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Les migraines

 

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Avec les céphalées de tension et les céphalées en grappe (de Horton, algie vasculaire de la face), la migraine est une forme de céphalées primaires : c'est une céphalée survenant sans aucun lien avec une autre pathologie (hémorragies, tumeurs, infections...).

 

La migraine est une affection neurologique particulière, une forme particulière de céphalée présentant des caractéristiques spécifiques : elle touche un côté du crâne, elle est pulsatile comme les battements de coeur à un endroit précis, et la douleur est assez importante pour perturber l'activité. Une réponse positive à ces 3 critères indique un état migraineux. En outre, un des symptômes associés suivants doit également être présent : une photophobie (crainte de la lumière), phonophobie (hypersensibilité aux bruits), nausées et vomissements.

 

La première crise apparaît en général bien avant l'âge de 50 ans. Elle se manifeste plus souvent chez la femme (15%) que chez l'homme (6%). Sans traitement, elle surgit pendant 4 à 72 heures. Il s'agit d'une pathologie chronique, c'est à dire qu'elle ne se guérit pas et revient périodiquement.

 

Mais la migraine peut aussi être un moyen pour l'organisme de faire face au danger qui représente le stress oxydant pour les neurones. En effet, des preuves montrent que la migraine peut être considérée comme un mécanisme utile à la protection et à la réparation du cerveau. Les différents processus qui s'enchaînent pendant une crise s'intègrent dans un système de neuroprotection globale, pour renforcer les défenses anti-oxydantes du cerveau, diminuer la production de molécules pro-oxydantes et libérer des facteurs de croissance qui protègent les neurones existants et qui stimulent la synthèse de nouveaux.

 

Sous cette éclairage, la migraine n'est donc plus la maladie, mais le symptôme d'un désordre, tout comme une fièvre ou une toux ne sont pas la maladie elle-même, mais la manifestation du système de défense du corps contre un agent pathogène.

 

La migraine est une affection bénigne, il est exceptionnel qu'elle soit le signe d'une lésion cérébrale. S'il existe un risque plus élevé d'ACV, c'est lorsque la migraine est précédée de signes neurologiques (avec aura), et que la personne fume et prend la pilule.

 

Note :

Comparée à la migraine, la céphalée dure de 30 minutes à ... une semaine, est bilatérale et diffuse et provoque une douleur de tension constante ("tête dans un étau") et n'est pas accompagnée de signes digestifs, et parfois bien d'une photo- ou phonophobie.

 

Sommaire :

 

Les causes

 

Les facteurs déclenchants

 

Les symptômes

 

Les liens avec d'autres pathologies (co-morbidité)

 

La migraine abdominale et le syndrome des vomissements cycliques

 

Côté pratique

 

Contenu :

Les causes :             Top

 

La migraine est une inflammation des méninges, l'enveloppe protectrice du cerveau. Elle active le nerf trijumeau, qui innerve la tête. Celui-ci achemine le signal de douleur au cerveau, notamment au thalamus (à la lumière, certaines cellules ganglionnaires de la rétine, directement reliées au thalamus, renforcent alors le signal de douleur perçu).

 

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On ignore encore le mécanisme exact qui provoque les crises. On sait que certains "événements" provoquent une dilatation, une contraction ou/et une inflammation des vaisseaux sanguins de la tête. Le sang passant dans ces vaisseaux dilatés ou contractés ou/et enflammés/gonflés provoque la douleur pulsatile qui est caractéristique de la migraine. Les terminaisons nerveuses sensibles à la douleur autour des vaisseaux sanguins jouent probablement un rôle important dans la production de la douleur migraineuse. Elle est localisée d'un côté de la tête. D'après des études récentes, il en résulte qu'une des causes de migraine serait un réseau sanguin incomplet au niveau du "Polygone de Willis". Souvent des parties du cercle semblent manquer... .

 

La crise migraineuse s'organise autour de 2 axes :

 

Un axe neurodigestif :

 

Pendant la crise, une stase gastro-intestinale survient, probablement suite à une hypersensibilité dopaminergique centrale et périphérique (43% des crises migraineuses sont accompagnées d'une stase gastro-intestinale) (voir aussi : "La dopamine").

