn en Cu ont entraîné du stress oxydant et des réactions inflammatoires, une élévation des CRP et du rapport des lymphocytes CD4/CD8, et une diminution de la fonction pulmonaire. Dans le sang, une diminution des concentrations de glutathion et de la catalase a été observée Guo CH. et al. Role of certain trace minerals in oxidative stress, inflammation, CD4/CD8 lymphocyte ratios and lung function in asthmatic patients. Ann. Clin Biochem. 2011 May 5. .

 

Le régime alimentaire :

 

Une alimentation caractérisée par la consommation de poisson, fruits et légumes semble protectrice vis à vis de l'asthme y compris l'asthme justifiant un traitement médical tandis qu'au contraire une alimentation grasse, sucrée et salée paraît défavorable en termes de prévalence d'asthme, sévère indépendamment des autres facteurs de style de vie ou socio-économiques. Ainsi, les charcuteries aggraveraient les symptômes de l'asthme... .

 

La présence dans les poissons et les fruits et légumes d'oméga 3, vitamines, minéraux et groupements méthyl, dont les propriétés anti-oxydantes, anti-inflammatoires et immuno-modulatrices sont reconnues, pourrait expliquer leurs effets bénéfiques sur l'asthme. Les fibres pourraient aussi être impliquées en raison de leur action sur la composition du microbiote et la production par celui-ci d'acides gras à chaînes courtes connues pour réduire la sévérité de l'inflammation allergique des voies respiratoires .

 

 

Les symptômes :             

 

Les symptômes sont souvent aggravés par l'effort.

 

    • des difficultés respiratoires (dyspnée)

    • la respiration sifflante

    • la toux (irritative avec expectoration)

    • la congestion thoracique

    • ...

 

Lors d'une crise d'asthme :

 

    • toux

    • accès de panique

    • sensation de manque d'air

    • angoisses

    • ...

 

et

 

    • des troubles du sommeil, une diminution de la qualité de vie...

    • peur de mourir (peur d'asphyxie, de suffocation...)

    • isolation sociale

 

Les poussées aiguës d'asthme peuvent être déclenchées par :

 

    • l'air froid ou sec

    • l'effort physique :

      • ce sont durant les disciplines d'endurance que le rythme respiratoire augmente (hyperventilation) et les athlètes respirent le plus profondément : ils favorisent ainsi l'inflammation des voies respiratoires.

        • à la place des parois du nez, les bronchioles et les alvéoles sont impliquées dans le réchauffement et l'humidification de l'air inspiré, entraînant leur dessèchement et refroidissement.

          • chez les sportifs, il s'agirait d'une réaction de défense des bronches, un sorte de crise "asthmatique" qui survient au cours de l'effort, tandis que la personne asthmatique non sportif est gênée dans sa respiration après l'exercice...

    • la fumée de cigarette (même lors d'exposition passive)

    • la pollution d'air : trop de particules fines (moteurs diesel, imprimantes laser, cigarettes...), une concentration d'ozone trop élevée (l'ozone est un gaz naturellement et obligatoirement présent dans notre atmosphère : la nature utilise l'ozone comme agent purifiant de l'air que nous aspirons).

    • un stress important

    • une infection des voies respiratoires

    • ...

 

L'heure critique étant celle où les fonctions respiratoires sont les plus altérées se situe autour de 4 heures du matin. Une prise en charge adaptée aux rythmes biologiques (chronothérapie) doit être encouragée afin de mieux contrôler la maladie asthmatique Medscape Medical News, 6/10/ 2008.

 

Note :

L'asthme maternel est associé à une augmentation du risque de la plupart des complications fréquentes de la grossesse et de l'accouchement. Les recommandations actuelles soulignent l'importance d'une prise en charge et d'une surveillance renforcées de la maladie au cours de la grossesse .

 

 

Le traitement classique :             

 

Comme une grande part de la symptomatologie est liée à l'inflammation de la muqueuse, l'utilisation de corticostéroïdes topiques est indiquée :

 

Dans la rhinite allergique, si le nez est bouché :

    • des corticostéroïdes locaux,

    • un antihistaminique en cas d'écoulement nasal et d'éternuements fréquents.

 

Dans l'asthme, la base du traitement sera

    • des corticostéroïdes à inhaler (en utilisant la dose efficace la plus faible possible),

    • des bèta-2-mimétiques de longue durée d'action pour leur effet bronchoprotecteur,

    • en cas de rhinite associée, l'administration d'antileucotriènes sera utile.

 

L'objectif final du traitement sera de permettre au patient de vivre une vie aussi normale que possible, libérée autant des symptômes (de jour comme de nuit) que des poussées aiguës d'asthme. Et ce, conformément aux directives GINA (Global Initiative for Asthma) validées internationalement.

 

Note :

    • certains symptômes (dyspnée, reflux oesophagien...) chez l'enfant obèse souffrant d'asthme sont fautivement considérés comme liés à l'asthme, pouvant entraîner une surmédication. Il est recommandé de toujours vérifier d'éventuels causes alternatives .

