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La testostérone

 

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La testostérone est la principale hormone sexuelle mâle, une hormone stéroïde de base du groupe des androgènes.

 

 

Les androgènes jouent un rôle majeur dans notre sexualité, et pas seulement chez les hommes. Les femmes produisent aussi des androgènes, quoique à des doses 10x inférieures à celles des hommes. Toutefois, on peut dire que le désir sexuel féminin est partiellement androgénodépendant : en effet, chez la plupart des femmes, l'envie sexuelle prime au moment de l'ovulation. Chez les femmes ovariectomisées, qui n'ont plus que la moitié des androgènes produits par leurs surrénales, on remarque e.a. une diminution du désir et de la fantaisie sexuelle. Mais cela ne pèse pas nécessairement sur leur relation sexuelle, parce que ces facteurs-là dépendent beaucoup plus de l'épanouissement sexuel de la femme et du partenaire...

 

Chez les hommes, la testostérone intervient réellement dans le désir masculin, mais le lien entre eux est plus circulaire que linéaire : l'activité sexuelle peut augmenter les taux de testostérone et une testostérone plus élevée va favoriser le désir sexuel et le tonus général. Cet effet est de nouveau relatif et dépendant du contexte psycho-affectif. Tout est dans la tête!

 

Sommaire :

 

La synthèse

 

Le rôle dans l'organisme

 

Taux de testostérone

 

Côté pratique

 

Continu :

 

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Synthèse :

Homme :

 

 

Cholestérol (alimentaire, carbohydrates, lipides)  

 

>  DHEA  >  Testostérone  >  Déhydrotestostérone  ou 17β oestradiol

 

 

Femme :

 

 

 

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Rôle dans l'organisme :

 

 

 

Testostérone :

 

      • spermatogenèse et évolution, maturation et motilité des spermatozoïdes

      • différenciation sexuelle prénatale

      • dépression prénatale du développement mammaire

      • développement prénatal du système génital (interne) masculin, sauf de la prostate

      • développement du système génital masculin interne et externe durant la puberté, sauf de la prostate

      • virilisation de la voix

      • développement de la pilosité pubienne et axillaire

      • développement de la pilosité corporelle et de la barbe

      • ossification des épiphyses au moment de l'arrêt de croissance

      • rétention protéique et formation musculaire ; modèle masculin musculaire et adiposité (action anabolique)

 

Seule la testostérone libre est considérée comme biologiquement active.

 

Elle n'exerce pas elle-même ces fonctions : dans quelques organes, la testostérone est d'abord :

 

      • soit fixée à la SHBG (Sexual Hormon Binding Globuline) et ensuite transformée en 5 alpha-dihydrotestostérone (DHT, androstanolone) par la testostérone-5-alpha-réductase ou,

 

      • soit convertie en l'hormone féminine intrinsèque, l'estradiol, via l'aromatase : indispensable pour le maintien de la densité et la quantité osseuses chez l'homme,

 

      • finalement, environ 2% de la testostérone reste libre : seulement cette fraction de testostérone libre peut se lier aux récepteurs cellulaires.

 

Dès la fixation à la SHBG sérique, la testostérone n'est cependant plus capable de se lier aux récepteurs cellulaires.

 

La quantité de SHBG disponible peut toutefois varier : son taux diminue en cas d'obésité, d'hyperprolactinémie, d'hyperinsulinémie et d'hypothyroïdie. Inversement, les taux de la SHBG sont majorés chez la personne âgée, en cas de cirrhose et d'hyperthyroïdie.

 

        • si les taux de la SHBG augmentent, les taux de testostérone libre diminuent : afin de compenser cette diminution, l'organisme va produire plus de testostérone.

        • des faibles taux de la SHBG ont été associés avec une présence plus prononcée de graisses viscérales.

 

 

Concernant la répartition des tâches :

 

Le 5-Alpha-dihydrotestostérone (DHT) :

 

Le DHT est un androgène pur (il ne peut pas être aromatisé en un oestrogène) et sa présence est quasi uniquement intracellulaire.

 

Le 5-alpha-dihydrotestostérone est beaucoup plus actif sur le récepteur androgénique :

 

          • développement prénatal du système génital masculin externe

          • développement de la prostate durant la puberté

          • barbe et pilosité corporelle ; récession et perte des cheveux

          • stimulation des glandes sébacées

          • rétention calcique dans les tissus osseux

          • érythropoïèse (formation des globules rouges)

 

Le DHT est responsable pour la croissance du tissu prostatique (stroma) à un âge plus avancé. Lorsqu'on veut diminuer le volume de la prostate (en cas d'hypertrophie bénigne), on a souvent recours à des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase.