 

Ces troubles peuvent être symptomatiques (nausées, vomissements) ou asymptomatiques : ils sont accompagnés de modifications dans l'absorption gastro-intestinale (ceci peut expliquer pourquoi certains médicaments oraux contre la migraine ne sont pas efficaces).

 

Un axe neurovasculaire :

 

Une crise migraineuse est incontestablement accompagnée de troubles vasculaires. Dans le SNC, hors du cortex, l'hypothalamus, le centre du contrôle de la douleur et des vomissements pourraient jouer un rôle.

 

Une crise migraineuse est accompagnée de modifications dans le flux sanguin vers le cerveau, probablement suite aux variations dans le diamètre des artères (vasodilatation par un dysfonctionnement de la synthèse de NO, par intermédiaire de la protéine CGRP (calcitonin gene-related peptide) comme molécule messagère). La dilatation des vaisseaux sanguins n'est cependant pas la cause, mais la conséquence de la migraine. Son origine serait plutôt a rechercher du côté d'une altération du système nerveux périphérique entraînant une inflammation (prostaglandines!) neuronique à l'origine de la douleur migraineuse.

 

Dans les migraines avec aura, une libération accrue de la sérotonine au niveau du cortex juste avant la manifestation de phénomènes sensoriels (aura) a été constatée. On croit que la libération accrue de la sérotonine correspond à une réaction de défense de l'organisme.

 

D'autre part, pendant une crise, le taux de sérotonine diminue dans les plaquettes et l'excrétion de sérotonine ainsi que de son métabolite, l'acide 5-hydroxy-indolacétique, augmente dans l'urine... ; un déficit de sérotonine dans le cerveau accentue l'inflammation, la vasodilatation des vaisseaux et la douleur, provoquant ainsi une crise. Etant donné que la sérotonine inhibe l'expression des fonctions du cerveau (motrices, émotionnelles...), une diminution des taux de sérotonine rend le patient migraineux hyperexcitable.

 

Un régime cétogène (ainsi que ne nouveau régime Atkins, dans sa phase d'attaque) peut aider : ce régime pauvre en glucides et riche en graisses produit des cétones qui :

 

 

Note :

      • la tyrosine (un précurseur de la dopamine), présente dans e.a. le chocolat et le fromage, pourrait être un facteur déclenchant.

      • un déficit en mélatonine a été vu chez le patient migraineux : la sérotonine est le précurseur de la mélatonine. Des suppléments de mélatonine peuvent aider dans la prévention de crises de migraines .

 

Actuellement on croît plutôt que les migraines trouvent leur origine dans le nerf trijumeau (Nervus trigeminus). Un système nerveux ultrasensible pourrait provoquer la douleur. Les essais avec des substances qui calment les cellules suractivées offrent des résultats prometteurs. Toutefois, le pourquoi de cette réaction excessive reste un mystère. L'hérédité est certainement impliquée. Mais qu'est ce que un tel patient hérite? Pourquoi vous, et pas moi?

 

Les facteurs déclenchants :             Top

 

Les facteurs déclenchants varient d'une personne à une autre. Souvent plusieurs facteurs sont associés.

 

La plupart des déclencheurs de la migraine ont été associés récemment au stress oxydant . Ils déstabilisent le cerveau. Des cétones permettent de réduire le niveau de stress oxydant, agissant ainsi peut-être directement sur l’origine du mal .

 

 

Certains déclencheurs (triggers) ont un lien avec la production énergétique : trop d'alcool, trop de caféine, sauter un repas, manque de sommeil...

 

  1. Autres facteurs déclenchants :

  2.  

 

Une crise peut être déclenchée par différents facteurs. Toutefois, les facteurs déclenchants ne sont pas les causes des migraines : ils interviennent sur le "seuil de déclenchement", c'est à dire qui vont faciliter le déclenchement et la fréquence des crises.

 

Les symptômes :             Top

 

La crise migraineuse débute le plus souvent au réveil.