    • la diminution des doses, si elle est souhaitable, doit être entreprise avec prudence chez les enfants souffrant d'un asthme allergique, étant donné le risque d'exacerbation de leur asthme.

    • des antiacides (IPP, H2-antihistaminiques...) modifient le microbiome des voies respiratoires en cas d'asthme, et peuvent influencer la réponse aux corticostéroïdes .

    • des suppléments de vitamine D pourraient réduire la fréquence de crises d'asthme sérieuses, suffisantes pour requérir un traitement par stéroïdes ou par une hospitalisation .

 

Côté pratique :             

 

Recommandations thérapeutiques (médecin) :

 

    • éduquer le patient de façon à le faire participer activement à la gestion de son asthme

    • un suivi régulier avec monitoring de la sévérité de l'asthme (symptômes, mesures des fonctions pulmonaires par spirométrie)

    • évitement des expositions aux facteurs de risque

    • établissement de schémas individuels de médications pour le soin quotidien

    • établissement de schémas individuels de médications pour le traitement des poussées aiguës

 

 

Mesures de prévention (patient) :

 

    • mesurer la fonction pulmonaire à l'aide du débit de pointe ("peak expiratory flow ou PEF) : les valeurs relevées tous les matins et soirs avant l'inhalation médicamenteuse, fournissent une information complémentaire objective sur l'état des bronches ;

    • s'exercer avec un spiromètre, il incite le patient à poursuivre ses efforts par la visualisation de son progrès : il mesure le débit maximal de l'expiration à 1 seconde et à 6 secondes, et calcule le rapport entre les deux valeurs, qui va indiquer la qualité du souffle :

      • après une bonne expiration, on inspire profondément et on expire ensuite dans l'embout du spiromètre

        • un rapport au-dessus de 0.8, c'est bon,

        • de 0.7 à 0.8, la respiration n'est pas idéale et des examens supplémentaires s'imposent,

        • en dessous de 0.7, l'obstruction bronchique est probable.

    • tout effort physique peut constituer un déclencheur de l'asthme : cela ne veut pas dire que l'asthmatique ne doit pas faire du sport. Cela pourrait entraîner un surpoids et une aggravation de l'asthme. L'asthmatique qui se soigne peut donc pratiquer du sport, cela signera même le bon contrôle de l'affection.

    • éviter les fines particules (une pollution causée par les moteurs diesel) : malsain pour tout le monde, dangereux pour nos enfants, personnes âgées et malades...

 

 

Suppléments :

 

    • MSM : souvent une dose de 5g/jour s'avère nécessaire.

 

    • Acides gras oméga3 :

      • les acides gras poly-insaturés sont plus liquides à basse température et gardent la membrane cellulaire souple, ainsi que celle des alvéoles pulmonaires

      • particulièrement utile pour limiter une allergie latente

      • administrer durant une longue période

 

    • vitamine D : optimaliser les taux de la vitamine D afin de renforcer la fonction immunitaire.

 

    • les vit B6 et B12 sont souvent déficientes en cas d'asthme

 

    • les vit C et E sont des antioxydants qui empêchent la formation de composés infectieux.

 

 

    • le magnésium : est directement impliqué dans la "capacité de contraction" des cellules musculaires lisses. Trop peu de magnésium dans ces cellules musculaires lisses entraînera une contraction, trop de magnésium une décontraction. De nombreux processus biochimiques au niveau des cellules peuvent expliquer ce phénomène. Le magnésium est e.a. l'antagoniste du calcium, qui (suite à un signal cérébral) entre dans le cytoplasme pour y induire une contraction musculaire. Le magnésium par contre fera ressortir le calcium du cytoplasme et arrêter la contraction musculaire. Des faibles taux sanguins de magnésium ont été mis en relation avec une réactivité plus prononcée des voies respiratoires Song WJ, Chang YS. Magnesium sulfate for acute asthma in adults: a systematic literature review. Asia Pac Allergy. 2012 Jan;2(1):76-85. Epub 2012 Jan 31 .

      • des suppléments de magnésium par voie orale ont mis en évidence une meilleure gestion des symptômes chez des enfants asthmatiques traités par corticothérapie (inhalation de fluticasone) ‘Oral magnesium supplementation in asthmatic children: a double-blind randomized placebo-controlled trial’. Gontijo-Amaral C, Ribeiro MA, et al, Eur J Clin Nutr, 2007 Jan;61(1):54-60..

      • aurait des propriétés anti-inflammatoires, qui pourraient améliorer le contrôle de l'asthme Kazaks A. G. et al. Effect of oral magnesium supplementation on measures of airway resistance and subjective assessment of asthma control and quality of life in men and women with mild to moderate asthma: a randomized placebo controlled trial. Journal of Asthma. 2010; 47(1):83–92. .