 

L'estradiol dans l'organisme masculin :

 

        • préparation du "print" prénatal du comportement masculin ultérieur.

        • préparation du "print" prénatal des modèles de sécrétions masculins typiquement toniques de FSH et de LH (non-cyclique, contrairement aux sécrétions cycliques féminines).

        • inhibition du mécanisme de rétrocontrôle (feedback) de la sécrétion de gonadoréline et de FSH au niveau de l'axe hypothalamo-hypophysaire, et donc aussi de la production de testostérone.

        • stimulation de la sécrétion de l'hormone de croissance hGH (voir : "Le système hormonal"), responsable de la croissance soudaine au moment de la puberté.

 

 

Ceci rend possible la biosynthèse de peptides ou protéines spécifiques et fonctionnelles pour la cellule (facteurs de croissance).

 

 

 

 

 

La testostérone :

 

 

 

Chez les femmes, la testostérone est produite essentiellement par les ovaires et, en moindre quantité, par les glandes surrénales. Bien que la testostérone soit surtout connue comme étant l'hormone mâle, donnant des poils, des muscles, de l'agressivité et du désir, elle est essentielle aux femmes. Chez elles, la testostérone sert à protéger leur cerveau, leurs muscles, leurs os, leur cœur. Et c'est également elle qui déclenche le désir charnel. La testostérone fait donc partie de notre homéostasie hormonale naturelle.

 

 

 

 

Or, les ovaires et les surrénales ne commencent pas à produire les hormones androgènes (testostérone, DHEA et androstérone) en excès par hasard : cela est dû à un déséquilibre dans le corps, provoqué par soit :


Il y a probablement des cas limite impliquant des mécanismes mixtes. Il y a clairement une susceptibilité génétique dans ces causes, car certaines femmes peuvent manger beaucoup de sucre ou avoir une inflammation dans le corps sans pour autant souffrir d’un diabète ou de symptômes du SOPK.

 

 

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Taux de testostérone :

 

Les taux sériques normaux de testostérone libre (1% de la testostérone totale sanguine) varient entre 300 à 1200ng/dl (9 à 40pg/ml). La marge est donc relativement importante. Le rapport d'estradiol/testostérone libre doit être idéalement < 1. La grande majorité des hommes après quarante ans n'obtient pas ce niveau.

 

Les taux de testostérone diminue naturellement chez l'homme vieillissant (> 50 à 60 ans), mais une série d'affections chroniques ainsi que des facteurs extérieurs peuvent également entraîner une diminution précoce des taux de testostérone :

 

Affections chroniques :

 

      • le surpoids, des taux inflammatoires plus élevés (cytokines) suite à un régime pro-inflammatoire

      • une carence en vitamine D

      • une carence en zinc : le zinc est indispensable pour soutenir des taux normaux de testostérone : une carence en zinc empêche la libération par l'hypophyse des hormones LH et FSH, qui stimulent la production de testostérone ; un déficit en testostérone augmente le risque de cancer de la prostate ;

      • le diabète : insuline  > résistance à l'insuline  > sensibilité à l'insuline > testostérone

      • l'athérosclérose

      • l'insuffisance rénale chronique

      • le syndrome d'apnées du sommeil (influencé par la BPCO et l'athérosclérose coronaire) : voir : "Troubles du sommeil"

      • le stress (physique ou psychique) : cortisol > insuline  > testostérone

      • ....

 

Facteurs extérieurs :

 

      • certains médicaments (paracétamol , aspirine, AINS , corticoïdes, statines ...) : ce sont donc des perturbateurs endocriniens!

      • l'abus d'alcool

      • des phtalates (composés chimiques utilisés dans la production des plastiques)

      • ...

 

Note :

      • Les fumeurs ont généralement une testostérone plus élevée que les non-fumeurs. Des taux élevés de la testostérone libre et totale augmentent le risque de calculs rénaux chez l'homme .

 

      • Une exposition foetale à des combinaison d'agents chimiques (pollution) est la cause d'anomalies génitales chez des bébés. Des anomalies au niveau du pénis (hypospadie) se présentent plus fréquemment. On a constaté que des substances qui, utilisées seules, ne montrent aucun effet sur le système hormonal, peuvent en association perturber des équilibres hormonaux très délicats. Au début de la grossesse, l'exposition à un tel cocktail peut neutraliser temporairement l'action du testostérone, entraînant un arrêt de croissance prématuré du pénis foetal.