 

Phase 1 :

 

 

Phase 2 :

 

 

Phase 3 :

 

 

Phase 4 :

 

 

 

Chez la femme jeune et migraineuse (en particulier accompagnant d'aura visuelle, sensitive, ... ), la probabilité de faire un ACV est majoré, particulièrement chez les femmes de moins de 35ans qui, circonstances aggravantes, fument et prennent une pilule oestroprogestative. Un dysfonctionnement endothélial, c'est-à-dire de la paroi des vaisseaux, a été mis en évidence chez les migraineux. A relativiser toutefois puisque le risque de base est ultrafaible. Attention encore, le surrisque n'est pas seulement cérébral et concerne les vaisseaux en général, donc ceux du coeur également.

 

 

Les liens avec d'autres pathologies (co-morbidité)             Top

 

Il est bien démontré que les patients migraineux sont plus susceptibles que les autres personnes de souffrir de pathologies autres que leur migraine. Il est donc particulièrement important de s'attaquer chez les patients migraineux aux autres facteurs de risque des maladies concernées par ces co-morbidités :

 

La relation entre migraine et dépression existe dans les deux sens :

      • le risque relatif de dépression chez les migraineux paraît 5.5x plus élevé dans le groupe des migraineux part rapport au groupe de personnes souffrant de maux de tête intenses et fréquents

      • le risque relatif de migraine chez les dépressif paraît 3.4x plus élevé par rapport au groupe de patients non dépressifs

 

Chez les migraineux avec aura, il existe un risque accru d'accidents cérébro-vasculaires (ACV) ischémiques (voir : "Prédiagnostique : Les urgences"). Ce risque est surtout marqué chez la femme avec les facteurs de risque concomitants : âge < 45 ans, tabagisme et contraception orale.

 

Il existerait également une relation entre migraine et persistance du "foramen ovale" après la naissance. Parfois une diminution de fréquence de la migraine avec aura a été constatée après fermeture de cette ouverture.

 

En outre, il existerait un lien entre migraine et épilepsie, entre migraine et vertiges. et entre migraine et glaucome . Et également entre migraine et la maladie de Parkinson .

 

Enfin, des douleurs musculo-squellettiques, des raideurs musculaires et des douleurs articulaires persistant plus de 2 mois ont été observées presque 2x plus souvent chez les personnes souffrant de maux de tête que chez les autres, qu'il s'agisse de migraine ou de céphalées non migraineuses.

 

 

La migraine abdominale et le syndrome des vomissements cycliques :             Top

 

La migraine abdominale et le syndrome des vomissements cycliques sont deux syndromes de l'enfance, limités dans le temps, caractérisés tous les deux par des symptômes gênants, parfois sévères, cycliques (récidivantes), séparés par des périodes pendant lesquelles l'enfant est tout à fait normal.

 

Les caractéristiques de ces deux affections ont plusieurs points semblables et le mode évolutif est celui de la migraine dont il constitue probablement un équivalent.

 

La migraine abdominale est caractérisée par

 

      • des douleurs abdominales récidivantes et récurrentes durant au moins une heure, localisées d'une façon imprécise et débutant souvent le matin

      • ces douleurs sont accompagnées d'au moins 2 des 4 symptômes suivants : perte d'appétit, nausées, vomissements, pâleur importante

      • il y a une histoire familiale de migraine

      • les douleurs disparaissent complètement entre chaque accès

 

Le syndrome des vomissements cycliques est caractérisé par

 

      • des vomissements sévères, souvent bilieux (crises de foie), récidivantes, 6 à 12 x par an

      • ces épisodes de vomissements sont souvent déclenchés par une infection (40% des cas), le stress, des facteurs alimentaires

      • observation de céphalées diffuses, photophobie, modifications du comportement avec irritabilité, repli sur soi, parfois agressivité

      • les symptômes disparaissent complètement entre chaque accès

      • toute autre affection doit être exclue par une mise au point approfondie

      • traiter avant tout la déshydratation (éventuellement par baxter)

 

Côté pratique :             Top

 

La migraine est une pathologie qui nécessite un soutien des patients tout au long de leur vie. Sur tous les plans. En effet, la migraine fait surgir des problèmes tant que physiques que sociaux.

 

Changer son alimentation apporte parfois la solution aux céphalées chroniques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le bon usage des médicaments :

 

 

 

 

 

 

Des adaptations du style de vie et certaines thérapies peuvent aider :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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