 

Note :

Un déficit en vit D (soleil!) et en magnésium renforcent le risque d'ostéoporose chez les patients asthmatiques traités par corticostéroïdes (en inhalation).

 

Fruits et légumes : ils contiennent beaucoup de substances qui peuvent stimuler le système immunitaire :

 

    • carottes, tomates, poivrons et oranges (caroténoïdes)

    • légumineuses (saponines)

    • pommes, choux et agrumes (polyphénols)

    • oignons, poireau et ail (allylsulfides)

    • yaourt (ferments lactiques : le lait stimule la production de glaires, contrairement aux ferments lactiques), choucroute...

    • fibres (matières non digestibles) : une alimentation riches en fibres protègent contre l'asthme

 

---> ce régime est aussi riche en antioxydants et en magnésium, des substances très intéressantes lorsque les voies respiratoires sont rapidement irritées ou infectées.

 

---> le régime méditerranéen a été associé à une diminution d'asthme et de rhinite chez des enfants mexicains Allergie, 2008 Oct; 63(10): 1310-6 .

 

 

Mangez plus de poisson :

 

    • l'introduction précoce dans l'alimentation du poisson et sa grande consommation chez le jeune enfant réduit son risque d'allergie et d'asthme .

 

 

Renoncez au fast-food : D'après une étude , chez les adolescents, la consommation de fast-food plus de 3x par semaine est associée à une augmentation du risque d'asthme sévère de 39%. Chez les plus jeunes, ce risque était augmenté de 27%.. En outre, suivant la même étude, la consommation de plus de 3 portions de fruits par semaine est associée à une plus faible incidence des symptômes allergiques de 11 et 14%, respectivement chez les adolescents et les enfants.

 

Renoncez à la charcuterie : La charcuterie contient des nitrites qui facilitent sa conservation tout en lui donnant sa couleur rose. Mais l'additif est suspecté de favoriser certains cancers digestifs et de jouer un rôle dans l'inflammation des voies respiratoires .

 

Evitez la consommation de fructose : Une étude récente suggère que les enfants en âge scolaire peuvent être plus susceptibles de développer de l’asthme, s’ils ont consommé beaucoup de boissons sucrées ou riche en fructose issu du sirop de maïs, ou encore si leurs mères ont bu cela régulièrement durant leur grossesse .

 

Bouger :  

 

Avec les thérapies actuelles, bouger c'est possible et même souhaitable :

 

      • le sport, même la natation et les sports d'endurance, est d'une aide précieuse.

      • même les asthmatiques à l'effort peuvent être aidés par une activité sportive.

        • l'asthme à l'effort concerne des personnes dont le souffle est normal au repos : elles ne sont donc pas asthmatiques au sens classique du terme, mais l'effort physique leur déclenche un bronchospasme. En réalité, c'est l'hyperventilation causée par l'effort physique qui assèche les bronches, provoquant une irritation et une réactivité... De plus, dès l'arrêt de l'activité physique, les bronches vont se réchauffer par vasodilatation (afflux du sang), ce qui provoque une diminution de leur calibre (surtout en hiver) et ils vont aussi fabriquer de mucus pour se réhydrater mais qui risque d'encombrer les bronches... : c'est la crise d'asthme garantie.

          • d'où l'intérêt de la respiration par le nez qui permet de réchauffer et d'humidifier l'air avant qu'il pénètre dans les bronches

            • d'où l'intérêt de soigner un éventuel polype, une déviation nasale ou une rhinite allergique

        • une activité physique intense ne se conçoit qu'après un échauffement adéquat, s'inscrivant dans un programme d'entraînement approprié :

          • l'échauffement doit être plus long, 20' au minimum

          • un entraînement régulier permet en effet de reculer le seuil d'apparition des problèmes respiratoires en favorisant la bronchodilatation d'exercice et en diminuant l'hyperventilation

      • certaines crises d'asthme survenant lors d'une activité physique sont provoquées en réalité par des allergènes présents dans l'environnement : acariens (tapis de judo/de sol dans les gymnases), chlore (piscines), poils (cheval), paille (cheval)...

      • en général, les enfants qui bougent peu, développent plus facilement des allergies.

 

 

Gestion respiratoire : une bonne technique respiratoire est indispensable : la durée d'expiration doit être le double de la durée de l'inspiration. L'expiration aide à éliminer des toxines (volatiles)... (voir aussi : "La respiration").

 

 

Gestion du stress et de l'angoisse :

 

    • le stress diminue la résistance immunitaire

    • l'angoisse favorise directement le développement de réactions allergiques telles que l'asthme

      • une crise de dyspnée peut déclencher une réaction de peur, qui va renforcer à son tour l'essoufflement

      • inversement, l'état psychique peut influer sur la fonction pulmonaire et sur l'asthme

 

 

 

 

   ZOELHO (c) 2006 - 2023                           Paul Van Herzele PharmD                        Dernière version : 08-janv.-23                

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