 

      • Les concentrations hormonales chez des adolescents sont fortement influencées par la pollution : on a constaté que

 

        • les niveaux de la testostérone chez des adolescents de 14 à 15 ans augmentent en association avec des concentrations sanguines plus de PCBs, d'hexachlorobenzène (HCB)... : le doublement des concentrations de PCBs resp. d'HCB est accompagnée par une élévation de 18.6% resp. 17.6% de la testostérone libre (active).

 

        • le niveau sanguin de la testostérone diminue cependant en présence de concentrations urinaires élevées du cadmium : le doublement de la concentration du cadmium entraîne pour sa part une diminution de 17.6% de la testostérone libre (active).

 

En outre, on a constaté que les effets observés sont remarquablement 3 à 5 x plus puissants en présence de faibles concentrations des polluants.

 

      • Des faibles taux de la testostérone dans le sang sont associés à un risque accru de cancer de la prostate. Plus les niveaux de la testostérone sont bas, plus les cellules cancéreuses sont agressives et plus le risque de métastases augmente. Dans le traitement des troubles érectiles, il est donc recommandé de doser d'abord les taux sanguins de la testostérone. Le dosage correct des niveaux de la testostérone n'améliora pas uniquement les érections mais également le niveau énergétique, la mémoire et la force musculaire, et diminuera le risque de cancer de la prostate.

 

Qui plus est, la conversion de la testostérone vers l'estradiol via l'enzyme aromatase peut aussi contribuer à la croissance prostatique et le survenu du cancer de la prostate. Heureusement que la testostérone exerce une activité antagoniste sur l'estradiol, ce qui explique pourquoi le risque de cancer de la prostate est plus élevé chez les homme présentent des faibles taux de testostérone . Toutefois, des sources cachées de substances à action oestrogénique (des xéno-oestrogènes tels que bisphénol A, phtalates... et des phyto-oestrogènes dans p. ex. le soja; certains métallo-oestrogènes tels que Al, Cd, Cu, Pb, Ni, Sb... et des traces de la pilule/médicaments dans les eaux usées recyclées) augmentent à leur tour le risque de cancer de la prostate.    

 

      • D'après des études sur l'animal, il résulte qu'une carence en testostérone accélère l'athérosclérose, tandis que la supplémentation de l'hormone la prévient . Des faibles taux de testostérone augmentent ainsi le risque d'affections cardiaques .

       

      • Des faibles valeurs sériques de testostérone augmentent le risque de dépression et de symptômes dépressifs .

       

      • Une meilleure gestion de stress, un meilleur sommeil et l'entraînement sélectif d'importants groupes musculaires (travailler avec des haltères, soulevés de terre et flexions sur jambes) peut élever le niveau de testostérone et donc offrir tas d'avantages..

       

      • Une autre manière de musculation est le HIIT - High Intensity Interval Training (en alternant des efforts intensifs et des courtes pauses de faible intensité. La musculation offre une meilleure combustion des graisses par rapport à l'entraînement d'endurance classique (cardio), grâce à l'effet "afterburn". En effet, après une séance de musculation, la combustion des calories reste encore accrue pendant des heures.

 

 

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Côté pratique :

 

Stimuler la production de la testostérone :

 

 

 

Comment influencer le métabolisme de la testostérone :

 

au niveau de :

 

 

      • une diminution par formation de complexes avec des lignans présents dans les fibres.

      • une augmentation par inhibition de l'aromatase dans sa conversion vers le 17β-oestradiol : quercétine (oignons), Urtica dioïca, Serenoa repens...

      • une croissance du taux de testostérone semble être favorisée par l'administration de l'hormone DHEA.

 

 

      • par induction des enzymes de détoxication impliquées dans les réactions de la phase I (cytochr P450) et la phase II (glutathion, FAD) entraînant une élimination accélérée : glucosinolates et indols (dans des légumes crucifères tels que choux, brocoli...).

      • par fixation : la vitamine D.

 

 

 

 

 

 

      • diminution par activation de la dégradation : I, Mg, Cr, Serenoa repens (Saw Palmetto) ...

      • diminution par inhibition de l'activité : lycopènes (tomates).

 

 

      • par occupation des récepteurs androgéniques : vitamine D (diminue avec l'âge).

 

 

Dans des études récentes, on a observé un risque accru d'ACV, d'infarctus du myocarde et de décès avec une thérapie hormonale de substitution à la testostérone synthétique . Selon la réévaluation du PRAC (Pharmacovigilance Risk Assessment Committee), il n'y a pas de preuves consistantes que l'utilisation de la testostérone chez les hommes qui n'en produisent pas suffisamment (atteints d'une affection connue sous le nom d'hypogonadisme) augmente le risque de troubles cardiaques .

 

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